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fEx Libris ^^
^^ N. A. SAUCEROTTE. ^
LIBRARY OF
1885- IQ56
HISTOIRE
NATURELLE
DES INSECTES
COLEOPTERES
PARIS. IMPRIMERIE D AD. MOESSARD , RUE DE FURSTEMBERG
HISTOIRE
NATURELLE
DES INSECTES,
TRAIT.VWT
DE LELR ORGANISATION ET DE LEURS MOEURS Ei\ GÉNÉRAL,
Par m. V. AUDOUIN,
rROFESSEL'R-ADMIiVlSTRATKUR Ai: MlséuM d'hiSTOIRE ."V ATUKELI.E DE PARIS, CHEVALIER DE LA LÉGION-d'hoNNEUR , ETC. •
LEl'R CLASSIFICATION ET LA DESCRIPTION DES ESPÈCES ,
Par m. a. BRULLÉ,
AIDE-KATURALISTE AU MDSÉUM, MEMBRE DE LA SOCIÉTÉ
ENTOMOLOGIQUE DE FRANCE, DE LA COMMISSION
SCIE^TIFIQTIE DE MORÉE , ETC. :
Le (oui accompagné de Planches gravées sur acier, d'après des peinture»
exécutées pour ceffe édition sur la collection
du Muséum de Paris.
A PARIS,
CHEZ F. D. PILLOT, ÉDITEUR
RUE DE SEI,>E S \ 1 N T - G E R M A I !V , N.o ^Q.
i835.
HISTOIRE
NATURELLE
DES INSECTES,
COMPRENANT
LEUR CLASSIFICATION, LEURS MOEURS, ET LA DESCRIPTION DES ESPECES;
Par m. Aug. BRULLÉ.
SUITE D£ I.A QUATRIÈME RACE DES C ARABIQUES.
DEUXIÈME FAMILLE. LES ACINOPIENS.
Nous avons présenté, clans le volume précédent, les notions les plus essentielles à la connaissance des Harpaliens, que l'on peut regarder comme une des familles les plus nombreuses en espèces de toute la classe des insectes. Il nous reste à faire connaître, dans celui-ci, plusieurs groupes que nous en avons détachés à cause de la grosseur de leur tête et de plusieurs autres caractères que nous ne répéterons pas. Nous ajouterons seulement que nous y avons fait une rec-
IJSECTES. V. I
2 COLÉOPTÈRES-PENTAMÈRES.
tificatioii importante au sujet des Aciuopes, auxquels nous renvoyons pour cet objet. Le nom d'Acinopc désigne le genre dont se compose essentiellement cette famille, et qui, en y joignant un sous-genre connu sous le nom de Dapte, fournit les seules espèces qui vivent en Europe : elles sont propres aux con- trées méridionales de ce Continent. Plusieurs autres, désignées sous le nom générique de P latymétopes , sont répandues dans les autres parties de l'ancien Con- tinent, où l'on trouve aussi les Eucéphales et les Cra- tognatlies. Cependant une espèce de ce dernier groupe paraît exister en Amérique, de même que les Ambly- gnatlies, les Barysomes, la plupart des A gonoderes et les Paramèques. Un dernier sous-genre, également américain, celui des Cratacantlies , ne se trouve que dans les provinces septentrionales de cette partie du monde ainsi que plusieurs Agonodères ; mais ceux-ci ont également leurs représentans en Afrique. Quant aux Cratognathes, on sera peut-être surpris de nous voir indiquer la Cafrerie , comme la contrée originaire de ce sous-genre, dont une deuxième espèce habite le Brésil; mais jusqu'ici, la localité où vit la première avait été douteuse, et nous en avons vu deux individus qui ont été rapportés avec certitude du pays que nous indiquons. De plus, il nous semble probable que l'autre Cratognathe décrit par M. Perty , et que nous men- tionnerons en note, n'appartient pas à ce sous-genre. La famille des Acinopiens se compose de genres et de soiîs-genres qui sont tous d'une origine très récente. Le genre qui lui sert de type n'est connu que depuis quelques années, et presque tous les sous-genres qui s'y rattachent datent au plus de la même époque. Leurs
IIARPALIDES. 5
habitudes sont peu connues, et celles des groupes étran- gers à l'Europe ne le sont pas du tout. Les Acinopes se rencontrent sous les pierres pendant les premiers mois de 1 été et dans les lieux humides. Ils ont donc une ma- nière de vivre analogue à celle d'un grand nombre de Harpalides. Leurs larves, qui sont inconnues, doivent s'enfoncer en terre pour y subir leurs transformations, comme on l'a observé sur celles des Zabres en particu- her, ainsi que nous le ferons connaître dans une note qui terminera l'histoire de cette famille. Les Daptes semblent plus particulièrement avoisiner les marais. M. Daube, entomologiste de Montpellier, en a donné au Muséum un individu qu'il a rencontré, avec plu- sieurs autres, courant au milieu du jour dans le voisi- nage des marais qui environnent cette ville. Les Pa- ramèques, que M. Lacordaire a recueillis pendant son séjour en Amérique, ont été trouvés par lui sous les pierres, à la manière des espèces d'Europe. La plupart des autres habitent soit sous les pierres, soit sous les écorces : tels sont, en particulier, les Cratacanthes, insectes fort répandus dans les Etats-Unis de l'Amé- rique du Nord, et ceux des Agonodères qui sont pro- pres à cette grande contrée.
Nous allons présenter, dans le tableau suivant , les caractères qui peuvent faire reconnaître les groupes dont se compose cette famille.
2 ?
HAlirALlDES. GENRE ACINOPE.
yéciNOPiJS. Dejean ^.
Les espèces dont se compose ce genre ont été pla- cées par Olivier avec les Scarites, et par les auteurs précédens avec les Carabes qui renfermèrent pendant long-temps une foule d elémens divers. Latreille ne les regarda avec raison ni comme de vrais Carabes, ni comme des Scarites; il en fit une division particulière dans son grand genre Harpale, qui lui-même en com- prenait plusieurs autres, ainsi que nous l'avons fait remarquer dans le volume précédent. Les choses res- tèrent dans cet état jusqu'à la publication des familles naturelles du règne animal, où ce savant naturaliste, en présentant la série des genres d'insectes, y plaça à côté des Harpales, celui d'Acinape, qui n'était connu jusque là que par des catalogues de collections où il était indiqué sans caractères. Ce fut dans le Species de M. le comte Dejean qu'on trouva ces caractères en- registrés pour la première fois.
L'étymologie du nom d'Acinope ne nous est pas bien connue; celle que nous indiquons signifie pieds en grains, ce qui ne convient pas mieux à ces in- sectes .qu'au plus grand nombre des Carabiques. Quoi qu'il en soit, les Acinopes sont remarquables
1. Etym. axiKj;, grain de raisin j ttoïç , pied. — Syn. Carabiis , Y ahvi- ciiis, llossi, etc.j — Scarites , Olivier j — Ilarpalus , Stium^ Latreille, Olivier.
6 COLÉOPTEKES-PENTAMÈRES.
par la grosseur de leur tête et par leur corselet qui est aussi large. Leurs élytres alongées leur donnent une forme cylindrique. Ils ont les palpes terminés par un article ovalaire et tronqué, les antennes minces et fdiformes , la lèvre supérieure à peu près carrée et échancrée, et enfin, le menton, pourvu, au milieu de son échancrure, d'une dent peu saillante. A ces ca- ractères, nous pouvons ajouter que l'observation plus exacte des articles des tarses, qui sont un peu élargis dans les mâles, aux quatre pattes extérieures, nous a fait voir qu'ils sont organisés comme ceux des Har- pales, c'est-à-dire munis en dessus d'une double rangée de petites écailles. Nous avons cru jusqu'ici qu'ils ne présentaient qu'un faisceau de poils, et nous avions indiqué cette circonstance comme propre à faire reconnaître la famille des Acinopiens : les articles des tarses à peine élargis dans les mâles, et les autres ca- ractères que nous avons signalés plus haut, distin- guent donc seulement cette famille.
Les Acinopes renferment quelques espèces qui offrent peu de différences entr'elles. Nous nous con- tenterons de décrire celle qui a servi de type à ce genre.
l'acinope a pieds bruns. (PI. 1, fig. 1.) Acinopus pictpes. Oliv. '^.
Tout le corps de cet insecte est d'un noir assez brillant: ses antennes et ses tarses sont ferrugineux,
1. Scarites pictpes, Ent., l. III, n." 36, pag. 12, pi. 1, fig. 7. — Aci- nopus megacephalus , Dcj. Spcc, i. IV, pag. 33 ; et Icon., pi. 174, fig. i
IIARPALIDES. 7
ainsi que les bords de sa lèvre et ses palpes. Son cor- selet, un peu plus large en avant qu'en arrière, est un peu échancré au bord antérieur, et muni, sur les côtés et en arrière , d'un bord un peu relevé : ses angles antérieurs sont avancés, et ceux du bord opposé sont arrondis. On distingue sur les élytres des stries peu profondes, mais cependant bien marquées, et dans les- quelles on aperçoit une ponctuation très fine ; l'avant dernier intervalle des stries présente, vers le bout, plusieurs gros points enfoncés.
Cet insecte est répandu dans le midi de la France , en Italie, en Autriche, et on le trouve quelquefois aussi aux environs de Paris ; il se rencontre encore en Grèce et en Barbarie. Sa longueur est de six à sept lignes, et sa largeur de deux et demie à trois.
Observation. Cette espèce a été figurée et décrite dans plusieurs ouvrages , sous les noms de Harpalus et d'Jcùwpus Megaceplialas, que l'on attribuait à Fabri- cius. M. le comte Dejean a partagé aussi cette manière de voir, à l'exemple de Latreille, mais c'est à tort, et en voici la raison : Fabricius avait décrit , sous le nom de Carabiis Megacephalus^ dans son Systema Eleuthe- ratoram, un insecte qu'il plaça d'abord avec les Sca- rites, sous celui de Sabidosus, dans son Entomologie systématique; s'étant aperçu depuis que ce n'était pas un Scarite , il le transporta parmi les Carabes , et fut obligé d'en changer le nom, pour ne pas faire un double emploi avec celui deSabulosuSj,qu."û avait appli- qué à une autre espèce, mal à propos d'ailleurs, puis-
— Voyez, pour les autres espèces, ces derniers ouvrages, et de plus celles que nous avons décrites dans l'expédition de Morée, en y joignant le Zci- brus aniinophilus du même ouvrage.
8 COLÉOPTÈRES-PENTAMERES.
qu'elle avait été désignée par Linné sous celui de Livi- dus'^. Mais en opérant ce changement, Fabricius ne s'aperçut pas que Rossi, dont il ne consulta pas les ou- vrages, avait décrit un Megacephdlus différent du sien. Les entomologistes qui sontvenus après lui, ne prirent pas garde à cette première erreur, et regardèrent comme le même insecte celui décrit par Fabricius et celui que fit connaître Rossi. M. Dejean les distingua cependant , mais accordant sans raison la préférence à Fabricius, qui était le moins ancien, il changea en Buceplialus, le Megacephalus de l'auteur italien, et re- garda comme l'analogue de l'espèce de Fabricius, celle qu'Olivier avait publiée sous le nom de Picipes, et qui était différente de l'une et de l'autre. M. Schonherr, dans son Synonymia Insectorurrij reconnut que celle de Fabricius était difîérente , et la nomma Obesus ^. Aucun des auteurs que nous venons de citer, n'a bien compris ce qui semble résulter de cette discussion. L'espèce que nous venons de décrire doit garder le nom de Picipes, puisqu'elle ne correspond à aucune des deux autres. Celle de Rossi doit conserver celui de Megacephalus , puisqu'il est antérieur au nom de Fabricius; et enfin, l'insecte décrit par ce dernier au- teur, et qui est propre au nord de l'Afrique, doit re- prendre son premier nom de Sabulosus., qui n'offre plus d'inconvénient dans un genre où il le porte seul. Immédiatement après les Acinopes, doivent se pla- cer les sous-genres qui ont comme eux les antennes filiformes. Tels sont :
1 . Elle appartinnt aujourd'hui au genre JVebria.
2. Syn lus., l. I, pag. 291.
IIARPALIDES. 9
1.° LES EUCÉPHALES. Eucepliulus. LaP. *.
Qui n'en difîerent que par l'absence totale de dent au menton; ils leur ressemblent tellement sous tous les autres rapports , qu'on peut les regarder comme des Acinopes en miniature. La seule espèce connue est,
l'eucéphale du cap. Eucephalus Capensis. Lap. ^.
11 est d'un noir brillant comme les Aciaopes. Les bords de sa lèvre supérieure, ses palpes, ses antennes et ses pattes sont rougeâtres. Son corselet est un peu plus large en avant qu'en arrière ;, et entouré d'un re- bord très étroit et relevé : il a les angles antérieurs avancés , et les postérieurs à peine saillans. Les stries de ses élytres sont assez profondes.
Ce joli insecte vient du cap de Bonne-Espérance. Sa longueur est de trois à quatre lignes, et sa largeur d'une et demie environ.
2.° les amblygnathes. — Amhlygnathus. Dej. ^.
Ils ont , comme les précédens , l'échancrure du menton sans dent, mais leur lèvre supérieure n'est plus quadrilatère comme dans les Acinopes : elle est, au contraire, plus large que longue et très peu échan-
1. Etym, £v, bien , beau; xscpa», tète.
2. Elud. Entom., pag. 66, pi. 2, fig. 5.
3. Etytii. iju|3AÙç, énioussc; yiàd^^, niàchoiic.
10 COLEOPTÈRES-PENTAMÈRES.
crée. Leur tête est plus volumineuse que leur cor- selet; ce dernier est plat et rétréci aux extrémités; leurs ély très sont aplaties. Le type de ce sous-genre est,
l'amblygnathe a grosse tète. (PI. 1, fig. 2.) Amblygnatlius ccplialotes. Dej. *.
Sa couleur est un noir brillant, mais ses antennes et ses palpes sont ferrugineux. Il a la tête élargie avant les yeux, et marquée de chaque côté d'une impression oblique. Son corselet présente deux lignes en travers au côté antérieur, et deux enfoncemens ou dépres- sions profondes au côté opposé : il est entouré d'un rebord étroit, excepté en avant où il est un peu échan- cré; ses angles antérieurs sont un peusaillans, et les postérieurs sont à peine marqués. Les stries de ses élytres sont profondes, et paraissent tout à fait lisses, ainsi que leurs intervalles qui sont très élevés.
On trouve cet insecfe à Cayenne. Il a cinq lignes de longueur, et deux et un quart de largeur.
5." les platymétopes. — Platymetopus. Dej. ^.
Ces insectes sont plus plats encore que les Am- blygnathes, et n'ont pas la tête plus large que le cor- selet. Leur lèvre supérieure est carrée, plus étroite en avant , et un peu éch'ancrée. Leur menton est aussi dépourvu de dent. Ils ont le corselet échancré au
1. Spec, t. IV. pag. 63; et Icon., pi. i;5, fig. 2. — Voyez, pour les autres espèces, le même ouvrage, et de plus le tome II des Annales de la Soc. Eiiiom. de France.
2. Éiym. TTAotîVî, large; ,y.érw7rov , fioiii.
