I

i I i

. » ' I

i

.

'

.

;

- m mm w y& m mmMi

©AJKsO

■ft'ifàl

WHITNEY LIBRARY, HARVARD UNIVEKSITY

THE GIFT OF

J. I). WHITNEY,

Sturi it ffoapt r Prqfasor

«;

MUSEUM OF COMPAEATIVE Z00L0QY

i\

J\<r

OMpXârtxUl'

to .â. âià iit

VT> 1 î;

. r\r\tiA

M

wmmm

M

:M;£

«É#PÉfc

■A'. A ^

::r 'A.";/«':..^.!'é' ■'

^aaVJ

mm

1rs r;^

COMPTES RENDUS

HEBDOMADAIRES

DES SÉANCES DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES.

I>ARI>-. - IMPRIMERIE DE GAUTlllEH-\ ILLARS, RIE DE SEINE-SAIMT-GERMAIIV, 10, WIÈS L INSTITUT.

COMPTES RENDUS

HEBDOMADAIRES

DES SÉANCES

DE L ACADÉMIE DES SCIENCES

PUBLIÉS,

CONFORMÉMENT A UNE DÉCISION DE L'ACADÉMIE

cat vake vu -i3 çmiue-t *835,

PAR MM. LES SECRÉTAIRES PERPÉTUELS.

-y—

TOME SOIXANTE-CINQUIÈME.

JUILLET - DÉCEMBRE 1867.

PARIS

GAUTHIER- VILLARS , IMPRIMEUR-LIBRAIRE

DES COMPTES RENDUS DES SEANCES DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES, SUCCESSEUR DE MALLET-BACHELIER,

(Juai des Augustins, 55

18G7

COMPTE RENDU

DES SÉANCES

DE LACADÉMIE DES SCIENCES.

SEANCE DU LUNDI Ie' JUILLET 1867. PRÉSIDENCE DE M. CHEVREUL.

MÉMOIRES ET COMMUNICATIONS

DES MEMRRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADÉMIE.

M. Serret, en présentant à l'Académie le premier volume des OEuvres de Lagrange, s'exprime ainsi :

« J'ai l'honneur d'offrir à l'Académie le premier volume des OEuvres de Lagrange, que je publie au nom de l'État, conformément à un Arrêté de Son Excellence le Ministre de l'Instruction publique.

» Les importants Mémoires qui figurent dans ce volume intéressent à la fois les Géomètres, les Astronomes et les Physiciens; en voici les titres :

» I. Recherches sur la méthode De maximis et minimis.

» IL Sur l'intégration d'une équation différentielle à différences finies, qui contient la théorie des suites récurrentes.

» III. Recherches sur la nature et la propagation du son.

» IV. Nouvelles recherches sur la nature et la propagation du son.

» V. Addition aux premières recherches sur la nature et la propagation du son.

» VI. Essai d'une nouvelle méthode pour déterminer les maxima et les minima des formules intégrales indéfinies.

» VIL Application de la méthode exposée dans le Mémoire précédent à la solution de différents Problèmes de Dynamique.

( 6 ) » VIII. Solution de différents Problèmes de Calcul intégral, avec une application à la théorie de Jupiter et de Saturne. » IX. Solution d'un Problème d'Arithmétique.

» L'impression des OEuvres de Lagrange a été confiée à M. Gauthier- Villars; grâce à ses soins et à ceux de M. Bailleul qui s'est consacré presque exclusivement à cette publication, nous avons pu atteindre, sous le rapport de l'exécution typographique, à une perfection que l'Académie pourra apprécier. »

« M. le Baron Charles Dupin, Doyen de la Section de Mécanique, exprime la reconnaissance qu'éprouvent les géomètres français pour la magnifique publication qui fait tant d'honneur aux soins éclairés de notre éminent confrère M. Serret, aux presses de M. Gauthier-Villars, successeur de M. Mallet-Bachelier, ainsi qu'au prote distingué M. Bailleul.

» Un pareil concours était réclamé parla mémoire d'un des plus grands mathématiciens des temps modernes, qui fait rejaillir sur l'Académie des Sciences une gloire immortelle.

» Les anciens élèves de l'Ecole Polytechnique se rappelleront toujours de l'avoir eu pour professeur, et d'avoir entendu pour leçons sa théorie des fonctions analytiques : théorie qui complétait, et j'oserais presque dire qui démontrait Leibnitz et Newton, les inventeurs du calcul infinitésimal. »

paléontologie. De l'ostéoc/raphie du Mesotherium et de .ses affinités zoologiques. Colonne vertébrale ; par M. Serres. (Première Note.)

« J'ai déjà entretenu l'Académie du Mesotherium, animal fossile recueilli dans le limon des pampas aux environs de Buénos-Ayres, par M. Seguin, voyageur très-intelligent et zélé pour la science. J'ai donné dans les Comptes rendus, un aperçu sommaire de ses affinités zoologiques, en cherchant à lui assigner sa place dans la classe des Mammifères. Ainsi que je l'ai avancé, et comme une observation approfondie me l'a confirmé, le Mesotherium est réellement un animal paradoxal, réunissant en lui plusieurs caractères de différents ordres de Mammifères, et qui, au premier abord, ne paraît se rattacher d'une manière certaine à aucun des groupes de cette classe. Bravard, paléontologiste distingué, auquel on doit la première connaissance positive de cet animal, frappé de i hétérogénéité de structure osseuse de cet

( 7 ) être singulier, l'avait nommé Typolherium, semblant indiquer qu'il consi- dérait le genre auquel il appartient comme une forme entièrement à part et constituant un type hors ligne.

» Nous n'avons pas été porté à partager cette manière de voir, et, de prime abord, tout en reconnaissant dans l'animal qui nous occupe un être d'une ambiguïté manifeste, nous avons jugé qu'on devait le considérer comme un chaînon intermédiaire pouvant établir la liaison entre deux ordres de Mammifères distincts, et, en raison de cette considération, nous lui avons assigné le nom de Mesotherium.

» Nous avons incliné dès l'abord à voir dans cet animal un genre nou- veau se rapportant plus particulièrement aux Rongeurs par un grand nombre de détails d'organisation, un peu plus grand que le Cabiai, et présentant quelques indices de transition aux Pachydermes. C'est pour justifier ce rap- port zoologique, que nous nous sommes décidés à présenter avec détail l'os- téographie de ce singulier animal des temps anciens (i).

» Colonne vertébrale. On nomme rachis ou colonne vertébrale, une série continue d'os courts, unis entre eux par une substance fibro-cartila- gineuse intermédiaire, et renfermant dans leur canal la partie de l'axe cérébro-spinal nommée moelle épiniêre. Pris en particulier, chacun de ces os porte le nom de vertèbre.

» Quoique construites sur un type commun, les vertèbres diffèrent entre elles selon la région du corps elles se trouvent. De sorte qu'à la rigueur il n'existe ni chez l'homme, ni chez les Mammifères deux vertèbres qui soient identiques. C'est dans toute son exactitude l'expression de la loi de la diversité dans l'unité.

» L'unilé typique des vertèbres, se décèle dans leurs formes géné- rales. Ainsi on trouve à la région cervicale, dorsale et lombaire, le corps de la vertèbre, portion considérable de leur ensemble, de forme cylindrique ou ovalaire, épais, large, donnant attache en avant et en arrière aux fibro- cartilagesqui occupent les espaces intervertébraux, plus ou moins convexe en bas se voit une espèce d'enfoncement transversal que bornent deux rebords assez saillants et dans lequel sont divers trous nourriciers, plane ou concave dans sa partie supérieure qui répond au canal rachidien et qui offre aussi des trous nourriciers, dont deux plus volumineux, décèlent chez l'animal adulte la dualité primitive de cette partie avant la disparition de la,

(i) Je suis secondé dans ce travail par M. le Dr Sénéchal, préparateur au Muséum, très- savant en ostcologie comparée.

(8 ) corde dorsale. Ce corps vertébral, est continu sur les côtés avec le reste de l'os, par une espèce de pédicule.

« Au-dessus du corps de la vertèbre, on observe cbez les Mammifères le trou rachidien qui concourt à former le canal du même nom, et au-dessus encore de ce trou, toujours dans la ligne médiane, se voit l'apophyse épi- neuse saillante au-dessus de l'os; apophyse de forme et de direction va- riées suivant les régions, et laissant entre elles et la suivante un intervalle rempli par des muscles ou par des ligaments.

» On remarque sur chaque côté des vertèbres deux éminences articu- laires : l'une antérieure, l'autre postérieure; une apophyse transverse et une lame plus ou moins épaisse dont la réunion avec sa congénère consti- tue l'apophyse épineuse. Sur chaque côté du pédicule on constate égale- ment deux échancrures, l'une en avant assez superficielle, l'autre en arrière toujours plus profonde, destinées à former les trous de conjugaison. Un peu négligées par les anatomistes, ces échancrures pédiculaires sont de- venues, comme on le sait, le type de la formation des trous dans les lois de l'ostéogénie.

» En décrivant d'après cette méthode le rachis du Mesolherium, nous indiquerons les différences et les particularités que les parties éprouvent dans les diverses régions.

» Région cervicale. Chez tous les Mammifères, les deux premières ver- tèbres cervicales, l'atlas et l'axis, offrent des particularités qui leur sont propres. Chez le Mesotheriwn, le corps de l'atlas forme un arc épais légère- ment échancré en avant, se prolongeant un peu en arrière; sa hauteur me- sure 4 centimètres. Il est convexe en bas ou en dehors et présente inférieu- rement un vestige de tubercule. En haut et en dedans, le corps est concave, et cette concavité forme la facette articulaire pour recevoir l'apophyse odontoïde qu'elle embrasse avec une précision notable. J'ai montré dans les lois de l'ostéogénie que, jusque vers la fin de la vie fœtale de l'homme, le corps de l'atlas offrait une suture médiocre qui était la trace de sa dualité primitive. Cette suture que j'ai déjà remarquée sur l'atlas du Glyplodon, qui manque chez le Toxodon et le Scelidotherium, est si marquée chez le Mesotheriwn, qu'elle traverse de part en part le corps de la vertèbre. L'éten- due du trou rachidien constitue, chez tous les Mammifères, le caractère spé- cifique de l'atlas; mais il est diminué, comme on sait, d'un tiers environ par le ligament transverse qui délimite inférieurement la logeodontoïdienne. L'arc supérieur, beaucoup moins épais que l'inférieur, présente en haut un tubercule bifide, vestige rudimentaire de l'apophyse épineuse et termi-

(9) naison de la suture des deux lames, plus marquée que celle du corps. Il résulte de la permanence tardive de ces deux sutures, que l'atlas du Meso- therium est divisé en deux moitiés parfaitement symétriques. Les facettes articulaires antérieures sont profondes, large?, séparées en haut par la lar- geur des lames, et beaucoup plus rapprochées en bas. Leur excavation reproduit exactement la saillie des condyles occipitaux; les facettes articu- laires postérieures sont larges, presque planes et dirigées un peu oblique- ment en dehors. Les apophyses transverses, larges, très-fortes, sont échan- gées en arrière; leur pédicule, large aussi, est fort, épais, et dans leur écartement se trouve le trou vertébral plus évasé en avant qu'en arrière, formant un très-petit canal direct, qui transperce la base de l'apophyse transverse.