II AU TA. LI DE s. 1 1
bord antérieur, et un peu plus étroit en arrière. L'une des espèces connues est,
LE PLATYMÉTOPE REVÊTU.
Platymetopus vcsdtus ^.
Tout son corps est, en dessus, d'un vert bronzé obscur, et revêtu d'un duvet court et serré, qui lui donne un aspect soyeux. La surface de sa tête et de son corselet est finement ponctuée : celle de ses ély- tres l'est également, et présente en outre des stries dont les intervalles sont alternativement plus étroits et plus élevés. Le dessous de son corps et ses antennes sont d'un brun foncé , mais la base de ces dernières est jaune ainsi que les pattes. Ses tarses et le bord inférieur de ses élytres sont un peu ferrugineux. Les angles de son corselet sont assez saillans, surtout ceux du bord antérieur : ses côtés sont arrondis et munis d'un bord un peu relevé.
Le Sénégal est la patrie de cet insecte , qui a quatre lignes de longueur et une et demie de largeur.
4.° LES BARYSOMES. — Burysomus. Dej. -.
Ainsi que les deux sous-genres précédens, celui-ci a les mandibides peu saillantes et presque entièrement cachées par la Ihvre supérieure. Cette lèvre est très courte et plus large que longue. Le menton est dépourvu de dent. Ce qui peut faire reconnaître les Barysomes,
1. Spec, t. IV, pag. 76. — Voyez, pour les autres espèces, ce même ouvrag;c.
2. Etyui. /3«çv^ , lourd; sw^u., corps.
12 COLÉOPTÈRES-PENTAMÈRES.
c'est qu'ils ont le chaperon fortement échancré. En outre , leur corps est large , épais ; leurs élytres sont en carré long, et leur corselet est fort court et beau- coup moins long que large. Le type de ce sous-genre est,
LE BARYSOME d'hoPFNEK.
Barysomus Hopfneri. Dej. *.
Sa couleur est un bronzé très-obscur, et le dessous de son corps est d'un brun presque noir. Ses pattes et ses antennes sont un peu plus claires, et ces dernières ont la base d'un jaune légèrement ferrugineux : cette couleur est aussi celle des palpes. Les angles de son corselet sont très peu saillans, et les stries de ses ély- tres sont lisses et assez marquées : l'intervalle qui sépare la seconde strie de la troisième présente vers le bout deux points enfoncés.
Ce singulier insecte vient du Mexique. Sa longueur est de plus de quatre lignes, et sa largeur de deux.
5." LES cratognathes. — Cratognathus. Dej. ^.
Ce sous-genre est le dernier de ceux à antennes filiformes; il a un peu de l'aspect du suivant, mais il en diffère par sa forme aplatie. Les articles de ses an- tennes sont un peu courts, et son menton est dépourvu de dent. Sa lèvre supérieure est plus large que longue, et un peu échancrée. Ses mandibules sont saillantes
1. Spec, t. IV, pag. 57 5 et Icon., pi. 176, fig. i. — Voyez, pour les autres espèces, ce même ouvrage, et, d'ap.-ès M. Zimmermann, les Amans décrites par M. Mac-Leay dans les Annulosu Jayanica,
2. Étym. xçatrîç , fort; y^â^n > màchoiic.
IIARPALIDES. K>
et aiguës. Son corselet est rétréci avant le bord pos- térieur. L'espèce la plus connue est,
LE CRATOGNATIIE A GROSSES MANDIBULES. (PI. 1 , fig. 3.)
Cratognallius mandibiikiris. Dej. ^.
Sa couleur est un noir brillant, avec les pattes, les antennes et les palpes d'un jaune rougeâtre; les bords de sa lèvre sont ferrugineux. Sa tête est marquée de deux impressions profondes. Son corselet présente en arrière , de chaque côté , un enfoncement alongé , très marqué et ponctué : ses angles postérieurs sont saillans. Les stries de ses élytres sont assez profondes et lisses , ainsi que les intervalles qui les séparent.
Cet insecte, que M. le comte Dejean donne avec doute comme originaire de Buenos-Ayres, a été rap- porté du cap de Bonne-Espérance par M. Delalande, voyageur du Muséum. Il a quatre lignes de longueur, et une et demie de largeur.
Tous les sous-genres qui suivent ont les antennes moniliformes.
6.° LES D APTES. ~ DuptllS. FiSCH. ^.
Ces insectes, et ceux qui composent le sous-genre suivant , se distinguent de tous les autres par leur menton dépourvu de dent. Leur tèvî^e supérieure est en carré moins long que large et un peu échancré. Leurs mandibules sont très saillantes. Ils ont le corps
1. Spec, t. lY, pag. 48j et, Icon., pi. 173, fig. 5. — Une autre espèce est décrite et figurée sous le nom de Scaritides , dans le Delectus Anim. articiil. par M. Perty.
2. Etyra. (TaTrlu , dévorer.
lH- GOLliOl^TERES-PENTAMERES.
alongé , peu bombe , le corselet rétréci en arrière , avec les quatre angles bien marqués. Leur tète est moins large que le bord antérieur de leur corselet.
LE DAPTE A BANDES. (PI. 1, flg. 4-)
Daptus vitlatus. Fisch. ^.
Son corps est d'un brun foncé , quelquefois ferru- gineux sur le corselet. Ses palpes, ses antennes et ses pattes sont d'un jaune plus ou moins foncé. Ses élytres sont aussi de cette même couleur, et présentent cha- cune, sur le disque, une grande tache alongée et brune, qui varie dans ses dimensions ; leurs stries sont assez profondes et lisses. Le corselet est garni , sur les côtés, d'un rebord assez large, et qui se remarque surtout vers les angles.
On le trouve dans quelques parties de la Russie, en Sibérie, en Autriche, dans le midi de la France et en Egypte. Il habite de préférence le sable humide. Sa longueur est de trois à quatre lignes, et sa largeur d'une à une et demie.
7.° LES AGONODÈKES. — A gouoderus. Dej. 2.
Ils diffèrent des Daptes par la forme de leur Ihre supérieure qui est plus courte et sans échancrure ; par leurs mandibules moins saillantes et plus obtuses; par la forme de leur corselet qui est en carré à peine ré-
I . Enloin. de la Russie , t. II, pag. 38, pi. 4^ , fig- 7- (C'est le même que le D. pictus , pag. 36, pi. 26, fig. 2.) — Dej. Spec., t. IV, pag. 19; et Icon., pi. 172, fig. 5. — Voyez ces derniers ouvrages pour une seconde espèce de ce sous-genre.
2. Étyni. a, privatif, ym'ta.-, angle ; cTÉç)- , col. — Syn. Carabus, Fah.^ Feronin, Say.
IIARPALIDES. l5
tréci en arrière , et dont la partie antérieure est de la largeur de la tête. Les angles du corselet sont en gé- néral peu saillans. Le type de ce sous-genre est ,
l'agonodère a petite ligne. (PI. i,fig. 5.) A gonodcrus lineola. Fab. '^.
Tout son corps est d'un jaune un peu obscur, en y comprenant même les pattes antérieures et les palpes. Sa tête est marquée en dessus dune petite bande noire placée en travers. Son corselet présente au mi- lieu deux points de la même couleur, et les deux impressions de son bord postérieur sont également noires dans le fond. Chacune de ses élytres est ornée en long d'une bande noire, qui s'étend de la première à la quatrième strie, et qui est bifurquée en avant. Les stries des élytres sont peu profondes, et leurs in- tervalles sont lisses : les impressions du bord posté- rieur du corselet sont ponctuées, et ce dernier est muni sur les côtés d'un bord relevé ; ses angles posté- rieurs sont tout-à-fait arrondis.
On trouve ce joli insecte dans l'Amérique du Nord. 11 a trois lignes et demie de longueur, et une et de- mie de largeur.
8.° LES PARAMÈQUEs. — Paî^amecus, Bej. ^.
Ces insectes ont encore la lèvî^e supérieure plus courte que dans les Agonodères, et sans échancrure
1. Carabus lineola , Entoin. Syst., t. I, pag. i55. — Dej. Spec, t. IV, png. 5i 5 et Icon., pi. iy3, fig. 6. — Voyez, pour les autres espèces, ces der- niers ouvrages.
2. Etynï. Trapa^H/cHî, oMoiig.
l6 COLÉOPTÈRES-PENTAMEllES.
bien marquée. Leur menton est denté comme dans le sous-genre suivant. Les articles de leurs antennes sont très courts. Leurs mandibules sont courtes et obtuses. Ils ressemblent à de petits Acinopes , par leur forme alongée et cylindroide ; mais ils en diffèrent par leur corselet qui est un peu plus étroit en arrière, et dont les angles sont saillans.
LE PARAMÈQUE CYLINDRIQUE. (PI. l,flg. 6.)
Paramecus cylindricus. Dej. *.
Sa couleur est un brun très foncé, avec un léger reflet d'un vert obscur sur les élytres ; ses palpes et ses antennes sont ferrugineux. On remarque , de chaque côté de la tête, en dedans des yeux, une impression inégale et très profonde. Son corselet, à peu près carré et plus étroit en arrière, présente aussi, de chaque côté, vers les angles postérieurs, un petit enfoncement qui paraît lisse. Ses élytres ont des stries peu profondes et tout-à-fait effacées sur les côtés.
Cet insecte se rencontre à Buenos-Ayres et à Monte- Video. Il a cinq lignes de longueur, et un peu moins de deux de largeur.
9.° les cratacantiies. — Cratacanthus. Dej. 2.
Ils sont plus larges et plus convexes que les précé- dens. Leur corselet est rétréci avant le bord posté- rieur. Leur Icvre supérieure est carrée et un peu
1. Spec, t. IV, pag. 44» et Icon., pi. i^3, fig. 4- — Voyez, pour les au- nes espèces, le premier ouvrage et les Etudes L^iiloui. de M. de Laporte.
2. Étym. xçiîos, fortj âxa».&a, épine.
HARPALIDES, 1 T
i'chàncrée. Leur menton présente une dent très sail- lante , pointue et aussi longue au moins que les lobes latéraux. On n'en connaît qu'une espèce,
LE CRATACANTHE DE PENSYLVANIE.
Cralacantluis Pensylvaniciis. Dej. '^.
C'est un insecte d'un brun très foncé et brillant^ avec la lèvre, les palpes, les antennes, les pattes et le bord inférieur des élytres d'un brun rougeâtre. Son ventre est plus ou moins de cette dernière couleur. Son corselet est marqué , vers le bord postérieur et surtout aux angles , de points enfoncés profonds : il est entouré d'un bord élevé comme le précédent, et ses angles postérieurs sont aigus et saillans. Ses élytres sont larges , assez courtes et marquées de stries pro- fondes.
On le trouve dans le nord de l'Amérique, et en particulier aux Etats-Unis. Il a environ quatre lignes de longueur, et deux de largeur.
Observations. i.° Il nous reste à faire connaître trois sous-genres que nous n'avons pas vus en nature , et qui sont décrits dans le Species de M. le comte Dejean. Ce sont les CratocèreSj, les Somoplates et les Axinotomes. Ce dernier peut être facilement reconnu à la forme triangulaire du dernier article de ses palpes. Il a l'aspect d'un Harpale, le menton muni d'une dent simple , les quatre premiers articles des tarses antérieurs plus élargis, dans les mâles, que les intermédiaires , et les antennes filiformes. Il ne
I . Spec, r. IV, pag. 4i ; el Tcon., pi. i yS, fig. 3.
1^SECTES. V. 2
l8 COLÉOPTÈRES-l'ENTAMERES.
comprend qu'une espèce qui se trouve au Sénégal. Lés deux autres sous-genres ont les antennes courtes et moniliformes ; dans tous deux , l'élargissement des tarses antérieurs des mâles est peu prononcé. Les Cratocères ont le dernier article des palpes maxillaires presque pointu ; il est tronqué dans les Somoplates. La lèvre supérieure est presque carrée dans les pre- miers, et semble plus courte dans les derniers ;l'e men- ton est denté dans les uns et les autres. Le corps des Cratocères est épais; celui des Somoplates, au con- traire , est aplati comme l'indique son nom : ces der- niers se trouvent au Sénégal, et les autres au Brésil. On ne connaît qu'une espèce de chacun de ces deux groupes.
N'étant pas à même de placer dans la série ces trois sous-genres, sur la seule description de l'ouvrage cité, ni sur la vue des figures de l'Iconographie, nous nous trouvons forcé de ne pas les faire entrer dans nos ta- bleaux. Les Axinotomes nous semblent devoir faire partie de la famille des Harpaliens ; mais il faudrait avoir vu le dessous de leurs tarses pour les placer d'une manière convenable : les deux autres se rapportent probablement à famille des Acinopiens.
2." Avant de passer à la cinquième race des Cara- biques , nous devons présenter quelques détails sur les habitudes et les métamorphoses d'une larve qui , selon l'opinion de Latreille , est celle d'une Féronie ^ ; mais que l'on pourrait aussi bien rapporter à un Har- pale , tant la figure qui a été donnée de l'insecte par- fait est peu propre à le faire reconnaître. Aussi plaçons-
1. Hist. nalur. des Crustacés et des Insectes, t. VIIT, pag. 32;. — Car. lencophthalinu.i ou striola, Tah.
HARPALIDES. 1 1)
nous, après les trois races des Féronides, desChla^nides et des Harpalides, les détails que nous allons présenter , parce qu'il semble que les habitudes de ces insectes sont à peu près analogues dans leur premier état, comme elles le sont dans le dernier.
Les renseignemens que nous possédons sur cette larve sont dus à Goedart, observateur hollandais, qui vivait au commencement du dix-huitième siècle, et qui a publié trois volumes d'expériences sur les habitudes des insectes, sous le titre Ae Métamorphoses naturelles'^. Il la nomme d'abord ^ ver destructeur des chenilles , et ailleurs, le mange-œufs des grillons ^. Voici à peu près comment il décrit ses manœuvres et la forme de son corps.
Ce ver est l'ennemi des chenilles dont il se rend aisément le maître. Portant au-devant de la tête deux mandibules qui forment , lorsqu'elles sont fermées , une sorte d'anneau, il s'en sert pour attraper adroi- tement les chenilles qu'il saisit par le ventre , de ma- nière à y rester attaché. Celles-ci se sentant blessées, se tourmentent beaucoup, se tournent de côté et d'autre pendant que le ver reste tout-à-fait immobile et ne se donne pas plus de mouvement que s'il était mort. Plus les pauvres chenilles se démènent, plus elles ouvrent leur plaie; et quand le ver a lûché prise, l'endroit qu'il a saisi s'enfle aussitôt, ce qui paraît dû au venin qu'il y a laissé. Il est d'un jaune luisant « et beau à merveille » , mais sorti de terre, il ne vit que deux jours. Aussi est-on obligé de ly remettre , et il ne tarde pas à reprendre ses forces. Il
1 Ou Histoire des Insectes, Amsterdam, in-ia, lyoo. 7.. Tom. I , pag. I 12. 3. Tom. 11, pag. 79-
20 COLEOPTERES-PENTAMERES.
endure aisément le froid, et se rencontre dans la terre par la température la plus basse. Ce n'est qu'au bout de deux ans qu'il arrive à l'état parfait : pendant la première année , sa couleur est verte et « blafarde » , plus vive sur la tête et pourprée sur le reste du corps ; l'année suivante, il devient noir comme de la poix, et paraît plus « méchant » qu'auparavant , car il attaque non-seulement les chenilles , mais aussi les autres in- sectes qu'il combat à outrance, surtout si on l'a laissé pendant deux jours sans nourriture. Lui présente-t-on , continue Goedart, des œufs de fourmis ou de taupes- grillons , qu'il appelle taupe-grillets , il les saisit avi- dement, et en suce toute la substance. Mais ces mêmes taupes-grillons sont aussi pour lui des ennemis redou- tables : ils lui tendent des embûches en creusant la terre autour de sa retraite, et finissent par s'en em- parer.
Arrivé à l'époque de sa transformation en nymphe, le ver change de peau pour la première fois seule- ment , et devient de couleur blanchâtre ; ce qui est dû à la pellicule qui recouvre les organes déjà indi- qués de l'insecte parfait. Restant alors sans mouve- ment pendant près de deux mois, il se tient solide- ment fixé à une petite motte de terre qu'il a formée lui-même.
Autant qu'il est permis d'en juger par les figures très imparfaites qui accompagnent cette relation^, la larve a six pattes attachées , comme d'ordinaire , aux trois premiers segmens du corps qui suivent le
I. Toin. I, pi. 66, cl toni. If, pi. ig. C'est clans cette dernière planche (|ue la larve est représentée avec le plus de vraisemblance, et que se trouve la figure de l'insecte p.nrfait.
HAUl'AUDES. 21
premier ou la tête ; le dernier est bifurqué ou muni de deux appendices assez courts. Ses mandibules, que Goedart appelle crochets , sont conformées comme nous le verrons plus bas au sujet des Pro- crustes. Tout son corps est de consistance cornée et de couleur jaunâtre , la tête seule est plus foncée et presque brune. Mais il paraît , d'après ce que nous avons rapporté , que le corps en entier devient noir, ce qui probablement a lieu peu de temps après sa sortie de l'œuf.
Comparons maintenant la forme et les habitudes de la larve que nous venons de décrire, avec celle du sous-genre des Zabres , dont nous avons parlé dans le tome précédent. C'est à M. Germar que nous emprun- tons ce que nous allons en dire. Il en a donné une figure qui a été reproduite dans la Faune allemande de M. Sturm ^. Ainsi que la précédente , cette larve vit dans la terre, où elle se creuse des tuyaux qui ont au moins six pouces de profondeur, et qui ne descendent en ligne droite qu'après avoir formé un coude. Mais , au lieu de se livrer, comme elle, à la chasse des che- nilles, des œufs d'insectes, et autres matières ani- males, elle ne s'attaque qu'aux plantes, et surtout à celles de la famille des graminées : voici donc des habitudes très différentes entre deux insectes d'une tribu qui semble composée seulement d'espèces car- nassières. Cette larve se cache tout le jour, et ne sort que la nuit ; c'est alors qu'elle mange les tiges des végétaux en se dirigeant vers la moelle qu'ils ren- ferment. Elle semble ne vivre que de céréales , tels que le blé , l'orge , le froment. On avait remarqué
X. V«y<z Germar, Mag. d'Entomologie, 1. 1, pi. r.
22 COLEOPTÈRïiS-PENTAMÈRES.
que des champs de céréales avoisinés par d'autres, plantés de pommes de terre et autres plantes potagè- res , avaient été préservés dans une saison oà ces larves se montrèrent en très grand nombre ; mais on fit depuis l'observation que des blés , mêlés avec ces mêmes plantes avaient néanmoins été ravagés.
11 paraît que cette larve met trois ans à subir ses transformations. Elle a plus d'un pouce de longueur dans son état le plus avancé. Sa forme est la même que celle de la précédente, et sa couleur un jaune brun, avec les côtés plus pâles. Elle a la tête munie de deux fortes mandibules, six pattes écailleuses , atta- chées aux trois premiers anneaux du corps, et les côtés de chacun des segmens de son corps garnis d'une touffe de poils. Le dernier segment est divisé en deux dans une partie de sa longueur. On aperçoit , à la tête, les rudimens des différentes parties de la bouche de l'insecte parfait.
C'est dans une cavité ovalaire, située au bout d'un des tuyaux dont nous avons parlé , que la larve passe à l'état de nymphe. Elle y reste environ pendant trois ou quatre semaines: au bout de ce temps, elle en sort sous la forme d'insecte parfait, tel que nous l'avons décrit, sous le nom de Zabre bossu (tom. IV,pag. 388). Celui-ci continue à se nourrir de \*égétaux, comme dans la première période de sa vie. Il se cache , pen- dant le jour, sous la terre et les pierres, dans les champs plantés de céréales, et se répand la nuit sur les tiges, le long desquelles il grimpe pour aller dévo- rer les grains. Il paraît que la femelle pond un très grand nombre d'œufs, ce qui occasionne les grands ravages qui sont quelquefois causés par cet insecte.
IIARPALIDES. -20
INous n'avions pas connaissance des détails que ren- ierme le Mémoire de M. Germar, inséré en allemand dans le tome I" de son Magasin d'Entomologie, lorsque nous avons présenté l'histoire du sous-genre des Za- bres. Aussi nous adoptions l'opinion de M. Stéphens, qui pense que ces insectes ne montent sur les grami- nées que pour y dévorer d'autres animaux de la môme classe. Mais lorsque l'on voit la larve se nourrir de végétaux, on ne peut plus être étonné que l'insecte parfait conserve les mêmes habitudes. M. Germar a observé que lorsqu'on renferme ensemble plusieurs in- dividus de cette espèce , et qu'on les nourrit de grains, ils ne s'attaquent pas entre eux; mais si on les laisse manquer de nourriture ils s'entre-dévorent. Ils ne sont donc carnassiers, que lorsqu'ils ne peuvent se nourrir de substances végétales.
5. ° Nous présenterons également ici quelques détails sur la manière de vivre des Amares , sous-genre que nous avons fait connaître dans le volume précédent (pag. 589). Nous en emprunterons la traduction faite par M. Silbermann, dans le deuxième volume de sa Revue Entomologie/ ue , d'après la Monographie publiée par M. Zimmermann, et dont nous avons donné un extrait dans l'Appendice joint au volume précédent (pag. 473).
« L'apparition des Amares coïncide, en général, avec l'arrivée de la saison chaude; en automne, ces insectes disparaissent et prennent leurs quartiers d'hiver. Dans les pays méridionaux, ils se montrent plutôt que dans le nord ; cependant M. Zetterstedt assure qu'il les a vus courir gaiement sur la neige, môme avant les chaleurs de l'été.
24 COLÉOPTÈRES-PENTAMÈRES.
» L'accouplement a lieu, en général, dans les pre- miers mois du printemps, et les individus nouvelle- ment éclos se montrent peu après la Saint-Jean, huit ou douze semaines après l'accouplement. J'ai trouvé souvent, à la fin de juin et au commencement de juil- let, de jeunes Amares^ dont le corps était encore très mou, et l'abdomen couleur de rouille; ils devaient donc avoir quitté depuis peu l'enveloppe de nymphe. Ces espèces existent durant l'été; on trouve avant la Saint-Jean de vieux individus qui ont hiverné. Après cette époque , ceux qui se rencontrent sont presque tous des jeunes, qui pour la plupart ont passé l'hiver.
» Mais il ne faut pas croire que toutes les espèces de ce sous-genre ont besoin d'un temps égal pour opérer leurs métamorphoses; car, quoique la plupart d'entre elles se rencontrent pendant tout l'été , il en est d'au- tres qui ne sont répandues qu'au printemps , et plu- sieurs n'apparaissent en grand nombre qu'en automne. Il semble donc que beaucoup d'espèces, sinon la plu- part, ne se propagent qu'une fois l'an, parce qu'il leur faut plus de temps pour accomplir leur transforma- tion, tandis que d'autres produisent deux générations pendant la même année.
» Cependant la durée de la vie de ces insectes, de- puis leur sortie de l'œuf jusqu'à l'époque de leur mort, ne dépasse guère l'espace d'une année; pour quelques espèces, elle est assurément plus courte. Celles qui n'apparaissent qu'à la fin de l'été, s'accou- plent ordinairement encore en automne, et d'autres seulement au printemps suivant : elles ont passé les quatre ou cinq mois de l'été précédent à l'élat de lar-
1. .'1 sprata, Cri^ialis etjainiliuris.
HARTALIDES. 25
VOS OU de nymphes; mais les espèces qui se monlrent principalement au printemps, et ne s'accouplent qu'à cette époque, ont vécu pendant l'été précédent sous la forme de larves, et hivernent sous celle de nym- phes, ou déjà même sous celle d'insectes parfaits. En- fin , les espèces qui donnent deux générations dans l'année, se métamorphosent d'abord en juin et juillet, puis encore en septembre et en octobre. Avant ces époques, on les trouve à l'état parfait, c'est-à-dire, pour la première fois en avril et mai, et pour la se- conde, en août.
» Il faut remarquer, du reste, que le climat, le temps et la nourriture ont de l'influence sur le développe- ment plus ou moins rapide , et peut-être même sur une première et une seconde génération de ces insectes.
» Je vais rapporter ici un cas tout particulier. En i85o , vers le milieu d'avril , je trouvai près de Berlin, dans les sables, sous des feuilles mortes, plusieurs Amares^ très bien développées; elles devaient donc déjà avoir vécu l'année précédente sous la forme d'insectes parfaits, ou avoir subi leur dernière méta- morphose sous terre pendant l'hiver.
» Yers la fin de juin , je trouvai au même endroit , parmi plusieurs vieux insectes, des larves de cette es- pèce, et de jeunes insectes; mais ces derniers n'avaient pas encore leur véritable couleur, ils étaient en général très mous et ne pouvaient être que des descendans de ceux que j'avais pris au mois d'avril. Un voyage m'em- pêcha d'observer plus long-temps cette jeune nichée , et j'ignore si ces individus s'accouplent déjà pen-
1 . A. modesla , Dej.
20 COLÉOPTÈRES-PENTAMÈRES.
dant l'été, s'il en provient encore des larves, ou bien s'ils ne sont en état de se reproduire qu'au printemps suivant. Mais, en raisonnant par analogie, il est probable que ces insectes s'accouplent quelques semaines après avoir acquis leur parfait développement, c'est à-dire au mois d'août. J'ai vu , en effet , à cette époque , des individus jeunes , à la vérité , mais qui étaient entiè- rement développés , et qui semblaient , par consé- quent, aptes à la reproduction. Il est , du reste, hors de doute que des individus développés dès les mois de juin ou juillet , ne s'accouplent pas dans la même année; ils hivernent alors, s'ils n'ont pas trouvé l'oc- casion de s'accoupler avant les froids. Ce qui prouve , du reste, que l'accouplement n'a pas toujours lieu à temps, c'est qu'aux mois de juillet et d'août, j'ai trouvé à des endroits éloignés l'un de l'autre de soixante lieues, parmi des insectes de cette espèce qui étaient parfaitement développés , plusieurs individus qui ve- naient d'éclore , et qui ne pouvaient être que le résul- tat d'un accouplement plus tardif.
» Les œufs ne parviennent à leur maturité que plu- sieurs jours après l'accouplement : ils font alors gon- fler le ventre de la femelle. Celle-ci les dépose sous des pierres, ou dans la terre, à peu de profondeur. Les larves en sortent bientôt, changent de peau une fois, et atteignent ordinairement, avant leur métamorphose, une longueur double de celle de l'insecte parfait. Mais toutes ces larves se ressemblent tellement qu'il est fort difficile de distinguer les espèces. Elles ont la même forme générale que celles des Zabres et des Pœciles*. Le développement de la plupart de ces espèces, de-
1. Ccsl uni' (.livisioii du genre réronic.
IIARPALIDES. 27
puis l'état d'œul" jusqu'à celui de nymphe, ne dure guère que de six à huit semaines. Elles ne restent que la moitié de ce temps à l'état de nymphe ; mais les insectes parfaits peuvent vivre plus long-temps , sur- tout si l'accouplement est retardé. Ils meurent bientôt après avoir rempli cette fonction.
» Les Amares se tiennent ordinairement pendant le jour dans la terre, sous la mousse, sous l'herbe et sous les pierres; elles quittent leur retraite à l'entrée de la nuit pour se livrer à la recherche de leur nourriture , et à l'acte de l'accouplement. Il est vrai qu'on les voit aussi courir au soleil , mais il paraît qu'il faut plutôt en attribuer la cause au hasard qu'aux habitudes de ces insectes. Une forte pluie les chasse aussi de leurs retraites, et on les voit alors quelquefois s'agiter dans des flaques d'eau , avec d'autres Carabiques. Il est des espèces qui préfèrent les contrées sèches et sablon- neuses ; d'autres , des terrains argileux et humides : de là vient qu'on en trouve plusieurs répandues au loin, mais toujours dans des localités appropriées à leur genre de vie. D'autres, enfin, se tiennent indis- tinctement dans des endroits secs ou humides.
» Les substances végétales forment la principale nourriture des Amares. Plusieurs semblent préférer les blés ^. Mais elles se nourrissent aussi de la moelle des graminées, de racines succulentes , et même de larves et de nymphes d'autres insectes, lorsqu'elles sont assez fortes pour s'en emparer. Elles mangent beaucoup ; haïr ventre gonflé lorsqu'elles ont pris de la nourri- ture, le prouve sufîisamment.
') Les espèces qui ont des ailes s'en servent, mais ra-
I. Telles sont les jf. liisciispidala, trivialis, commuais et familiaris.
28 COLÉOPTÈRES-PENTAMÈRES.
rement. On les voit quelquefois voler lorsque le temps est beau, et surtout pendant le crépuscule. On peut, en les effrayant , les faire voler facilement; par exem- ple, en les plaçant dans un verre que l'on bouche et que l'on expose ensuite à une forte chaleur. Ces in- sectes sont, en général, agiles, et courent avec assez de rapidité. Cependant, quelques espèces sont lentes, et en particulier celles de la division des Percosies*.
» Les Amares ne se trouvent guère que dans l'hémi- sphère septentrional de la terre 2, et seulement dans les zones tempérées et froides. Je ne connais du moins aucune espèce qui vienne des contrées méridionales. Les naturalistes voyageurs confirment cette opinion ; Eschscholtz qui , dans ses voyages autour du monde a eu occasion d'observer ce fait, me l'a assuré positi- vement dans ses lettres. A peine trouve-t-on quelques Amares dans les contrées septentrionales de la zone torride, et, dans ce cas, le climat des pays où elles se rencontrent se rapproche de celui de la zone tem- pérée ; telles sont les plaines élevées des montagnes du Mexique , sous une latitude de dix-huit et dix-neuf degrés.
» Du reste, la patrie des Amares est très étendue, car on les rencontre dans toute l'Europe et dans le nord de l'Afrique, de l'Asie et de l'Amérique. Quelques es- pèces sont extrêmement répandues, et se trouvent, non-seulement chez nous, mais aussi à Maroc, et en Asie, sur une étendue de mille milles géographiques '■. Plusieurs autres , qui se rencontrent dans diverses
i. Voyez le volume précédent, pag. 474-
3. Les Antaiciics les représenlent cependant dans riiémisphère opposé.
3. jé. triwialis.