» L'apophyse odontoïde, est le caractère spécifique de Taxis. Dans cette vertèbre, le corps est très-épais, surtout en arrière. Sa hauteur est de 23 millimètres; sa largeur dans sa partie moyenne, de 29 millimètres. En arrière, il présente deux tubercules saillants destinés aux insertions muscu- laires, et séparés l'un de l'autre par une rainure. Dans cette partie, il se déjette manifestement en bas et en arrière. L'apophyse odontoïde qui le surmonte antérieurement est conique, mesurant à sa base i5 millimètres et longue de i3 millimètres. La face supérieure est moins haute que l'infé- rieure, très-légèrement concave; elle offre en avant l'apophyse odontoïde un peu inclinée en bas. A l'union du tiers postérieur avec les deux tiers antérieurs, on y voit deux trous vasculaires très-rapprochés l'un de l'autre. En arrière, la surface occupée par le fibro-cartilage est inclinée de haut en bas, large et plane. Le trou rachidien est cordiforme ou triangulaire. L'apo- physe épineuse verticale, haute, large, se termine supérieurement par un boni arrondi. Elle est mince en avant et épaisse en arrière. Les pédicules sont courts, larges et épais; leur échancrure superficielle en avant est, au contraire, très-profonde en arrière. Les lames sont épaisses et con- caves. Les apophyses articulaires supérieures, larges, convexes, sont très- inclinées d'avant en arrière; les postérieures, dirigées dans le même sens, sont très-concaves. Les apophyses transverses bien prononcées, presque styloïdes, sont dirigées en arrière, et leur base est perforée par le trou ver- tébral.

» Les cinq vertèbres cervicales qui suivent l'axis sont, moins l'apophyse odontoïde, la répétition de celte vertèbre. Ainsi, dans toutes, le corps est allongé transversalement plus qu'en tout autre sens. Dans la troisième et

C. R., 1867, Ie Semestre. (T. LXV, 1.) 2

( io ) la quatrième principalement, sa surface inférieure offre de chaque côté, comme dans l'axis, un tubercule saillant dirigé en arrière et terminant une crête oblique. Dans le milieu on remarque trois petites surfaces; la moyenne pour le ligament vertébral antérieur, les deux latérales pour les muscles longs du cou. La face supérieure du corps est presque plane, les deux trous nourriciers sont faiblement marqués. Des deux surfaces se fixent les fibro -cartilages, l'antérieure, un peu échancrée en devant, est légèrement bombée, un peu triangulaire dans la troisième; dans les quatre suivantes elle est ovalaire, et à grand diamètre transversal; dans toutes, elle est oblique d'avant en arrière. La postérieure, plane dans les trois pre- mières, est légèrement excavée dans la sixième et surtout dans la septième. Dans le centre de la sixième, on remarque un trou, traversant presque toute l'épaisseur du corps; dans la septième il s'élève un peu moins haut. Ce trou insolite, est évidemment la trace, sur ces deux vertèbres, du petit canal qu'occupe primitivement la corde dorsale.

» Le trou rachidien est triangulaire, à angles arrondis et d'un diamètre assez grand. Les apophyses épineuses étaient d'une dimension médiocre dans les quatre avant-dernières vertèbres cervicales; dans la septième, elle est, au contraire, très-développée et dirigée verticalement.

» Dans ces cinq vertèbres, les pédicules sont épais et très-bas; leur échancrure antérieure est peu accusée, tandis que la postérieure est presque convertie en trou. Les apophyses articulaires antérieures, sont planes, et dirigées en haut et en dedans. Les postérieures, également planes, sont aussi dirigées en sens inverse des précédentes. Dans la septième, elles deviennent convexes et se relèvent du côté de leur bord externe. A la base des lames et entre les apophyses antérieures et postérieures, on observe une éminence tuberculeuse, qui est le rudiment de l'apophyse sus-articulaire que nous venons de voir extrêmement prononcée dans les autres régions.

» Les apophyses transverses, sont presque styloïdes et dirigées en arrière, dans la première et dans la seconde vertèbre cervicale; elles deviennent graduellement de plus en plus larges, delà troisième à la sixième, en même temps qu'elles se dirigent transversalement, et se renforcent à leur extré- mité Dans la sixième, cette apophyse est extrêmement forte, et dirigée en bas. Le trou de l'artère vertébrale est assez marqué. Ce trou manque dans la septième vertèbre cervicale, dont l'apophyse transverse, considérable- ment décrue par rapport à la précédente, se présente comme une petite tige renforcée à son extrémité; sa direction est transversale.

» Région dorsale. Les vertèbres dorsales, sont au nombre de quatorze.

( "I )

Leur corps, décroît d'une manière assez rapide, de la première à la dernière. Leur face inférieure est légèrement convexe, etpourvue décrètes et de tubé- rosités d'insertions musculaires dans les deux premières. Dans la seconde, on voit commencer une crête médiane, qui s'accuse et devient plus pro- noncée dans les suivantes jusqu'à la fin de la région. Les faces latérales, surtout vers la fin de ce groupe vertébral, sont légèrement déprimées; d'où il résulte que, dans toutes les vertèbres dorsales, le diamètre vertical l'em- porte, relativement plus que dans la région cervicale, sur le diamètre trans- versal. Les facettes articulaires costales sont Irès-prononcées, et disposées pour emboîter exactement la tété des côtes. La face supérieure se creuse un peu, de la cinquième vertèbre dorsale à la treizième; elle est plane dans la quatorzième. La face antérieure est légèrement convexe, dans toute la région; sa forme est carrée dans la seconde; dans les suivantes, jusqu'à la douzième, elle prend un aspect triangulaire; dans les dernières elle s'ar- rondit. Dans les quatre premières vertèbres dorsales, on remarque un léger enfoncement central, dernier vestige du trou de la corde dorsale, que nous avons précédemment signalé. La face postérieure, à peine excavée dans les trois premières vertèbres, est exactement plane dans toutes les autres; son tracé, irrégulièrement ellipsoïde dans les trois premières, se rapproche de la forme triangulaire dans les autres.

» Le canal rachidien est nettement triangulaire, dans les trois premières vertèbres dorsales; dans les autres il est de même forme, mais plus petit et comme un peu comprimé. Son diamètre est au minimum de développe- ment dans le milieu de la région, et partout il est très-inférieur au dévelop- pement qu'il offre dans la partie cervicale.