SCARITIDES. 2q
contrées de l'Europe, existent aussi dans l'Amérique septentrionale '^. »
Nous ferons remarquer, en terminant les intéres- santes recherches de M. Zimmermann, que les habi- tudes des Amares, leur nourriture et leurs transfor- mations, ont les plus grands rapports avec celles des Zabres, étudiées par M. Germar. Ces insectes forment donc, au milieu des Carnassiers, une famille toute herbivore, que le défaut d'observations empêche de limiter avec certitude. Néanmoins, cela nous confirme dans l'opinion que nous avions déjà conçue , que les Zabres, les Amares, et, si l'on en juge d'après l'oro^a- nisation, puisque leurs mœurs nous sont inconnues, les Abaris, les Rhathymes, les Strigies et les Hétéra- canthes, doivent former une famille particuHère sous le nom de Zabriens. Leur corps est plus large , l'épe- ron inférieur de leurs jambes de devant plus court et plus épais, leurs mandibules sont moins saillantes que dans les Féroniens , dont les goûts semblent carnas- siers , si la larve décrite par Goedart se rapporte réel- lement à un insecte de celte famille.
& e*©«^(*o(e^*e^>a.ç^<^ 0,
CINQUIÈME RACE DES C ARABIQUES.
LES SCARITIDES.
Les insectes compris dans cette division ont aussi reçu le nom de fouisseurs ou fossoyeurs, à cause de
\. A. sprala et palricia.
,)(> COLÉOPTÈRES-PENTAMÈF.ES.
l'habitude qu'ils oui de creuser la terre. Leurs pattes de devant sont élargies à cet effet, et partagées en plusieurs digitations, ce qui leur donne quelques rap- ports avec celles de la taupe. On voit que , les besoins étant les mêmes, l'organisation présente les mêmes particularités, avec les modifications que nécessite la différence des classes. Les insectes connus sous le nom de courtilières ou taupes - grillons , en sont une nouvelle preuve; ils ont aussi les pattes antérieures palmées, parce qu'ils ont besoin de creuser la terre.
Tous les Scaritides ne sont cependant pas dans ce même cas ; ainsi quelques-uns se trouvent sous les écorces des arbres , d'autres se rencontrent sous les pierres. Ceux qui forment la famille dont nous par- lerons- sous le nom de Scaritiens sont les seuls qui méritent le nom de fouisseurs.
Il serait inutile de revenir sur les caractères que nous avons assignés à cette race de carnassiers, à l'ar- ticle des Carabiques. Nous ajouterons seulement que leurs palpes maxillaires sont plus longs que les la- biaux , et que leurs tarses ne sont pas élargis dans les mâles , si l'on en excepte la famille des Morioniens , qui semble devoir être réunie à la race des Féro- nides.
Nous n'avons pas de notions complètes sur les transformations et les habitudes des Scaritides. La- treille ^ semble avoir seul connu la larve d'un de leurs genres, celui des Ditomes. Il dit qu'elle res- semble beaucoup aux larves des Cicindèles, et qu'elle vit de la même manière ; mais il ne nous fait con- naitre aucun ouvrage où elle ait été décrite, et ne
1 . Règne animal de Cuvicr, a.*" éclitiou, t. III, pag. 190.
SCARITIDES. 31
jioiis donne pas d'observations détaillées sur sa ma- nière de vivre. Il ajoute , en parlant de l'insecte parfait, qu'il se retire sous des pierres ou dans des trous cylindriques et assez profonds, qu'il creuse dans la terre ; cette espèce est cependant du nombre de celles qui n'ont pas les pattes élargies et palmées. «Je l'ai vue souvent, dit-il, grimper sur des graminées, en arracher les baies, et les emporter avec ses mandi- bules. » Il ajoute qu'elle n'est pas très agile. Cette espèce, qu'il nomme Bii: épliale, et dont il dit plus bas qu'elle étend son habitation jusqu'aux environs de Paris , ne peut être que celle dont nous donnerons la description sous le nom de Fidvipes. A l'époque où Latreille écrivait ces détails , rien n'était plus incer- tain que la synonymie des Carabiques. Nous avons nous-mêmes , et principalement en Morée , observé des Ditomes , que nous avons toujours trouvés sous les pierres ou courant à terre. Aux environs de Paris, nous avons pris plusieurs fois, sur les plantes, celui dont il vient d'être question. Un groupe de cette famille , celui des Apotomes, se rencontre en compagnie sous les pierres.
Tels sont les renseignemens que nous possédons sur l'une des familles de Scaritides, celle des Ditomiens ; ceux qui concernent la famille des Scaritiens sont un peu plus étendus. Yoici d'abord ce qu'en dit M. Mac- Leay ^ : «MM. Latreille et Dejean, dans les Coléop- tères d'Europe, semblent regarder cette famille (des Scaritides, pour l'auteur anglais) comme composée d'espèces non carnivores. Cette opinion, qui serait si contraire à l'analogie, est détruite par les observations
1. Jlnnulosa Javanica ( édition Lequien ), pag. iil^.
32 COLÉOPTÈRES-PENTAMÈRES.
d'Olivier, et par celles de M. Lefeb«re de Cérisy. Ce dernier naturaliste, résidant à Toulon, a eu beaucoup de facilités pour étudier les mœurs du genre Scarite , et particulièrement celles du S. gigas d'Olivier ; il a trouvé que ces insectes sont nocturnes et carnassiers. Pendant le jour, ils se tiennent blottis dans les trous qu'ils creusent dans la terre, mais la nuit ils sortent et s'élancent sur les diverses espèces de Mélolonthides ou autres, qui se trouvent sur leur passage. »
Dans l'Encyclopédie méthodique, MM. Le Peletier de Saint-Fargeau et Serville, qui ont rédigé le dixième volume de cet ouvrage, et en ont fait un recueil des plus intéressans par le grand nombre de matériaux qu'il renferme, nous donnent aussi quelques obser- vations sur les Scarites : «Ces insectes, disent-ils, vivent dans les terrains sablonneux près de la mer, et dans les creux imprégnés de substances salines. Ils se tiennent dans les zones chaudes des deux mondes , et creusent le sol , où ils se forment des espèces de terriers pour éviter la lumière du jour ; ils en sortent la nuit et vont attaquer d'autres insectes. M. Lefébure de Cérisy nous a assuré qu'il s'était souvent servi du moyen suivant pour prendre le Scarite pyracmon'^. Cet observateur déposait des Hannetons communs dans les endroits où il croyait que cette espèce faisait son ha- bitation, et venait ensuite saisir ces insectes à la lu- mière ; cependant quelques auteurs ayant avancé que les Scarites n'ont point d'habitudes carnassières , il serait utile que les Entomologistes des pays qu'ils ha- bitent pussent bien étudier les mœurs des autres es- pèces de ce genre. Ses larves sont inconnues. »
1. C'est le même que celui dont nous avons parlé sous celui de Gigas.
SCARITIDES. 0,)
M. Lacordaire, c-e voyageur zélé dont nous avons déjà eu souvent à citer les observations sur les ha- bitudes des insectes d'Amérique , a remarqué que les Scarites se trouvent quelquefois sur le bord de la mer, mais plus souvent encore dans les bois, cou- rant à terre ou blottis sous des arbres abattus. Une espèce particulière ^ se distingue des autres en ce qu'elle se rencontre sous les cadavres à demi desséchés, avec divers insectes nécrop/iages. Sa démarche est lourde , et elle fait rarement usage de ses ailes. Ce naturaliste ajoute qu'elle relève sa tête et son cor- selet , lorsqu'on la prend, et qu'elle garde cette posi- tion, môme après sa mort. Cette habitude est com- mune aux autres espèces de ce genre , et rien n'est plus ordinaire que de recevoir des Scarites dans cet état.
Nous avons observé nous-même le Scarite lisse pendant notre voyage en Grèce en 1829. 11 était fort répandu sur la plage de Modon. Ayant remarqué que le sable, dans les endroits mêmes que la mer atteignait quelquefois , était percé d'une infinité de trous circulaires , nous restâmes quelque temps en observation. Quoique ce fût au milieu de la journée , et que le soleil projetât avec force ses rayons sur les sables humides, nous fûmes témoin des voyages fré- quens que cet insecte faisait d'une ouverture à l'autre, et cela sans aucune raison apparente, car il ne trans- portait point de proie. Comme cette manœuvre était un peu monotone, nous essayâmes de découvrir le fond de quelques-uns de ces trous pour y surprendre les habitans qu'ils contenaient, mais la mobilité du
I. Se anthraciniis, Dej. Spec, t. V. pag. 191.
IKSECTES. V. 3
34 COLÉOPÏÈRES-PENTAMÈRES.
terrain nous empêcha d'y parvenir. C'est la seule fois que nous eûmes loccasion de voir ces insectes, mais nous croyons pouvoir en conclure qu'ils ne sont pas seulement nocturnes, et que s'ils sortent en plein jour, c'est sans doute pour se livrer à la recherche des fe- melles. Deux autres groupes de Scaritiens, les Clivines et les Dyschiries , se trouvent dans la terre au pied des arbres et dans les lieux humides , où l'on est pres- que sûr d'en rencontrer quelques-uns. Leurs larves ne sont pas connues.
Tout ce que nous savons sur les habitudes des Mo- rioniens se borne à ce que nous en a appris M. Lacor- daire ; ce sont des insectes qui vivent sous les écorces et les bois décomposés, et qui sont généralement assez rares.
Après ces observations sur les habitudes des Scari- tides, nous devons faire connaître leur classification. On a pu voir qu'ils étaient divisés en plusieurs familles. Nous avons déjà nommé trois d'entre elles, les Morio- niens, les Scaritiens et les Ditomiens. Il en reste une quatrième, celle des Siagoniens, qui paraît vivre sous les pierres. Voici les caractères que l'on observe dans chacune de ces familles.
1. Les Morioniens ont la lèvre supérieure tout-à-fait lisse, et peu ou point garnie de poils à son bord anté- rieur. Leurs palpes labiaux ont, à leur avant dernier ar- ticle , deux ou trois petits poils, placés au côté interne. Leurs jambes de devant sont élargies au bout, mais non palmées ou digitées; elles présentent en dehors une simple saillie à l'extrémité et quelques poils raides. Leur corps est aplati et lisse.
2. Les Siagoniens se distinguent de la famille précé-
SCARITIDES. 35
dente et de celles qui vont suivre , par rarliculation de leur menton qui n'est point transversale, mais qui se fait par deux sutures longitudinales prolongées jus- qu'à la base de la tête. Leur lèvre supérieure est fort courte , marquée de plusieurs gros points sur le bord antérieur, et garnie, sur les côtés et en avant, de quel- ques poils recourbés en dedans. Leur menton très dé- veloppé cache presque toute la face inférieure de la tête. L'avant dernier article de leurs palpes labiaux présente quelques poils à son côté interne. Leur corps est plat et souvent parsemé de points. Leurs jambçs de devant n'ont, au côté extérieur, que des dentelures légères.
5. Les Scaritiens ont la lèvre supérieure très courte ; ce qui a fait dire mal à propos qu'elle était peu dis- tincte : elle est ou dentée, ou sinueuse, ou lobée, et marquée de plusieurs rides longitudinales très fortes outre quelques gros points enfoncés ; sur les côtés de son bord antérieur se voit une touffe de poils disposés circulairement et dirigés en dedans. L'avant dernier article de leurs palpes labiaux présente en dedans des poils nombreux et raides, comme dans quelques Ci- cindelètes et les Manticores en particulier. Enfin leurs jambes de devant sont palmées en dehors, ou divisées en plusieurs digitations qui s'affaiblissent dans quel- ques sous-genres, mais dont on aperçoit toujours au moins les rudimens.
4- Enfin , les Ditomiens se lient à la famille précé- dente par leur lèvre supérieure très courte , mais elle est simplement couverte de points. L'avant dernier article de leurs palpes labiaux est moins cilié en de- dans ; et leur lèvre supérieure est garnie de poils dans
36 C O LÉ O PTÈ R E S-P E NT AM È R E s.
toute l'étendue de son bord. Un caractère qui leur semble exclusivement assigné, c'est d'avoir le corps tout couvert de points enfoncés, qui se remarquent même sur les pattes. Leurs mandibules sont plus courtes , plus arquées et beaucoup moins aiguës. Leurs jambes de devant ne sont point palmées, mais leur extrémité élargie forme en dehors une saillie comme dans les Morions.
PREMIERE FAMILLE. LES MORIOINIENS.
Les caractères qui distinguent cette famille ont été présentés plus haut avec assez de développement pour que nous nous dispensions d'y revenir. Elle a pour type le genre Morion , auquel nous joignons plusieurs sous-genres dont un seul était connu depuis peu de temps. La dilatation que subissent quelques-uns des articles des tarses dans les mâles, se trouve en oppo- sition avec un des caractères des Scaritides les plus importants, qui était d'avoir les tarses simples dans les deux sexes. On peut croire que ce fait , que nous avons observé tout récemment, forcera par la suite à placer cette famille dans la race des Féronides, à côté de la famille des Féroniens, dont les Morions et les Hypérions ont la plupart des caractères. Ce dernier sous-genre avait été regardé comme voisin du genre Féronie , par M. de Laporte qui l'a publié le premier.
se A R ni DE s. 37
Quoi qu'il en soit, les Morioniens, ou plutôt les Morions , sont répandus dans l'ancien et dans le nou- veau Monde, excepté en Europe. Les Hypérions les représentent dans la Nouvelle-Hollande, et leur taille est gigantesque. Les Catapièses sont des insectes Bré- siliens. Les Homalomorphes ne sont connus jusqu'ici que comme se trouvant à Cayenne, et enfin lesHémi- tèles ont été rapportés de Madagascar. On voit que l'Eu- rope seule est dépourvue d'insectes de cette famille , qui d'ailleurs est peu nombreuse en espèces. C'est l'Amérique du Nord qui en renferme le plus. Leurs habitudes seront difficilement connues , à cause de leur séjour dans des contrées éloignées, où l'observa- tion des mœurs ne peut être faite que d'une manière très rapide et par conséquent très incomplète.
Nous présentons dans le tableau suivant la manière de distinguer les groupes dont se compose la famille des Morioniens.
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SGAlllTIDES. 09
GENRE MORION. MORION. LaTREILLE ^.
Le nom que portent ces insectes était , chez les La- lins, celui d'une pierre précieuse : mais il est peu pro- bable que ce soit là sa véritable étymologie ; car on ne peut trouver aucun rapport entre cet objet et des espèces dont la couleur toute noire ne présente rien d'agréable à la vue. Il semblerait plus raisonnable d'ad- mettre qu'il vient dun mot grec qui signifie petite partie, parce qu'en effet le caractère qui a porté Lalreille à établir ce genre , consiste dans la grandeur relative du deuxième article des antennes, qui est plus court que le suivant. Ce célèbre naturaliste avait décrit , sous le nom générique de Harpale , un insecte originaire des Antilles, dont il forma depuis, dans son ouvrage intitulé Considérations sur l'Ordre natu- rel des Crustacés , des Arachnides et des Insectes, un genre particulier sous le nom de Morion, que plus lard on dénatura en celui de Morio. Peu de temps après les travaux de Latreille , Palisot de Beauvois fit paraître, sous la dénomination de Scarite^, une espèce qui semble être la même que le Morion de ce dernier : il le cite même à ce sujet , mais il ne dit pas pourquoi il adopte un nom différent.
1. Môç<ov, diiniiiulif de y-oîça, partie.
2. Syn. Scarites, Palisot-Beauvois
40 COLÉOPTÈRES-PENTAMÈRES.
Les caractères qui distinguent les Morions ne con>- sistent pas seulement dans le peu de longueur du deuxième article de leurs antennes. Leur lèvre supé- rieure est à peu près carrée , avec une échancrure profonde et ses angles sont aigus. Leurs antennes gros- sissent un peu vers le bout, et leurs articles sont com- primés, en carré plus long que large. Leurs palpes ont le dernier article cylindrique ou ovalaire. La dent de leur mewfon est presque bifide et beaucoup plus courte que les lobes latéraux. Leur corps est presque plat; leur corselet carré, plus long que large, et rétréci en arrière. Leurs élytres sont longues et parallèles. Le type de ce genre est,
LE MORÎON k ANTENNES EN COLLIER. (PI, a, Gg- !•)
Morion monilicornis. Lat. *
Sa tête est lisse, et présente seulement en avant deux impressions profondes. Son corselet a les angles postérieurs aigus , la ligne dorsale et surtout les deux impressions postérieures très fortes. Ses ély- tres sont marquées de stries profondes, lisses , et dont les intervalles sont peu élevés ; sur le troisième , on remarque un point placé avant l'extrémité. Leur bord extérieur est garni d'une strie formée de gros points enfoncés. Le dessous de son corps est lisse , et les
1. Harpalus monilicornis. Gêner. Ciiist. et Ins., t. I, pag. 206 J Dej. Spec, t. I, pag. 43o. — Scaritcs Georgiœ, Palis. Beauv., Insectes d'Afrique et d'Amérique, pag. 107, pi. i5, fig. 5. — Voyez, pour les autres espèces de ce genre, le Species de M. le comte Dejean et les Insectes, de Madagascar décrits par M. K.lug.
SCAUITIDES. 4"
segmens de rabdomen ont, de chaque côté, un enfon- cement assez large.
Cet insecte se trouve aux Antilles et dans l'Amé- rique du Nord. Il a six lignes de longueur et deux environ de largeur.
Nous allons donner en peu de mots les caractères des quatre sous-genres qui se groupent autour des Morions. Ce sont :
i.''les iiYPÉRioNs. — Hyperion. Lap. ^
Établis par M. de Laporte dans ses Études enlomo- logiques , et qui ne sont autre chose que des Morions d'une très grande taille. La dent de leur menton est très forte, plus longue que les lobes latéraux et bi- fide. Leur lèvre supérieure est plus large que longue , profondément échancrée et arrondie sur les côtés. Leurs mandibules présentent, en dehors et à leur base , une saillie obtuse , qui est beaucoup plus forte que dans les Morions. Leur corps est tout-à-fait plat en dessus, et très alongé. La seule espèce connue est :
l'hypérion de sghrotter. Hyperion Sclirotteri. Sciireib ^.
Grand et bel insecte qui a la tête lisse , avec deux impressions en avant ; le corselet finement ridé en travers , rétréci à partir du milieu , bordé d'une sorte de gouttière lisse et assez large , et marqué en
1. Eiym. Nom de géantdans la fable. — Syn. Scariles, Sclueibeis.
2. Scariles SchrôUeri, Tiiius. of the Linnxan Soc. of Loiidoii, t. YI, page 206, pi. Ji, lig. 10. — Lap. Elud. Enlom., pag. 73,
42 COLEOPTERES-PENTAMÈRES.
arrière de deux impressions profondes , et comme divisées en trois branches , précédées d'une autre en forme de a:, sur la ligne du milieu. Ses élytres sont marqués de stries fortes , lisses , dont les intervalles sont peu convexes et vaguement ridés en travers; le bord latéral présente une série de points gros et irré- guliers. Le dessous de son corps est lisse , et chaque segment de l'abdomen offre un enfoncement sur les côtés.
Cet insecte rare se trouve à la Nouvelle-Hollande,, et nous a été communiqué par M. Buquet. Il a vingt- huit lignes de longueur, sur sept environ de largeur,
2." LES CATAPIÈSES. — Catapiesîs. SOLIER*.
Ces insectes sont plus larges et plus aplatis que les précédens , dont ils différent par la dent de leur 77ien- ton , qui est tronquée et plus courte que les lobes latéraux. On les distingue des Morions par leur Vevre supérieure qui est plus large que longue, à peine échancrée. Le dernier article de leurs palpes est en ovale très alongé. Leurs jambes de devant n'ont pas , à l'extrémité et au côté extérieur , le prolongement que l'on remarque dans les sous- genres précédens; elles sont simplement garnies d'une rangée de cils tort courts. Les tarses de cette paire de pattes ont les quatre premiers articles un peu élargis dans les mâles, et presque carrés ; ils semblent garnis, en dessous, d une simple houppe de poils. Leur corselet est plus large que long, arrondi sur les côtés, et leurs élytres sont tronquées au bout. L'espèce que nous connaissons est :
1. Elyiii. KnTaTriitrK,, dépression.
SCARITIDES. 4*^
LE CATAPIÈSE BRILLANT. (PI. 2, lig. 2.)
Catapiesis nitida. Solier.
Sa couleur est un noir très brillant en dessus , et un roux obscur en dessous, avec les aatennes et les pattes d'un rouge obscur. Sa tête présente , en avant , deux impressions courtes et longitudinales , réunies par une impression transversale. Son corse- let est garni, de chaque côté, d'un rebord bien mar- qué , et vers sa base , il offre deux lignes courtes et oblongues outre le sillon longitudinal qui est faible ; son bord antérieur est un peu écliancré. Ses élytres sont lisses et ornées de deux stries longitudinales , placées sur les côtés, et d'une autre tout-à-fait sur le bord dans laquelle se trouve une série de gros points enfoncés : les autres stries des élytres sont fort courtes, placées vers le bout, et ne remontent guère que jus- €[u'au tiers de leur longueur.
Cet insecte se trouve au Brésil. M. Solier l'a confié obligeamment à M. Audouin avec sa description et le dessin qu'il en avait fait; nous l'avons vu aussi dans la collection de M. Buquet, et nous en donnons un des- sin d'après nature. Il a huit lignes de longueur et trois de largeur.
Observation. L'ouvrage anglais, intitulé Tlie Ani- mal Kingdom , renferme la description et la figure d'une espèce , sous le nom à'Âxinop/wrus Brasilien- sis , qui se rapporte à ce genre , mais qui nous paraît différente ; car les stries de ses élytres remontent presque Jusqu'à leur base. Nous en avons déjà parlé dans le volume précédent {^voy. page 236).
44 C O LÉ O PTÈ R E S- V E i\ ï A M È R E S.
5.° LES HÉMiTÈLES. — Hemiteles. Br.^
Ils ont, comme les Catapièses , des élytres à stries incomplètes, mais leur forme est moins aplatie. On les en distingue aisément, parce que leurs antennes sont composées d'articles grêles , cylindriques et un peu amincis à la base , tandis qu'ils sont comprimés et presque carrés dans lesprécédens(/?/. 2, fig. "5, a et b). Leur ievre supérieure est moins longue que large. La dent de leur menton est simple et obtuse. Leurs palpes sont filiformes, et leurs jambes de devant sont garnies de quelques petites épines sur les côtés. Les tarses de ces mêmes jambes présentent sous leurs articles une double série de petites écailles , qui disparaissent dans la femelle. La largeur des articles de ces tarses n'est pas sensiblement différente entre les deux sexes, et leur forme est triangulaire. Leur corselet est moins long que large , et un peu plus étroit en arrière ; leurs élytres sont en ovale. On ne connaît jusqu'ici qu'une seule espèce de ce sous-genre , qui est :
l'hémitèle interrompu. (PI. a, fig. 5.) Hemiteles interruptus. Br.
La couleur noire de cet insecte est relevée par un reflet d'un éclat légèrement soyeux. Sa tête et son corselet sont lisses. La première a , entre les yeux , deux impressions assez fortes ; le dernier, dont les angles antérieurs sont arrondis et les postérieurs ai-
1. Etjin. H'/^fTÉ/iiiç, iiiipaiiail, non aciitnc.
SCARIflOl-S. /|5
gus, a sa ligne dorsale très légère et celle de devant arquée et très profonde, ainsi que les deux sillons de la base. Ses élytres ont des stries lisses et bien marquées, dont les intérieures, y compris la cin- quième , s'effacent à mesure qu'elles approchent de la base : la rangée de gros points, placée sur le bord extérieur, est interrompue au milieu. Chaque segment de l'abdomen présente, en dessous, sur les côtés, un gros point enfoncé. Les pattes sont d'une couleur brune , ainsi que la dernière moitié des antennes.
Cette espèce fait partie de la collection du Muséum ; elle a été rapportée de Madagascar par M. Goudot. Sa longueur est de cinq lignes, et sa largeur de deux.
l\.° LES HOMALOMORPHEs. — Homalomorplia. Br. ^
Ce sous-genre est surtout remarquable par sa forme très aplatie. Sa lèvre supérieure fort courte , ayant une échancrure profonde et triangulaire ; ses mandibules presque droites; ses antennes trop courtes pour at- teindre la base du corselet et composées d'articles à peu près carrés : tels sont les caractères principaux . à l'aide desquels on peut le reconnaître. La dent de son menton est courte et bifide ; ses palpes sont presque cylindriques. Ses jambes de devant sont légè- rement crénelées en dehors, comme dans les Morions, et leurs tarses ont le second et le troisième articles élargis , de forme triangulaire , et revêtus en dessous de petites écailles , formant une sorte de houppe. Son corps est en carré long , et son corselet à peu près aussi long que large et échancré en avant , ce qui
1. Etjiu, O'ix^kU, plat, /xop(}>i , forme.
l\6 COLÉOPTÈRES-PENTAMÉRES.
rend saillans les angles de cette partie. Nous n'en connaissons qu'une espèce qui est :
l'hOMALOMORPHE CHATAIN.
Homalomorp/ia castanea. Buquet.
Son corps est entièrement lisse et sa couleur est un châtain clair, un peu plus foncé sur la tête et sur le corselet. La première est marquée entre les yeux de deux gros points et de deux lignes obliques. Le dernier a ses angles antérieurs peu aigus et un étranglement en arrière, vers les angles postérieurs : ceux-ci pré- sentent l'apparence d'une petite découpure qui est due à un point enfoncé ; sa ligne dorsale est finement crénelée et accompagnée de rides très légères ; les impressions de sa base sont profondes et en fer à cheval , et ses côtés sont garnis d'un rebord assez étroit. Ses élytres offrent des stries lisses qui n'attei- gnent pas tout-à-fait leur base ; elles sont munies , à cet endroit , d'un rebord analogue à celui de quel- ques Féronies [voy. t. IV, pi. yI\ , fig. 5,) et qui forme , à l'angle extérieur, une petite saillie pointue. Leur extrémité est tronquée un peu moins que dans les Orthogonies dont cet insecte a un peu la forme.
Il se trouve à Cayenne, d'où il a été rapporté pai M. Leprieur ; nous l'avons vu dans la collection de M. Buquet. Sa longueur est de cinq lignes, et sa lar- geur d'une et un tiers. ■■>
se A RIT m ES. ^|7
DEUXIÈME FAMILLE. LES SIAGONIENS.
Cette famille ne renferme que le genre des Siagones et le sous-genre Encelade qui a été placé à côté do lui. Quoique peu nombreuse en genres , et même en espèces, elle est tellement distincte des trois autres par la conformation de son menton , qu'elle mérite bien d'en être séparée. Les Siagones sont des insectes méditerranéens , c'est-à-dire propres au midi de l'Eu- rope, à l'Orient, à l'Afrique. Quelques espèces cepen- dant se trouvent au Sénégal et jusqu'aux Indes orien- tales. Le représentant de ce genre en Amérique est le sous-genre Encelade , dont la patrie a été pendant quelque temps douteuse ; mais on est certain aujour- d'hui qu'il se trouve à Cayenne. Sur une observation inexacte, on avait placé à côté des Siagones deux sous- genres que nous ferons connaître dans la famille des Ditomiens, sous les noms de Coscinie et de Mélhie ; on avait cru qu'ils n'avaient pas le menton réuni à la tête par une suture transversale. Ayant acquis la preuve du contraire , noas les avons placés auprès des Dito- mes , avec lesquels ils ont les plus grands rapports.
Les Siagoniens ne se composant que de deux grou- pes , il serait inutile de présenter leurs caractères dans un tableau ; on les saisira facilement par l'exposition que nous allons en faire.
C. O LK O PTE R E S- P F, N T A MF, R F. S.
GENRE SIAGONE. SIAGONA. LaTREILLE*.
Les espèces dont se compose ce genre doivent leur nom à une forte saillie que l'on remarque au côté in- térieur de leurs mandibules. Celles que Fabricius avait connues se trouvaient réparties dans les genres Cucu- j'us et Galerita de cet auteur, lorsque Latreille publia son Gênera Crustaceorum, dans lequel il prit pour type la première des deux Siagones que nous allons faire connaître. Ce qui distingue le plus ces insectes , dans la famille des Siagoniens, et même dans toute la race desScaritides, c'est que le dernier article de leurs palpes labiaux est plus large que long , et conformé comme dans les Tefflus et les Pambores (voy. pi. 3, fig. 3, ) ; le dernier article des palpes maxillaires est peu élargi. Leur lèvre supérieure est très courte et plus ou moins sinueuse [pi. 2, fig. 4, a.). La dent de leur menton est bifide. Leurs antennes sont très longues et diminuent d'épaisseur de la base à l'extrémité : tous leurs articles sont velus , mais les poils des quatre pre- miers sont plus longs et bien moins nombreux. Leurs mandibules sont très arquées, fort grosses à leur milieu, dentées, et supportant quelquefois, dans les mâles, une saillie à leur partie supérieure [pi. 2, fig. 4> ^O-
Les Siagones sont remarquables par leur forme aplatie, par leur corselet tronqué en avant, très ré-
I. Etym. Sia7wv , màcîioire. — Syn. Cuciijus. GalcrUa, Fabricius.
SCARITIDES. 49
tréci en arrière , ce qui leur donne un peu la forme d'un demi-cercle, et marqué dans toute sa longueur de deux sillons longitudinaux, outre celui du milieu. Leurs élytres ne présentent pas de stries, mais simple- ment des points enfoncés qui sont disséminés sur leur surface , et plus ou moins nombreux selon les espèces. On peut les partager aisément en deux divisions d'a- près la forme de leurs élytres : dans la première divi- sion, elles sont ovalaires, et libres ou soudées, mais ne couvrent pas d'ailes ; dans la deuxième , leur base est carrée, avec les angles cependant arrondis, et il y a des ailes. Nous allons décrire une espèce de chacune de ces deux divisions.