» Les apophyses épineuses sont longues, très-fortes et prismatiques dans les sept premières vertèbres dorsales; après celles-ci, elles tendent à deve- nir quadrilatères, et elles le deviennent de plus en plus en s'accourcissant graduellement jusqu'à la fin de la région. De la première à la douzième vertèbre dorsale, ces apophyses sont inclinées en arrière; dans la treizième et la quatorzième surtout, elles sont verticales. Comme dans la région pré- cédente, les pédicules sont également larges et très-épais; les échancrures antérieures et postérieures sont à peu près égales dans la première. Les apophyses articulaires antérieures, sont très-étendues et redressées fortement du côté de leur bord externe ; dans toutes les suivantes elles sont planes, à peu près exactement horizontales, et un peu relevées en haut à leur partie postérieure. Les apophyses articulaires postérieures, longues, à grand dia- mètre antéro-postérieur, sont bien séparées l'une de l'autre, un peu dépn-

2..

( 12 )

niées transversalement. On remarque dans plusieurs vertèbres dorsales une inégalité très-notable dans l'étendue de ces apophyses. L'éminence articu- laire est très-prononcée, mais tuberculeuse jusqu'à la onzième vertèbre dorsale; dans la douzième, cette apophyse s'élève sensiblement, et dans les deux dernières elle se convertit brusquement en une large languette osseuse dirigée en haut et un peu en avant; elle est également un peu contournée en dedans à son extrémité. Excepté dans la dernière et l'avant-dernière vertèbre dorsale, elles forment un pédicule bien distinct et dirigé en dehors, les apophyses transverses très-peu développées se confondent dans une sorte de masse commune avec le pédicule et l'éminence sus-articulaire. La facette costale est très-prononcée et concave dans la première vertèbre, dans la deuxième et un peu dans la troisième; dans les vertèbres dorsales suivantes, elle est plane et ovalaire. Les lames vertébrales, dans cette région, sont courtes et épaisses.

» Région lombaire. Cette région, se compose de huit vertèbres. La face inférieure des corps vertébraux, est fortement creusée en gouttière dans le sens transversal; on y remarque une crête mousse antéro-posté- rieure. La face supérieure est plane. Les faces antérieures et postérieures sont arrondies, planes et coupées verticalement. Le canal rachidien est arrondi, et plus large que dans la région dorsale. Dans les six premières vertèbres lombaires, les apophyses épineuses sont tout à fait quadrilatères, à peu près exactement de même hauteur et de même largeur entre elles, renforcées à leur bord supérieur, principalement en arrière, et légèrement inclinées dans ce sens; dans les deux dernières vertèbres, l'épine est un peu moins large et plus haute que dans les précédentes, et leur sommet est arrondi. Les pédicules sont extrêmement larges, mais peu épais. Les gouttières postérieures sont très-développées par rapport aux antérieures. Les apophyses articulaires antérieures, sont presque planes clans la première vertèbre lombaire; elles sont disposées en gouttières dirigées d'avant en arrière dans toutes les autres. Les apophyses articulaires postérieures, sont demi-cylindriques, débordant à peine la base de l'apophyse épineuse. Quant aux apophyses sus-articulaires, elles sont disposées en longues lan- guettes osseuses, comme à la fin de la région précédente, mais elles sont d'une dimension plus forte; celles de la partie moyenne de la série lom- baire portent trois tubercules, dont deux antérieurs, à leur extrémité. Les apophyses transverses sont planes, assez longues à leur base; elles sont un peu rétrécies à leur partie moyenne, renforcées à leur extrémité, et dirigées légèrement en bas et en avant. Les lames, très-larges, sont médio- crement épaisses.

( '3 )

» Sacrum, - Le sacrum est très-long et paraît composé de neuf ver- tèbres, qui sont extrêmement fusionnées entre elles. Il est encore plus abaissé à son extrémité postérieure, que clans les Agoutis et leCabiai. 11 donne appui en avant à l'iliaque, par les deux premières vertèbres sacrées, et un peu par la troisième par ankylose; mais, comme dans les Edentés et dans quelques Marsupiaux, on voit l'ischion, se souder d'une manière très-intime avec une vertèbre sacrée, la septième. Cette soudure s'accomplit, toutefois, avec des circonstances remarquables; car on observe qu'elle a lieu du côté du sacrum par des rudiments, reparaissant dans cette partie, des apophyses sus-articulaires et transverses de la région vertébrale précédente, disposition qui détermine l'existence d'un trou complet dans le point d'appui et de fusion du sacrum et de l'ischion.

» La première vertèbre sacrée est très-distincte par la moitié de sa partie antérieure; elle montre encore son apophyse sus-articulaire assez saillante, évidée du côté antérieur et renflée à son extrémité. Le canal rachidien est médiocre; il présente une très-longue étendue en avant; il est largement ouvert, mais en arrière il est extrêmement atténué et réduit à un canal très-étroit. La crête présente une série de renflements très-marqués, sur- tout à la partie moyenne, qui indique le nombre des apophyses épineuses conjuguées. Le bord latéral, décroissant en largeur d'avant en arrière entre les points fixes, offre une ligne alternative mince et légèrement renflée.

« Récjion coccygienne. Nous n'avons pu la juger que par quatre ver- tèbres, dont deux incomplètes, les seules qui se trouvassent dans le sque- lette que nous décrivons. Ces vertèbres, qui ne se suivent pas en série continue et dont il manque les intermédiaires, montrent que la queue du Mesolherium était très-courte et que les segments étaient rapidement dé- croissants. Nous portons à huit le nombre de ces segments. Les trois pre- miers présentaient un canal rachidien, avec des rudiments d'apophyses dégénérés en tubercules et non susceptibles de s'articuler entre eux. Dans les autres, toute trace de canal, ainsi que l'apophyse épineuse, ont disparu, et il ne reste plus que des vestiges des apophyses latérales sous forme de tubérosités.

MESURES DES DIFFÉRENTES PARTIES DES VERTÈBRES.

Atlas.

m

Largeii r transversale o , 1 1 o

Hauteur verticale o ,c*4o

Largeur de l'aire inférieure o,oa3

Epaisseur du même arc 0,01 1

( '4 )

Hauteur du trou rachidien, mesuré en avant 0,026

Largeur transversale du même trou 0,024

Largeur de l'aire supérieure 0,020

Épaisseur du même arc immédiatement en arrière de ses tubérosités 0,004

Longueur de l'apophyse transverse 0,026

Longueur de la même apophyse à sa partie moyenne o ,o36

Largeur transversale d'une facette articulaire antérieure 0,026

Largeur transversale d'une apophyse articulaire postérieure 0,022

Axis.

m

Largeur transversale d'une extrémité à l'autre des apophyses transverses 0,070

Longueur de l'extrémité de l'apophyse odontoïde à la face postérieure du corps. . . o,o5o

Hauteur de la face postérieure du corps 0,020

Largeur transversale du corps 0,029

Largeur du canal rachidien, mesurée en arrière o,023

Hauteur du même canal, prise au même point 0,017

Hauteur de l'apophyse épineuse o ,027

Largeur transversale de la facette articulaire antérieure 0,022

Hauteur de l'apophyse odontoïde o,oi3

Largeur de l'apophyse odontoïde à sa base o,oi5

Longueur de l'apophyse styloïde : 0,020

Cinquième dorsale.

m

Hauteur du corps 0,020

Longueur de la même partie o ,025

Largeur transversale, mesurée en arrière et y comprenant les facettes costales. . . . o,o45

Longueur de l'apophyse épineuse o,o65

Largeur du trou rachidien 0,018

Hauteur du même trou o ,014

Huitième lombaire.

m

Largeur transversale du corps o ,037

Hauteur de la même partie 0,020

Largeur du trou rachidien 0,018

Hauteur du même trou o,oi3

Hauteur de l'apophyse épineuse o,o3o

Largeur de la même apophyse o ,o3o

Longueur de l'apophyse épineuse o,o34

Quatrième coccygienne.

m

Hauteur 0,018

Largeur o,o36

Épaisseur 0,017

» Considérations générales. De la considération des os de la colonne

( i5 ) vertébrale en particulier, dérivent certaines dispositions générales, que nous devons brièvement indiquer, De même que chez tous les Mammifères, cette colonne décrit, chez le Mesollierium, une courbure générale dont la concavité est en bas, et la convexité en haut. De plus, diverses inflexions s'y rencontrent; ainsi, à la région cervicale, l'épaisseur plus marquée des corps vertébraux en bas qu'en haut, produit une convexité marquée dont la disposition favorise le support de la tète, et, au contraire, l'épaisseur in- verse du corps des vertèbres de la région dorsale, donne naissance à une concavité qui règne dans toute sa longueur, et qui s'affaiblit en arrière, commence une convexité nouvelle, correspondant à la région lombaire, dans laquelle les corps vertébraux, reprennent la disposition qu'ils ont à la région cervicale. Enfin la concavité de la région dorsale, reparaît an sacrum et finit en mourant aux vertèbres caudales.

» Quatre courbures en sens opposé, se rencontrent à la partie supérieure de la colonne vertébrale. Leur disposition dépend, évidemment, de l'inéga- lité d'élévation des apophyses épineuses.

» D'après la disposition du canal rachidien, il est évident, aussi, que la moelle épinière était chez le Mesotherium plus volumineuse à la région cervicale que dans la région dorsale, puis, qu'elle se renflait de nouveau à la région lombaire, pour diminuer graduellement ensuite jusqu'à la région caudale.

a Tout se tient, et se suit, dans l'admirable organisation des animaux. Si les dimensions du canal rachidien, nous permettent de déterminer avec- quelque certitude, celles de la moelle épinière dans les diverses régions ver- tébrales, celle-ci à son tour, nous conduit à établir le volume que devaient avoir chez le Mesotherium les nerfs qui en provenaient. Ainsi les nerfs cer- vicaux, dont la destination principale est d'aller constituer le plexus ner- veux du membre antérieur, devaient avoir une dimension plus forte que ceux de la région dorsale, qui ne se portent que dans les muscles inter- costaux et rachidiens; et de même, les nerfs de la région lombaire, destinés aux muscles du membre postérieur, devaient acquérir une dimension pro- portionnée à celle de ce membre. Enfin la dimension des nerfs sacrés, devait être en rapport, avec celle des muscles dans lesquels ils allaient se dis- tribuer.

» Les ganglions intervertébraux, devaient présenter les mêmes inégalités

de développement. Volumineux au cou, ils devaient s'amoindrir au dos,

se renfler aux lombes, et s'affaiblir de nouveau dans la région du sacrum.