1. LA SIAGONE A PIEDS ROUX. (PI. 2, flg. 4-)
Siagona rufipes. Fab.''^
La couleur de cet insecte est un brun presque noir en dessus, et un peu rougeâtre en dessous; ses pattes et ses antennes sont rousses. Le contour de sa tête, de son corselet , et la surface de ses élytres sont couverts de points ; la ligne médiane du corselet en est aussi bordée : chacun de ces points donne naissance à un poil roux. Le dessous du corps est finement ponctué.
Cette espèce se rencontre en Barbarie. Elle a sept ou huit lignes de longueur et deux et demie de lar- geur. M. le comte Dejean a décrit, sous le nom de Jenissonii [Spec. , tom, II , pag. 4^;) une Siagone qui pourrait bien n'en être que la femelle. Cette observa-
Cucnj'iis rujzpes, Enl. Syst., t. I^ pag. ç)^J^. Doj. Spec, l. I, pag. 35î l^sECTEs. V. ^
DO COLEOPTERES-PENTAMERES.
tion a été communiquée à M. Audouin par M. Salz- mami, qui a visité la Barbarie, et qui les a toujours rencontrées ensemble.
2. LA SIAGONE d'eUROPE.
Siagona europea. Dej. ^
Elle est moindre que la précédente , et noire. Sa lèvre supérieure^ ses palpes et la base de ses anten- nes sont d'un roux obscur. Tout son corps est parsemé de points enfoncés nombreux. Les lignes latérales de son corselet sont plus profondes vers leurs extrémités, et celui-ci est très étroit à la base , arqué sur les côtes, et coupé en ligne droite au bord antérieur.
On trouve cette espèce dans^ le midi de la France , en Sicile , en Grèce , en Egypte et même jusqu'au Sénégal. Sa longueur est de cinq lignes, et sa largeur d'une et demie.
Un sous-genre unique avoisine les Siagones, c'est celui
* des encélades. — Enceladus. Bon. -
Que Bonelli a décrit dans ses Observations Entomo- logiques. Ce sont des insectes de grande taille, qui se distinguent des précédens par la forme du dernier article de leurs palpes , qui est court et presque trian-
1. Spec, t. II, pag. 4^8 j et Xeon., pi. 20, fig. 2. — Pour les autres es- pèces, voyez les mêmes ouvrages, et, de plus, les Observations Eiitomo- logïques de Bonelli.
2. Etym. E>KÉAa<fos, Eiicelade, nom d'un géant.
SCARIÏIDES. 5l
gulaire, et par \curs jambes de devant, qui paraissent sans échancrure, quoique cependant elles en aient uae ; mais elle se trouve en arrière, et les deux éperons y sont également placés. Leur lèvr€ supérieure est courte et bilobée. Leur menton a une échancrure très profonde avec une dent bifide. Leur corps est aplati , leur corselet court , tronqué en avant et en arrière , et plus étroit à sa base. Leurs élytres sont ovalaires. La seule espèce connue est :
l'encelade géant. Enceladus gigas. Bon. ^
Dont la couleur est un noir brillant. Sa tête offre deux grandes impressions entre les yeux , et son cor- selet un fort sillon placé obliquement sur chaque côté de sa base. Ses élytres ont des côtes arrondies, dont la troisième, à partir de celle que forme la suture , pré- sente cinq gros points enfoncés , et la cinquième un plus grand nombre encore, surtout vers la base où ils sont rapprochés.
On trouve ce bel insecte à Cayenne, où il paraît fort rare. Il fait partie de la collection du Muséum. Sa longueur est d'un pouce et demi, et sa largeur de sept lignes.
I, Obs. Ent. 2.<^part., pag. 28. — Dej. Spec, l. V, pag. 4.735 cl Icon., pi. 20, fi§. I.
CO LE O P TE K ES- PE N TA M E R E S.
TROISIÈME FAMILLE. LES SCARITIENS.
Outre les détails que nous avons présentés ci-dessus au sujet de l'organisation des insectes de cette famille, nous ferons remarquer un caractère que nous retrou- verons dans quelques insectes de la race suivante ; c'est que l'excavation qui se voit à la base des mandi- bules , au côté externe , et qui est destinée à recevoir le premier article des antennes, lorsqu'elles se diri- gent en avant , est ici plus profonde qu'ailleurs. Le premier article des antennes est toujours plus long et plus gros que les autres, et souvent il a la forme d'une massue.
Le corps des Scaritiens est alongé et quelquefois aplati; souvent aussi il est étroit et cylindroïde. Leurs couleurs sont la plupart du temps obscures, et quel- quefois fauves ou jaunâtres; un petit nombre d'entre eux a des reflets métalliques , et présente des taches d'une nuance plus claire; presque tous sont d'un noir brillant, et ne diffèrent entre eux que par les propor- tions des parties de leur corps , et par les stries et les impressions dont il est marqué. Ces insectes sont ré- pandus sur toute la surface de la terre. Quelques-uns, comme les Carènes, ne vivent qu'à la Nouvcllc-Hol-
SCARITIDES. 53
lande; d'autres ont pour patrie l'Amérique, tels que les Oxystones, les Camptodontes, et même les Pasi- maques, qui sont propres aux parties septentrionales de ce continent; les Acanthoscèles sont des insectes du midi de l'Afrique ^ et les Oxygnathes proviennent du continent des Indes-Orientales; les Dischiries, les Apotomes, et quelques Scarites et Civines remplacent ces sous-genres en Europe, et des espèces de ces deux derniers se rencontrent aussi dans les autres parties du monde. Nous présentons, dans le tableau suivant, les caractères à l'aide desquels on peut arriver à les re- connaître.
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SCAIUTIDES. 55
GENRE SCARIT E. SC.4hITES. Fab. *
Latreille pense que le nom de ce genre vient de celui d'une pierre précieuse 2, mais il est tout aussi probable qu'il est tiré de la racine même de ce mot , qui signifie sautera C'est Fabricius qui en a fait le premier l'application , dans son SystemaEntoinologiœ, aux insectes que nous allons faire connaître, bien qu'ils ne sautent pas réellement. Cet Entomologiste forma le genre Scarite sur une espèce que Linné avait placée parmi les Ténébrions. De Géer en comprit une autre parmi les Attelabes, en y faisant entrer aussi un in- secte qui se rapporte aujourd'hui aux Parandres, de la tribu desLongicornes. Ceux des Ténébrions de Linné, dont nous parlons ici, n'appartiennent plus à ce genre, mais bien au petit groupe des Clivines , de sorte que l'on ne peut considérer comme synonymes de Scarite que les seules Attelabes, et quelques-uns des Carabes que les auteurs avaient décrits avant les travaux de Fabricius.
Le caractère que l'on assigna d'abord au genre Scarite, était d'avoir les antennes moniliformes, mais
1. Syn. Auelabus, de Gécr. — Carabus, Pallas, etc.
2. Hist. des Ins., t. VIII, pag. 374-
3. SxapîrHç, piene précieuse, de o-jca/'pÇ» , ou o-^^pi^u sauter. C'est aussi Toiigine du mot o-xaço? , par lequel les Grecs désignaient une sorte dr poisson.
56 COLÉOPTÈRES-PENTAMKRES.
aujourd'hui, que la découverte d'un grand nombre d'espèces ayant les antennes ainsi conformées, ren- drait leur détermination beaucoup trop difficile , on peut les reconnaître aux caractères suivans. Leur Uvî'e supérieure est fort courte, divisée en trois lobes, dont celui du milieu est le plus avancé; sa surface est cou- verte de fortes rides longitudinales, et présente trois gros points enfoncés. Leurs mandibules sont fortes , arméeS; au côté interne , de deux ou trois grosses dents, et courbées vers le bout dans les mâles, chez lesquels elles sont plus longues que dans les femelles. Leur menton est muni d'un lobe ou d'une dent très forte et au moins aussi longue que les lobes latéraux; sa surface est sensiblement concave. Leurs palpes ont le dernier article grêle ou cylindroide. Leurs an- tennes sont plus longues que leurs mandibules, et \euvs jambes de devant ont trois digitations en-dehors, tandis que celles du milieu n'en ont que deux petites ou une seule.
Le corps des Scarites est en général aplati et plus large vers le bout des élytres; mais dans quelques es- pèces il est plus cylindrique. Leur corselet est moins rétréci en arrière que celui des Siagones, et, comme dans ces dernières, sa longueur est moindre que sa largeur; son bord antérieur est toujours échancré. Les couleurs sont constamment noires dans tous ceux que l'on connaît jusqu'ici. Nous allons donner un exemple des deux modifications de formes qu'ils pré- sentent, en décrivant les espèces qui se rencontrent en France.
SCAIUTIDES. ô"]
1. LE SCARITE GÉANT. (PI. 2, llli;. Cl.)
Searites gigas. Fab. '^
Il est luisant et lisse. Sa tête est ridée en avant, et son corselet est court, large, faiblement ridé le long du bord antérieur : il est, de plus, bordé d'une gout- tière sur les côtés , qui paraît faiblement dentée , et qui forme une saillie aiguë avant les angles postérieurs; les impressions de la base sont placées tout-à-fait en arrière. Ses élytres sont élargies avant l'extrémité qui se termine d'une manière obtuse. Elles ont des stries extrêmement faibles que forment des impressions alongées, et leur bord extérieur est marqué d'une série de gros points et couvert de petits tubercules nombreux ; on distingue sur la troisième strie, un peu avant son extrémité, deux gros points enfoncés, dont le dernier est quelquefois très faible. Le dessous de son corps est lisse, avec le ventre ridé sur les côtés et ponctué vers le milieu des segmens.
Cet insecte se trouve dans le midi de la France, en Sicile et en Barbarie. Sa longueu-r est d'un pouce ou deux, et le mâle est plus gros que la femelle.
2. LE SCARITE DES SABLES.
ScariUs arenarius. Bon. ^
Sa couleur est peu brillante. Il a la tête ridée en avant. Ses antennes sont d'un rouge obscur, avec
1 . Eut. Syst., t. 1 , pag. 94, — Oliv. Eut., t. III, n.o 36 , p;.g. 6 , pi. i , fig. 1 . — Se. pyracmon , Bon., Obs. l'^iil. 2."= part., pag. 33. — Dtj. Spoc , t. 1, pag. 3675 et Icon., pi. 20, ûg. 4-
1. Observ. Eiitoiii., 2.« part, pag. !\o — Dej. Spcc, 1. 1, pag. 3od; cl Icoii., pi. ji, fig. 4-
58 COLÉOPTÈKES-PENTAMÈRES.
le bout de leur premier article brun, ainsi que l'ex- trémité des articles des palpes. Son corselet est aussi long que large, avancé aux angles de devant, et oblique à ceux de derrière : sa gouttière latérale est unie, et forme une saillie aiguë au-dessus de l'angle postérieur; on distingue quelques rides en travers, sur les côtés et au milieu de sa surface. Ses élytres sont alongées, à peine aussi larges que le corselet, et présentent une saillie à leur base et en-dehors : leurs stries sont bien marquées et accompagnées de points enfoncés.
On le trouve dans le midi de la France , où il est plus rare que le précédent. Sa longueur est de huit lignes, et sa largeur de deux et demie.
5. LE SCARITE LISSE.
Scarites levigatus. Fâb. '^
Cet insecte se rapproche du premier par la forme du corps, quoiqu'il soit bien moins large. Il est aplati comme lui, et plus étroit à la base que vers le bout des élytres. Son corselet est moins long que large, bordé d'une gouttière faiblement crénelée en arrière, et formant une saillie aiguë un peu avant les angles postérieurs, qui sont coupés obliquement: sa surface a des rides très faibles, et ses impressions postérieures sont assez larges, mais peu profondes. Ses élytres ont des stries faibles auxquelles les rides lé- gères qui couvrent toute leur surface donnent l'appa- rence d'être crénelées : la troisième de ces stries est
1. Eutom. Syst.j t. I, pag. g5. — Dcj. Spcc, 1. 1 , pag. SgSj et Icon., pi. M, fig. ().
SCARITIDES. i)9
marquée en arrière de deux points enfoncés. Le ventre offre, sur ses anneaux, quatre séries de points enfon- cés placés dans le sens de sa longueur, et une cin- quième en demi-cercle sur le bord du dernier.
Il se rencontre en grand nombre dans le midi de la France, ainsi qu'en Italie, en Sicile, en Morée et sur la côte de Barbarie. Il a six ou huit lignes de longueur, et deux ou deux et demie de largeur.
Observation. On a nommé Scarite terricole'^ une espèce que l'on ne peut pas distinguer de la précé- dente, M. le comte Dejean lui assigne pour caractère d'avoir trois petites dents au-dessus des digitations de la première paire de pattes , tandis que le Scarite lisse n'en aurait que deux. Mais chaque fois que nous avons vu ces dentelures, au nombre de trois d'un côté, il n'y en avait que deux sur la jambe opposée. Nous y réu- nissons également le Scarite de Toulon- j, dont M. le comte Dejean ne fait qu'une variété du Scarite terri- cole.
Les sous-genres que l'on a établis aux dépens des Scarites sont assez nombreux. En voici les principaux caractères :
1. Scarites terricola , Bon., OLs. Ent., a.*^ part., pag. Sg. — Dej. Spec. t. I, pag. 398; et Icon., pi. 21, fig. 5.
2. Scarites Thelonensis, Bon. ^ Obs. Entotn., 2.<^ part., pag. 43. — Voyez pour les autres espèces, le Species de M. Je comte Dejean; — l'Eiitomo- gra'phie de la Russie, de M. Fischer j — les Illustr. of British Entom., de M. Stephensj — les Annales de la Société Eutom. de France, t. II 5 — le Magasin de Zoologie de M. Guérin j — le Delectus Anim. art. de M. Perty; — les Insectes du voyage de M. Caillaud, décrits par Latreillej — les Symbolœ Physicae de MM. Klug et Ehremberg; — la Description des In- sectes de Madagascar, par M. Klug; — les Annulosa Javanica de M. Mac- Leay; — le Magasin d'Entomologie de M. Germar,- — le Zoological Mis- cellany de M. Gray; — les Observations Entom. de Bonelli; — les Nova Acta Rcg. Scient., Upsal, t. VU et IX; — les Eludes Entomologiques de M. de Lapone.
6o (; O LÉ O P TÈ U E S- l'E N T A MÈ IV E S.
1.° LES ACANTHOscÈLES. — A canthoscelis. Latr. "^
Ces insectes, que Latreille a séparés des Scarites, dans ses Familles du Règne anitnal, sont plus courts , plus larges et plus convexes que les derniers , et leur menton est tout-à-fait plat. Leurs antennes sont plus courtes que leurs mandibules , et composées d'articles très courts. Mais ce qui les rend surtout remarquables, c'est la forme de leurs jambes : celles de devant sont munies en-dehors de digitations très saillantes, striées, et dont la plus longue est arquée ; les jambes du mi- lieu , et surtout celles de la dernière paire, sont larges, comprimées , couvertes d'aspérités très fortes , et leur bord postérieur est crénelé. On n'en connaît qu'une espèce.
l'acanïhoscèle a antennes rousses. A canthoscelis ruficornis. Fab. '^
Il est d'un noir brillant , avec les antennes et les palpes d'un roux brun. Son corselet est court, large, avancé aux angles antérieurs, un peu oblique aux angles postérieurs , et échancré en arrière : sa surface est entièrement ridée en travers, et le bord antérieur a des rides plus courtes et longitudinales; la gout- tière marginale forme une petite dent vers les angles postérieurs. Ses élytres sont courtes, renflées, plus
1. Etyii). ux.<iyâa., cpinc; «-xEAit , jambe. — Syn. 6'ca/ùei', Fahr.
2. Elit. i>yst., t. 1, pag.94. — Duj. Spec, t. I, pag. 4o3j et Icoti. pi. -22, fi^. 1.
SGAHITIDES. 6l
larges en arrière, et marquées de stries profondes et lisses, dont les intervalles sont un peu aplatis, ridés en travers sur les côtés et le bout des élytres ; l'inter- valle extérieur est tout couvert de petits tubercules, et le bord est crénelé.