» Tous ces rapports, se déduisent nécessairement les uns des autres, et la

( i6) considération des inégalités d'ouverture des trous de conjugaison, leur donne une certitude anatomique. Dans mon ouvrage sur l'anatomie com- parée du cerveau, j'ai démontré, par l'observation directe, la solidarité entière de toutes ces parties, et leur assujettissement à l'axe nerveux d'une part, et d'autre part à l'anneau du segment vertébral qui leur correspond. Ainsi dans le cou l'anneau que forme la vertèbre est plus grand qu'au dos; il s'agrandit de nouveau aux lombes, et décroît ensuite graduellement dans la région sacrée et dans la région caudale. D'où il suit, comme règle géné- rale chez les Mammifères, que ce qui est vrai pour un segment de la moelle épinière, pour les vertèbres qui le revêtent et ses dépendances, est égale- ment exact, pour tous les segments, pour toutes les vertèbres et pour toutes les parties qui les environnent. C'est exactement ce que reproduisent, les considérations des anneaux vertébraux du Mesotlierium. Mais ce qui se reproduit aussi d'une manière rigoureuse sur cet animal des temps anciens, ce sont les inégalités d'ouverture des trous de conjugaison. Dans les lois de l'ostéogénie, j'ai décrit avec détail le mécanisme de la formation de ces trous, et j'ai montré comment, de la superposition des deux échancruresdes pédon- cules vertébraux, résulte une ouverture dont chacun d'eux fournit un des éléments. J'ai montré ensuite que le diamètre de ces trous, est dans un rap- port direct, avec l'évasement et la profondeur de ces échancrures. D'où il suit, comme conséquence immédiate de ce fait, que chez tous les Mammi- fères, la plus grande dimension des échancrures des pédoncules dans les régions cervicales et lombaires, explique la grandeur des trous de conju- gaison, et leur faiblesse dans les régions dorsale et sacrée rend raison de leur étroitesse relative. C'est exactement, ce que nous ont montré les inégalités de ces trous, dans le squelette du Mesotherium. Or les trous de conjugaison servant de couvercle aux ganglions intervertébraux, il s'ensuit que leur ouverture, donne la mesure exacte de la grosseur de ces ganglions. Un trou insolite existe chez le Mesotlierium à la partie postérieure du sa- crum et, conformément à cette règle générale, sa formation résulte de la fusion des rudiments des apophyses transverses, avec le bord interne de l'ischion.

» Il en est de même des cavités articulaires ; deux pièces au moins se réunissent pour concourir à leur formation : or, chez le Mesotherium, la cavité articulaire de l'atlas, et plus manifestement encore, celles destinées à recevoir la tète des côtes, nous ont donné la confirmation de cette règle.

» Pour la détermination des éléments osseux du squelette, l'ostéogénie est obligée de recourir à l'étude comparative du fœtus des animaux. Or les

( «7 ) ossements fossiles ne nous offrant cet organisme qu'à son état adulte, il en résulte que nous serions privés, chez eux, de cette connaissance, si une autre règle ne nous venait en aide pour arriver à cette détermination. Cette règle est celle de la solidescence. Chez les animaux adultes vivants, la par- tie la plus solide des os, est toujours celle par laquelle a commencé leur ossification. D'où il suit que sur les os composés, leur différence de densité indique les points précoces ou tardifs de leur manifestation. Cette règle, appliquée au Mesotherium, nous montre avec évidence que l'ossification commençait, comme chez tous les Mammifères, par les masses latérales des vertèbres, et ne se manifestait qu'en second lieu, sur les corps de ces mêmes os.

» Faisons remarquer à ce sujet, toute l'importance pour la paléontologie de cet accord, dans les temps anciens et présents, des lois qui président à la formation des organismes dans les deux ordres d'animaux. Le plan est le même, l'exécution est semblable, il n'y a de différente que la différence des êtres dont les uns ont disparu, pour faire place à d'autres, qui leur ont succédé. »

ANATOMIE végétale. Des vaisseaux propres dans les Térébenthinées;

par M. A. Tréccl.

« Dans les plantes de ce groupe j'ai trouvé les vaisseaux propres de la tige : dans l'écorce seulement (Rluts aromatica, suaveolens, Cotinus, coria- ria, virens; Pistacia vera , Lentiscus ; Schinus molle); dans l'écorce et la moelle à la fois (Rhus toxicodendrpn, typhina, glauca, elegans, semialata); dans la moelle seulement [Ailanlus glanclutosa, Brucea ferrurjinea) ; /|° dans l'écorce, le bois et la moelle (Rhus viminalis). Les racines quejJai examinées ne m'ont présenté de vaisseaux propres que dans l'écorce.

» Dans ma communication du 6 mai, j'ai dit que dans les jeunes racines de 1' ' Aralia edulis les premiers vaisseaux propres apparaissent vis-à-vis des premiers rayons médullaires. Il n'en est pas de même dans les Rhus toxico- dendron, aromaliea, Colinus, eleqans, Pislacia vera, etc. Le corps ligneux de leurs racines, d'abord divisé en quatre, cinq ou six faisceaux primaires par autant de rayons médullaires, n'offre dans l'écorce qu'un vaisseau propre opposé au milieu de chaque faisceau fibrovasculaire (i). Dans des racines

(i) Pour faciliter l'observation, on ioclera les préparations. L'amidon des ravons médul- laires étant bleui, la position relative des parties sera plus marquée.

C. R., 1867, i' Semestre. (T. LXV , 1.) 3

( i8 ) un peu plus âgées des Riais toxicodendron et Cotinus il existait en outre, dans l'écorce interne, deux vaisseaux propres vis-à-vis de chaque faisceau primaire, un pour chaque moitié de celui-ci. Dans une racine de 8 milli- mètres de diamètre du Pistacia vera il y avait de ces laticifères sur trois lignes concentriques. Ceux du cercle le plus externe étaient opposés aux faisceaux primaires; ceux du deuxième cercle l'étaient aux faisceaux secon- daires; ceux du troisième cercle correspondaient aux faisceaux tertiaires, mais il n'y en avait pas vis-à-vis de tous ces derniers faisceaux. Dans une racine de 25 millimètres de diamètre, les vaisseaux propres étaient sur six plans différents. Ceux des quatre plans externes, mêlés aux groupes de fibres du liber, n'accusaient pas de lignes concentriques. Ceux de l'écorce la plus interne se montraient seuls rangés suivant une ligne circulaire ou suivant deux telles lignes concentriques çà et interrompues. Une racine de Rhus elegans, de 8mm, 5 de diamètre, avait ses vaisseaux propres les plus externes épais, mais son écorce interne en présentait sur quatre lignes cir- culaires plus ou moins étendues. Dans une racine plus âgée, de i5 milli- mètres de diamètre, les vaisseaux propres, sur six à sept plans différents, n'étaient manifestement en ligne circulaire que dans le plan le plus interne. Ces vaisseaux propres des racines se montrent fréquemment anastomosés sur des coupes tangentielles. J'y ai même vu des réticulations dans les racines des Pistacia vera, Rhus toxicodendron, aromatica; mais les plus beaux réseaux m'ont été donnés par les racines du Rhus elegans.

» La racine du Ptelea trifoliata ne contient pour tous vaisseaux propres que des cellules isolées, éparses, pleines d'oléorésine, et semblables par leur forme, leur dimension, l'épaisseur de leur membrane, aux cellules environnantes, qui sont remplies d'amidon. Dans la tige au contraire, l'oléorésine est contenue dans des cavités globuloïdes ou elliptiques qui ont transversalement de omiD,6 à omm, 23 sur o™,io, et longitudinalement oram,io sur omm,o6 à oram, 25 sur omm,n. Elles sont dépourvues de mem- brane propre, et entourées de quelques rangées de cellules comprimées. Ces organes de la tige, décrits par M. de Mirbel, sont situés dans le paren- chyme vert externe.

» La tige des Zanthoxylum Pterota et fraxineum offre des organes de même nature, et pleins aussi d'oléorésine. Ces plantes possèdent en outre, dans leur écorce sous-libérienne, des cavités analogues, mais oblongues et remplies de globules d'oléorésine qui ont de omm,ooi à omm,oi5. Ces der- nières cavités ont omm,o5 à omm,i2 de long sur o,um,oi à omm,o4 de large, et sont plus nombreuses que celles de l'écorce externe. Il continue d'ail-

( '9 ) leurs de s'en former, à mesure que l'écorce interne s'accroît, dans un rameau de deux ans de Z. Pterota par exemple.

» Dans la tige des Rhus, Pistacia, Schinus, etc., les vaisseaux propres de l'écorce ne sont jamais extralibériens. Les premiers apparaissent dans les faisceaux corticaux eux-mêmes, à peu près en même temps que les tra- chées au côté interne du faisceau. Ils se montrent d'abord, au moins dans les faisceaux principaux, vus sur des coupes transversales, sous la forme de fentes linéaires d'abord sans suc propre, étendues radialement et bor- dées d'une rangée de cellules beaucoup plus larges que les environnantes. De ces cellules limitantes plus larges les accompagnent à tous les âges, car à l'état parfait ces vaisseaux propres ont ordinairement pour paroi, sinon toujours, des utricules plus grandes que les cellules comprimées qui for- ment autour d'elles plusieurs rangées. Dans les faisceaux les plus petits de quelques espèces, ces vaisseaux propres externes commencent par une courte ligne noire sinueuse, environnée aussi de plus larges cellules. Cette ligne ou fente, par l'écartement des parois, devient un méat irrégulier si la ligne était courte et sinueuse, ou semblable à une boutonnière un peu ou- verte si la fente était droite et plus longue. Cette ouverture se remplit de suc propre bien avant d'avoir atteint la largeur des cellules qui la bordent, ce qui paraît exclure toute idée de destruction utriculaire.

» Ces premiers développements s'observent surtout avec facilité dans le Rhus toxicodendron, qui donne aisément des coupes très-nettes. L'évolution des vaisseaux propres de la moelle de cette plante conduit aussi à la même conclusion. Il se forme d'abord un petit groupe de cellules plus étroites que les autres utricules médullaires, puis une courte fente sinueuse appa- raît vers le milieu du groupe; elle s'élargit un peu, montre du suc propre à globules très-ténus avant d'avoir acquis la largeur des cellules margi- nales. L'ouverture, d'abord irrégulière, grandit, et un canal de largeur variable en résulte; mais il est limité par les cellules les plus étroites, et non par de plus larges, comme le sont celles qui bordent les premiers vais- seaux propres de l'écorce des Pistacia vera, Rhus aromalica, etc. Toutefois, ces vaisseaux propres de l'écorce, dans quelques espèces surtout, ne sont pas toujours entièrement bordés par des cellules plus larges; il n'en existe parfois que sur une partie de leur pourtour. Alors ces plus grandes cel- lules sont saillantes dans la cavité, mais celle-ci se régularise en avançant en âge.

» Ces vaisseaux propres corticaux primaires, comprimés parallèlement au rayon dans l'origine, sont presque toujours déprimés dans le sens op-

3..

( 20 )

posé après leur parfait développement. Chacun d'eux est placé sous un faisceau arqué de fibres du liber épaissies dans le rameau de l'année, ainsi que l'a figuré M. de Mirbel dès 1808 pour les Rhus typhina et semialala.

v A mesure que l'écorce interne s'accroît en épaisseur, il y naît des vais- seaux propres en quantité variable suivant les espèces, et ils y sont d'abord fréquemment disposés en cercles avec plus ou moins de régularité, ou sur des portions de circonférence plus ou moins étendues; mais plus tard, l'élargissement de l'écorce détruisant Tordre primitif, ils paraissent épars. Ces vaisseaux de l'écorce interne se montrent anastomosés en réseau paral- lèlement à la circonférence de la tige dans diverses plantes (Schinus molle, Rhus semialala, viminatis, elegans, glauca, virens, coriaria). L'une des plus favorables pour l'étude de ces réticulations est le Rhus typhina, d'après lequel M. Lestiboudois les a décrites en 1 863 (Comptes rendus, t. LVI, p. 821). D'autres espèces, tout en présentant assez souvent des anasto- moses, ne laissent apercevoir que très-rarement des mailles (Pislacia vera, Lentiscus).