On trouve cet insecte au Cap de Bonne-Espérance ; il fait partie de la collection du Muséum. Sa longueur est quelquefois d'un pouce environ, et sa largeur do trois à cinq lignes.
2." LES PASiMAQUEs. — Pasîmackus. Bon. ^
Ce sous-genre a été institué par Bonelli, dans ses Observations Entomologiques, sur des insectes de grande taille et qui sont quelquefois revêtus de cou- leurs assez belles, ce qui peut être regardé comme une exception dans toute la race des Scaritides. Indépen- damment de la forme élargie des Pasimaques, de leur corselet en carré plus large que long, et plus large en avant qu'en arrière , on peut les reconnaître au lobe intermédiaire de leur menton qui, sans être bifide, le paraît cependant, à cause de deux bourrelets latéraux au-delà desquels son extrémité est cachée. Leurs palpes ont le dernier article un peu élargi et tronqué. Leur lèvre supérieure est sinueuse et inégale. Leurs antennes atteignent presque la base du corselet. Leurs jambes de devant ont deux digitations en-dehors. Leui^orps est plat, et leurs élytres sont en ovale tronqué à la base et presque pointu à l'extrémité.
1. Elym. 110.(71, dat. pi. rie 7r«ç , loutj ii.àyj,u.ai , conibalUc. — Syn_ 5cflriiei , Fabriciu s, Olivier, Palisol de Beaiivois.
62 COLÉOPTÈRES-PENTAMÈRES.
LE PASIMAQUE DEPRIME.
Pasimachus depressus. Fabr.^
C'est un insecte d'un noir brillant , dont le corselet et les élytres sont bordés sur les côtés de violet, et qui présente la même couleur à la face inférieure de son corselet et sous le bord de ses élytres. Sa lèvre supé- rieure est avancée au milieu de son bord. Les impres- sions de la base de son corselet sont très larges, et sa ligne dorsale est accompagnée, à son origine, d'une autre impression beaucoup moins forte. Ses élytres sont lisses, et présentent plusieurs séries longitudi- nales de points très légers , que l'on ne peut voir qu'avec une loupe , et qui imitent des stries.
On trouve ce Pasimaque dans le nord de l'Améri- que, et surtout aux Etats-Unis. Sa longueur est de quatorze lignes, et sa largeur de cinq et demie.
5.° LES CARÈNES — Careniim. Bon. ^
Ces insectes se rapprochent des Pasimaques par leurs couleurs et par leur forme, qui est cependant moins large. Ils ont été décrits, pour la première fois, par Bonelli, dans son ouvrage déjà cité. Leur principal caractère consiste dans la forme élargie et triangulaire
f. Scarites depressus, Ent. Syst., t. I,p;is. gl-— Oliv. Ent., t. III, n.» 36, pag. 5, pi. 2, fig. i5. — Yoyez, pour les autres espèces: le Species de M. le comte Dejean; — les Insectes d'Afrique et d'Amérique de Palisot do Beauvois; — the Animal Kingdom; — les Insectes du Mexique, décrits par M. Chevrolat; — lesTrans. de la Soc. Amer, de Philadelphie, t. 11.
2. Etymologie incertaine. — Syn. Scarites, Fabricius, Olivier.
SGARITIDES. 65
du dernier article de leurs palpes labiaux : celui des maxillaires est presque cylindrique. Leurs antennes n'atteignent pas la base du corselet, et leur premier article est à peine plus long que le suivant ; c'est le contraire dans les autres sous-genres : leurs jambes de devant ont deux digitations en dehors, leur corselet est presque carré , et leurs élytres sont ovalaires, sou- dées et sans ailes au-dessous. Nous ne connaissons pas d'autre figure de l'espèce unique qui forme ce sous- genre, que celle que nous donnons ici.
LE CARÈNE BLEU. (PI. 2 , fig. 6. )
Carenum cyaneum. Fab. ^
C'est un joli insecte dont le fond de la couleur est noir, avec le corselet et les élytres largement bordés de vert brillant. La gouttière qui entoure les élytres est ornée de bleu violet ; leur suture est très bien marquée , et chacune d'elles présente deux gros points, placés l'un vers la base , et l'autre au bout op- posé : leur surface est tout-à-fait lisse. Le corselet est muni, comme les élytres, d'un rebord aigu, et la ligne dorsale est traversée par de légères stries : de chaque côté de sa base, on remarque une impression courte et oblique.
On le trouve à la Nouvelle-Hollande. Le seul indi- vidu que nous en connaissions fait partie de la collec- tion du Muséum, où Bonelli l'a étudié. Sa longueur est de dix lignes, et sa largeur de trois.
I. Scarices cyaneu.i? Ent. Sjst., t. I, pag. g5. — Oliv.i' Ent., t. Ill, n.o 3G, pag. II, pi. 2, flg. 17. — Bonplli , Ol)S. Etitoni., i.e part., pag. 47.
64 COLE O PTÈRE S-P E NT AM È R E S.
Observation. Il se pourrait que cet insecte ne fût pas, ainsi que le croyait Bonelli, le même que celui de Fabricius et d'Olivier. Ces deux auteurs lui don- nent pour couleur un bleu foncé , celui-ci est noir et vert; il n'a de bleu que sur le bord des élytres. De plus, Olivier dit que le sien est moindre que leScarites subterraneuSj ce qui ne lui convient aucunement.
4.° LES scAPTÈRES. — Scapterus. Dej. ^
Nous ne connaissons ce sous-genre que par la des- cription qu'en a donnée M. le comte Dejean. Ses ca- ractères paraissent consister dans les rides transver- sales qui couvrent la surface du menton^ et dans la forme de ses antennes , qui sont très courtes et en grains de collier. Leur corps est long et cylindrique. Leurs mandibules sont presque sans dents. Leur cor- selet est à-peu-près carré , et leurs jambes de devant ont quatre dentelures au côté extérieur, placées sur une saillie très avancée. La seule espèce connue est :
LE SCAi'TÈaE DE GUÉRIN.
Scapterus Guerini, Dej. ^
Il est tout noir et assez brillant. Sa tête est couverie en avant de rides longitudinales ondulées , et presque lisse en arrière : elle supporte un tubercule assez sail- lant et placé presque horizontalement. La base du
1. Etym. SzaTrriir, «çoç , qui fouille la lerrc.
2. Spcc, t. II, pag. 472 ; et Icon., pi. 22, fig. 3. — Guéiin , Icon. du Règne animal , Insect, pi. 5, fig. 3.
SCAP.ITIDES. 65
corselet présente deux impressions assez faibles , et quelques points écartés sont répandus sur sa surface. Ses élytres sont obtuses et marquées de stries pro- fondes avec de gros points enfoncés ; les intervalles sont peu élevés. Le dessous du corselet est renflé au milieu, surtout en avant.
Cet insecte se trouve aux Indes Orientales. Il a sept lignes environ de longueur et deux de lai'geur.
5." LES oxYSTOMEs. — Oxystomus. Latr.^
Ce sous-genre se fait remarquer par des mandibules très saillantes, aiguës et sans dents, si ce n'est près de la base où elles en ont deux ou trois petites. Il a été indiqué par Latreille, dans ses Familles du Règne animal. Un autre caractère, qui lui est exclusivement propre, consiste dans la forme aplatie et pointue des derniers articles de ses palpes labiaux. Le lobe inter- médiaire de son menton est bifide. Ses antennes sont moins longues que ses mandibules. Son corps est long et cylindrique, comme dans le sous-genre précédent, et son corselet presque carré. Le côté extérieur de ses jambes de devant présente trois digitations.
On connaît deux espèces d'Oxystomes. Ce sont :
1. l'oxystome de saint-hilaire. Oxystomus Hilarii. Latr.-
Sa couleur est un noir brillant. Il a la tète forte- ment ridée , et le corselet plus faiblement, avec le
1. Etym. ôf ùï , pointu; s-ô/>t«, bouche.
1. Icon. du Règne animal , par M. Gnérin, Ins., pj. 5>-4g. 2 — Oxys- tomits grandis, Perty, DelecUis Anim. articul., pag. 9, pJ. 2, fig^>7.
INSF.CTFS. V. 5
66 COLÉOPTÈRES-PENTAMÈRES.
bord postérieur presque divisé en deux lobes, à la manière des Anthies. Ses élytres ont des stries pro- fondes et tout-à-fait lisses, dont les intervalles sont arrondis et relevés ; les deux plus voisins du bord sont ponctués et velus au bout; le bord extérieur est ponctué.
On trouve ce bel insecte au Brésil. Il a été donné au Muséum par le savant botaniste M. Auguste de Saint-Hilaire. Sa longueur est de quinze lignes , et sa largeur de trois et demie.
2. l'oxystome cylindrique. Oxystomus cylindricus. Dej.*
Il est noir et luisant comme le premier. Sa tête est presque lisse , un peu ridée entre les yeux. Son cor- selet a quelques rides très faibles, et sa base se divise en deux lobes : il représente un carré plus large en arrière qu'en avant. Les stries de ses élytres sont pro- fondes, et leurs intervalles lisses et élevés; le plus voisin du bord extérieur est ponctué et velu vers son extrémité seulement : quelques points se font voir vers le bout des élytres , et leur bord latéral en est en- tièrement couvert.
Cet insecte est plus répandu que le précédent et habite les mêmes contrées que lui. Il a neuf lignes de longueur et deux et demie de largeur. Le Muséum le possède aussi.
I. Spec, t. I,pag. 4'0 5 et Xeon , pi. 5.2, fie;. 4-
SCARITIDFS. ()7
G." LES OXYGNATHES. — Oxygliat/lUS. DeJ.^
Ces insectes, que nous ne connaissons que par les ouvrages de M. le comte Dejean , paraissent se rap- procher beaucoup des Oxystomes, dont ils ne différe- raient que par la forme du dernier article de leurs palpes labiaux j qui est cylindrique et tronqué; par leurs mandibules, qui sont tout-à-fait dépourvues de dents; par leurs antennes moins longues que la tête et les mandibules , et dont le premier article est plus gros vers le bout. On n'en connaît qu'une seule espèce.
l'oxygnathe alongé. Oxygnallms elongatus. Wied.^
C'est une petite espèce d'un noir brillant , dont la lete présente au milieu un gros point enfoncé, outre quelques autres impressions. Son corselet est plus long que large, très faiblement ridé en travers. Ses élytres ont des stries profondes, garnies de points enfoncés, avec les intervalles lisses et élevés. Ses pattes sont d'un brun obscur ; ses palpes et ses antennes d'un brun légèrement rougeâtre.
On la trouve aux Indes Orientales. Elle a cinq lignes de longueur , sur une et un quart de largeur.
7.° LES CAMPTODONTES. CamptodoutUS. De3.^
La forme de ce sous-genre, établi par M. le comlo Dejean, est un peu moins cylindrique que celle des
1. Etym. ô^vï , pointu; yvà^tir , mâchoire. — Syn. ^Crtn/M , WieLlemann.
2. Spec, t. II, pag. 474? ^^ Icon., pi. ai, fig. 5.
3. Etym. xœ/iTrlu, courber- âj^oùç , ôHoî, dent. '
68 COLÉOPTÈRES-PENTAMÈRES.
deux précédens. Ses mandibules tout-à-fait sans dents, et le dernier article de ses palpes labiaux ^ qui est cy- lindrique, empêcheront de le confondre avec les Oxystomes. Ses antennes plus longues que la tête et les mandibules, à premier article cylindrique; le lobe intermédiaire du menton plus long que les latéraux , et accompagné jusqu'à la base de deux lignes élevées , le sépareront des Oxygnathes. Son corselet est en forme de cœur , et ses élytres sont un peu ovalaires. Le type de ce sous-genre est ,
LE CAMPTODONTE DE CAYENNE.
Camptodontus Cayennensis. Dej.^
Sa couleur est un noir brillant , et sa tête est cou- verte de points enfoncés. Il a le corselet ridé en tra- vers le long de la ligne dorsale , et les impressions de son bord postérieur se prolongent jusqu'au bord op- posé, en formant un sillon sinueux, large et presque crénelé , ce qui est dû aux rides qui les traversept : il est, de plus, entouré d'un bourrelet plus large. Les stries de ses élytres sont marquées de points très pro- fonds , et leurs intervalles sont élevés et un peu aigus.
C^ insecte se trouve à Cayenne et au Brésil. Nous l'avons vu dans la collection de M. Buquet. Sa lon- gueur est de sept lignes, et sa largeur d'un peu moins de deux.
I. Spec , t. Il, pag. 477 5 ^^ ^con., pi. 22, fig. 6. — Perty, Delect. Anim. articul., pag. g, pi. 2, fig. 8. — Une deuxième espèce est dé- crite par M. de Laporte, dans le tome II, des Ann. de la Soc. Entomolo- gique. — Il faut rapporter à ce genre , VOxygiialhus Anglicanus, Steph., Illustr., t. I, pag. 38, pi. 3, fig. 2, qui est très probablement le même que le Cayennensis.
se A lin IDES. 69
8.° LES CLiviNEs. — C iivina. Latr.^
Jusqu'ici nous avons vu des Scaritiens à lèvre supé- rieure tridentée ou au moins sinueuse , avec de fortes rides longitudinales. Le sous-genre des Clivines, établi par Latreille dans le Gênera Crustaceorum, etc., s'en distingue par sa lèvre supérieure sans rides, et n'ayant plus que les gros points du bord antérieur qui existent chez tous les précédens. La lèvre supérieure entière fut précisément le caractère qui engagea Latreille à établir ce groupe. Il représente en petit les Oxystomes, dont il a la forme, si ce n'est que ses mandibules sont courtes et dentées. Ses antennes sont courte* et monilifor- mes. Son menton est un peu échancré, et son lobe in- termédiaire aussi avancé que les latéraux et simple. Ses palpes sont terminés par un article en ovale très alongé. Ses jambes antérieures ont trois digitations en dehors, et les intermédiaires sont ciliées au côté exté- rieur comme dans les vrais Scarites. La seule espèce de notre pays est ,
LA CLIVINE FOUISSEUSE. (PI. /| , flg. 1.)