» Parmi les plantes qui possèdent des vaisseaux propres dans l'écorce et dans la moelle, la plus remarquable sous ce rapport est le Rhus semialala, qui m'a offert 58 de ces vaisseaux au voisinage de l'étui médullaire. Dans le Rhus typhina j'en ai vu jusqu'à 25 dans la même position ; mais dans les Rhus viminatis, glauca, elegans, ils y sont plus rares. Dans le Rhus viminatis, je n'en ai vu que de 5 à 12, très-irrégulièrement distribués dans la moelle. L'un d'eux est opposé au faisceau médian de la base de chaque feuille, et, quand il se ramifie, la coupe transversale peut en présenter deux ou même trois dans le plan radial ; les autres sont épars dans la moelle. Le Rhus glauca montre aussi quelque variation à cet égard : tantôt il existe un seul vais- seau propre dans la moelle, et il est vis-à-vis du faisceau médian de la feuille voisine; tantôt il en offre deux opposés dans la même situation. D'autres fois il y en a un opposé au faisceau médian d'une autre feuille voisine, et dans quelques coupes vis-à-vis d'un troisième et d'un quatrième faisceau. Au contraire, vis-à-vis de certaines feuilles, il n'en existe pas du tout, bien que plus bas on en observe encore. Un rameau de deux ans m'a fait voir vis- à-vis du faisceau médian des anciennes feuilles tantôt un seul vaisseau propre, et tantôt, en opposition avec des feuilles plus élevées, jusqu'à trois et même cinq vaisseaux propres. Le Rhus elegans est non moins singulier. Deux rameaux de l'année, longs, l'un de 4 centimètres, l'autre de io, ne montraient dans la moelle, sur les coupes transversales, qu'un seul vais- seau propre opposé au faisceau médian de la feuille voisine. Un autre ra-

( 21 )

meau plus vigoureux avait un vaisseau propre vis-à-vis de chacun des trois faisceaux qui allaient à la feuille examinée, et aussi vis-à-vis des trois fais- ceaux de la feuille qui venait après, et même vis-à-vis de plusieurs autres faisceaux. Un autre rameau long de 19 centimètres avait, vis-à-vis du fais- ceau médian de chacune des cinq feuilles supérieures, deux vaisseaux propres opposés suivant le plan radial : le plus interne était le plus grand, comme c'est l'ordinaire dans ce cas. Ce qui est remarquable, c'est qu'il n'existait plus de vaisseaux propres dans la moelle, dans tout le rameau au-dessous de la cinquième feuille, et dans un autre rameau au-dessous de la septième. Dans le Rhus toxicodendron, les vaisseaux propres sont épars irrégulièrement dans le parenchyme médullaire, et leur nombre a varié de 3 à 12. Pendant leur développement dans de jeunes rameaux, je n'en ai quelquefois pas observé sur certaines coupes transversales, et pour- tant j'en trouvais dans des coupes prises plus haut et plus bas; néan- moins j'ai vu de ces canaux anastomosés entre eux dans des rameaux plus

âges.

» Les vaisseaux propres peuvent être au nombre de 4o à 60 à la péri- phérie de la moelle de ÏÀilanlus glandulosa. Ils sont situés entre la parlie saillante des faisceaux trachéens, ils commencent avec l'apparence de méats très-irréguliers dans leur section transversale et suivant leur lon- gueur. Dans le Brucea femiginea les vaisseaux propres occupent une posi- tion semblable autour de la moelle. Leur largeur variait, sur une même coupe transversale du rameau, depuis l'aspect d'une simple fente jusqu'à omm,35 sur omm,20 d'ouverture (le grand diamètre est ordinairement paral- lèle aux rayons de la tige). La largeur d'un même vaisseau est souvent aussi très-différente à des hauteurs diverses, et l'une des extrémités de la partie dilatée est quelquefois le point de jonction de deux branches, tandis que l'autre extrémité peut s'atténuer au point de sembler se terminer en cône, ou en tube grêle, ou en une fente plus ou moins étroite comme celles que je viens de signaler.

» Les Rhus semialata, viminalis, ylauca, typhina m'ont fait voir la commu- nication des vaisseaux propres de la moelle avec ceux de l'écorce à travers l'espace laissé libre dans le corps ligneux par l'écartement des faisceaux qui vont aux feuilles. J'ai dit précédemment qu'il existe souvent un vais- seau propre opposé au faisceau médian de chaque feuille du Rhus glauca, et que ce vaisseau se ramifie vis-à-vis de l'aisselle de la feuille. Dans ce cas, une des branches suit le faisceau médian de celle-ci, tandis que l'autre branche plus forte monte plus haut et se bifurque de nouveau : la plus

{ 22 )

faible branche passe dans l'écorce, s'étend au-dessous du bourgeon elle se ramifie; l'autre branche au contraire continue de se prolonger par en haut dans la moelle. Le Rhus semialala m'a offert à la fois sur la même coupe transversale jusqu'à 4 vaisseaux propres allant de la moelle dans l'écorce. Il y en avait deux quelquefois dans un même passage intraligneux latéral, un de chaque côté, et dans l'autre passage latéral un vaisseau propre venant de la moelle se bifurquait au milieu, d'où ses deux branches arri- vaient dans l'écorce. Là, dans l'aisselle de la feuille, les laticifères présen- tent de fréquentes anastomoses. Dans le Rlms viminalis, on trouve souvent plusieurs vaisseaux propres de la moelle réunis en réseau vis-à-vis de l'inser- tion de la feuille. Ils y subissent fréquemment, par la destruction de cel- lules environnantes, des élargissements qui atteignent jusqu'à omm,5o sur oIura,25, d'où partent plusieurs branches dans des directions diffé- rentes. Les réticulations de ces vaisseaux propres se continuent même dans le passage intraligneux médian, et les branches qui en émanent sont en relation avec les vaisseaux de l'écorce, de la feuille et du bourgeon.

» Ce Rhus viminalis m'a fourni un cas bien digne de fixer l'attention des phytotomistes. J'y ai trouvé de ces vaisseaux propres dépourvus de mem- brane, passant de l'écorce dans le bois, comme dans les plus beaux exemples de laticifères munis d'une membrane particulière. Par des coupes radiales on obtient souvent des vaisseaux propres qui, verticaux dans l'écorce, à des profondeurs diverses, se