Clivina fossor. Lin. -
Sa couleur est un brun presque noir , avec les ély- tres plus ou moins rougeâtres, soit en entier, soit en partie. Ses pattes, ses antennes et sa bouche sont d'un
I. Etym. Clh'ina, nom d'un oiseau chez les Latins. — Syn. Scarites, Fabricius, Olivis'i- et autres. — Tenebrio, Linné.
1. Tenehrio fossor,YavLn.,Saec ^u.o 808. — Scarites areiiarins , Fab., Syst. Eleuth., t. 1 , pag. laS. — Dej. Spec, t. I, pag. 4i3; el Icon., pi. 23,
^O COLliOPTÈUES-PEN TA MERES.
brun rougeâtre; le bout de ses mandibules est noir. Sa tète est marquée , de chaque côté , d'un sillon pro- fond et inégal, et au milieu d'un point enfoncé. Son corselet est faiblement ridé en travers ; sa ligne dor- sale est profonde et légèrement crénelée. Ses élytres sont plus larges vers les deux tiers de leur longueur qu'à leur base , et marquées de stries profondes , ponc- tuées vers le milieu des élytres et lisses sur les côtés et au bout : on distingue quatre gros points enfoncés , placés en série sur la troisième strie , et également es- pacés. L'abdomen présente , en dessous, plusieurs sé- ries de points.
On trouve cette espèce dans toute la France , prin- cipalement dans la terre des lieux humides. Elle a trois lignes de longueur, et trois quarts de ligne de lar- geur. On en distingue plusieurs variétés que voici :
1.° Le type de l'espèce qui a toute la surface des élytres noire, excepté les bords et l'extrémité.
2." Une deuxième variété , dont les élytres sont rou- ges, avec la suture couverte, dans toute sa longueur, d'une tache alongée, noire ^.
5.° Une troisième, dont les élytres sont entièrement rouges 2.
4.° Une autre, dans laquelle tout le corps est de cette couleur^.
5." Enfin, une dernière, qui est d'un jaune roux, avec les seules mandibules noires^.
1. Clivina discipennis ,De]. Spec, t. I, pag. ^i^.
2. Carabus coUaris , Herbst, Archiv., t. V, pag. i4',pl- 29 , fig. l5. — Dej., ibid. — Steph., Illustr. of British Entom., t. I,pag. l\o, pi. 3, fig. 3; Curlis, British Ent., t. IV, pi. lyS.
3. Cliuina sangiiinea, Dej., ibid.
4. C. gibbicollis, Dej., ibid. — Voyez, pour les autres espèces, ce
>- SCAUlïlDES. ■- 1
g." LES DYscHiRiEs. — DysclùniLS. BoN.^
Sous-genre établi par Bonelli dans le tableau sy- noptique joint à ses observations, sur une Clivine qu'il avait nommée Dyscliirie, et sur plusieurs autres sem- blables, qui se distinguent des vraies divines par la forme du dernier article de leurs palpes en ovale très renflé; par la lèvre supérieure échancrée, inégale et sensiblement ridée, comme dans les premiers sous- genres , et un peu plus avancée que celle des Clivines : son échancrure est anguleuse. Ses antennes sont mo- niliformes et atteignent le milieu du corselet. Ses mandibules sont plus fortes, plus arquées , plus aiguës. Son menton est sans dent, ou cette dent est très courte et peu visible.
Les caractères les plus apparens de ce groupe con- sistent dans la grosseur des cuisses antérieures, dans la forme globuleuse du corselet qui est lisse , dans celle des jambes de devant qui sont élargies, et dont la digitation inférieure est très longue et courbée, res- semblant à l'éperon qui est du côté opposé (/)/. 4, fig. 2, a.). Les digitations supérieures, au nombre de trois, environ, sont très petites et placées un peu en arrière, ce qui a fait dire qu'elles n'existaient pas.
Les espèces de ce sous-genre se trouvent en Europe
(jeiiiier ouvrage, et de plus: les Insectes d'Afrique et d'Amérique, par Palisot-Bcauvois.; — Say, Trans. of the Amer, pliilos. Soc. of Philad., t. II j
— les Annulosa Javanica, de M. Mac-Lcay ;le tome ÎX des Act. de la Soc. lloy. des Scieuces d'Upsalj — les Obsurv. Entom. de Bonelli j — les Etudes Entom. de M. de Laporte.
I. Etym. Aù« et %tïf, difficile j nom très bien applique à ces insectes,
— Syn. Scarites, Fabricius, Olivier et autres j — Clii'ina, Dcjean.
72 COLÉOPTÈRES-PENTAMÈRES.
et dans le nord de l'Amérique. Elles sont d'une étude très difficile , et il y a de la confusion dans les descrip- tions qu'en ont données les auteurs. INous allons en faire connaître une qui se trouve autour de Paris.
LE DYSCHIRIE BOSSU. (PI. 4? f'g- 3-)
Dyschirius gibbus. Fab.^
C'est un très petit insecte d'un bronzé obscur, avec la base des antennes et les pattes rousses. Sa tête est marquée, de chaque côté, d'une forte impression. La ligne dorsale de son corselet est très faible. Ses élytres sont presque globuleuses, élargies au milieu, et marquées de stries que forment des points enfoncés, profonds à la base , et qui s'affaiblissent de plus en plus vers le bout ; ces stries sont effacées sur les côtés et surtout vers le bout : la série marginale de points enfoncés est interrompue au milieu; le troisième in- tervalle présente un, deux ou trois points enfoncés.
Sa longueur est d'une ligne environ , et sa largeur de la moitié seulement.
Observation. Latreille avait remarqué , dans la deuxième édition du Règne animal, que le Dysc/iirie arctique présentait les caractères des Brosques ou Cé- phalotes. Ayant vérifié cette observation, nous avons décrit cette espèce à l'article de ce dernier sous-genre
1 . Scarites gibbus? Entom., Syst., t I , pag. g6. — Clii'ina gibba, Gyl- lenhal, Insecta Suecica, t. II, pag. 171. (Il n'y a pas de bonne figure à citer). — Consultez, sur ce groupe, le Species de M. le comte Dejoan; mais sur- tout les lilustr. of Briti&h Entom. de M. Stephens, t. I; le Bi-istish Entom. de M. Curtis, t. YIIT; les Insecta Suecica de M. Gyllenhal. Le Cliyiua dyschiiia de Bonelli n'est pas encore reconnu.
SCAKlTlDliS. 70
(tom. IV, pag. 379). De son côté , M. Curtis adopta aussi l'idée de l'Entomologiste français , mais il forma, avec cet insecte, sous le nom de Leioghiton, un sous-genre [British Entomology, t. VIII, p. 346), qui diffère sous quelques rapports de celui des Bros- ques. Il a très bien représenté ses caractères, et l'on pourra les comparer facilement avec ceux de ce der- nier groupe.
QUATRIÈME FAMILLE. LES DIÏOMIENS.
Nous ne comprendrions , dans cette petite famille , que le genre des Ditomes , accompagné des sous- genres Cartère et Apotome, si nous suivions l'ordre établi avant nous. Mais les raisons que nous avons ex- posées à la famille des Siagoniens nous obligent à y ajouter les Coscinies et les Mélènes , auxquels nous joignons un sous-genre nouveau, sous le nom de Glypte. Ce dernier s'écarte de tous les autres par des carac- tères particuliers. 11 a les cuisses de derrière très gros- ses, comme dans les insectes essentiellement sauteurs, tels que nous en verrons par la suite, et les quatre premiers articles des tarses de devant élargis et garnis en-dessus de poils serrés et formant une sorte de brosse. Nous n'en connaissons que le mâle. Cette organisation des tarses antérieurs , qui se remarque aussi dans le
74 COLEOPTERES-PENTAMÈRES.
sous-genre des Cartères, le rapproche beaucoup de la race suivante , dans laquelle les tarses sont confor- més d'une manière semblable, mais l'ensemble de ses formes parait devoir le faire entrer dans cette fa- mille. Il tient même aux Dyschiries , dernier sous- genre des Scaritiens , par la grosseur de ses cuisses de devant. Néanmoins , il devrait être pla«é à la fin de ta famille, ainsi que les Cartères, comme devant servir à lier la race des Scaritides à celle des Carabides. Nous adopterions ici cette disposition, si nous n'étions obligé de présenter d'abord le genre qui sert de type à toute la famille.
Les Ditomiens sont en général des insectes noirs, mais quelques-uns d'entre eux sont ornés de belles couleurs bleues et violettes ; deux de leurs sous-genres, les Coscinies et les Apotômes, sont fauves, au moins en partie. Ces derniers sont propres au midi de l'Europe, et les Cosciniens au nord de l'Afrique , à l'Egypte et au Sénégal. Les Mélènes ne se trouvent que dans ce dernier pays. Les Cartères et la plus grande partie des Ditomes sont européens; les autres se trouvent en Orient ou dans le nord de l'Afrique : ce sont aussi des insectes méditerranéens. Quant au sous -genre des Glyptes , on ignore sa véritable patrie , mais tout porte à croire qu'il vient des Indes Orientales.
Voici les caractères propres à faire distinguer entre eux les différens groupes de cette famille :
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COLEOPTEKES-Pli NTAMEKES.
GENRE DITOME. DITOMVS. BONELLI.^
Jusqu'aux travaux de Bonelli , qui ont été publiés dans les Mémoires de l'Académie royale de Turin^ on regardait les insectes de ce genre comme appartenant aux Scarites , et Latreille plaçait à la fin de ses Har- pales, de manière à faire le passage de ce dernier genre au premier, l'espèce qui a servi de type aux Ditomes, et que Fabricius avait classée parmi les Scaarus. La conformation des articles des tarses, qui sont simples et semblables dans les deux sexes, empêchait qu'on les laissât plus long-temps avec les Harpales , et le dé- faut de digitations aux jambes de devant devait les faire éloigner des Scarites. Tels furent , dans l'origine, les caractères qu'on dut leur assigner, et qui seraient suffisans aujourd'hui même, s'il n'y avait quelques groupes plus récemment connus, dont il devient né- cessaire de les distinguer. Aussi ferons-'nous remarquer que les Ditomes ont les palpes maxillaires un peu plus longs que les labiaux, et terminés par un article ova- laire , celui des labiaux est presque pointu; leurs an- tennes sont longues, sétacées, atteignant à-peu-près le milieu des élytres, et leur premier article est alongé et plus gros vers le bout ; leur menton est muni d'une dent peu saillante.
1. Etym. AU, deux, rô//»? , pièce. — Syn. ScarUes , 0\\y\.c\- ; Caiabus, Scaiirus, Fabricius. — Disloiwis, Sleplieas.
SCARITIDES. 'J'^j
Les espèces de ce genre présentent deux modifica- tions de formes bien distinctes , que nous indiquerons par des signes de division. La première a la lèvre su- périeure presque carrée , la tête et le corselet assez étroits, ce dernier en forme de cœur, presque globu- leux, comme dans les derniers sous-genres de Scari- tiens, et les élytres alongées. Dans plusieurs mâles, les mandibules sont surmontées d'une forte saillie, et la tête présente une corne assez grosse. On retrouve des vestiges de l'une et de l'autre dans leurs femelles. Ce sont les Ditomes proprement dites. Nous y réunis- sons les Distomes de M. Stepliens, qui semblent com- posés des Ditomes sans saillie ni cornes.
La deuxième division se distingue par sa lèvre su- périeure très courte, sans angles latéraux; par sa tête et son corselet très larges , et surtout par la forme sémi-lunaire de ce dernier, qui est très échancré en avant et étranglé en arrière. Les élytres sont plus courtes et plus larges que dans les précédens. Ils cons- tituent le genre Aristus de M. Ziegler, et de Latreille dans la première édition du Règne animal. Nous al- lons donner des exemples de l'une et de l'autre de ces divisions, en décrivant les espèces de France.
a. LES DITOMES proprement dits.
1. LE DITOME DE CALYDON.
Ditomus Calydonius. Rossi.^
Sa couleur est un noir brillant. Les points qui re- couvrent son corselet sont plus gros que ceux de la
I. ScarLies Calydonius, Taun. Etrusc, t. I, pag.228, pi. 8, fig. 89. — Dej. Spec, t. I, pag. /jSg; et Tcon,, pi. 26, fig. 2.
78 COLÉOPTÈRES-PENTAMÈr.ES.
tête' et des élylres. Sa tète présente à son milieu un très petit espace lisse. Les mandibules du mâle sup- portent à leur base , en-dessus , une forte saillie cour- bée en avant, plus épaisse au milieu, et qui imite, avec celle du côté opposé, une deuxième paire de mandibules : celles de la femelle n'offrent qu'une saillie peu élevée et anguleuse. La tête du mâle présente de plus une corne très grosse , assez courte , dirigée en avant , où elle se courbe et se divise presque en deux parties : cette corne est remplacée dans la femelle par une sorte d'épine courte , mince et tronquée au bout. Les élytres ont des stries peu profondes, et finement ponctuées, dont les intervalles sont plats, ponctués aussi, et marqués en outre d'une série de points plus gros. Les pattes sont d'un brun rougeâtre , et les an- tennes d'un brun plus obscur.
On trouve cet insecte dans le midi de la France, en Italie et en Espagne. Il a huit ou neuf lignes de Ion- sueur, et deux et demie ou trois de largeur.
Observation. Latreille, dans la deuxième édition du Pvègne animal (tom. IV, pag. 087), dit que le Carabus calydonius de Fabricius , d'après une étiquette mise par cet auteur sur un insecte du Muséum, est différent de celui que décrit sous ce nom M. le comte Dejean. Cela prouve qu'il n'a pas réfléchi que , jusqu'aux tra- vaux de ce dernier savant, on confondait sous le même nom les Ditomus Calydonius et cornutus ; c'est M. le comte Dejean qui les a distingués. L'insecte nommé par Fabricius était alors un Calydonius; le peu de mcKls qu'en dit Latreille fait voir qu'il doit aujourd'hui se rapporter au cornutus Dej.
SCAIIÎTIDES. 79
2. LE DITOilE CORNU.
Ditomus cornutus. Dej. ^
Sa taille est un peu moindre que celle du précé- dent, auquel il ressemble d'ailleurs beaucoup. La corne de la tête du mâle est amincie à la base, et élargie avant l'extrémité qui se termine en pointe ; ce qui lui donne à-peu-près la forme d'un fer de lance. La fe- melle se distingue moins aisément que le mâle : la saillie de ses mandibules est moins forte, et n'a point cet angle avancé que l'on remarque dans l'autre es- pèce. On peut remarquer, en outre, que les inter- valles des slries des élytres sont beaucoup plus fine- ment ponctués. Tout le reste est semblable dans l'une et dans l'autre espèce.
On rencontre cette dernière dans le midi de la France , en Sicile et en Italie. Elle a sept lignes de longueur, et deux et demie de largeur.
3. LE DITOME A PIEDS FAUVES. (PI. 4) ^g- 5.)
Ditomus fulvipes. Dej.^ Il est d'un noir assez brillant. Sa tête est fortement
impressionnée entre les antennes, et marquée à son milieu d'un espace tout-à-fait lisse. Ses élytres ont des stries bien marquées et ponctuées dans toute leur longueur : les intervalles des stries sont parsemés de points nombreux plus gros que ceux des stries , mais
1. Spec, t. I, pag. 44oj G' Icon,, pi. .«6, llg. 3.
2. Ibid., pag. 444 j ^* Icon., pi. u6, fig. 7.
8o COLÉOPTÈUES-PENTAMÈRES.
moins cependant que les points de la tête et du cor- selet. Ses pattes et ses palpes sont d'un fauve roux.
On trouve cette espèce dans le midi de la France, et plus rarement aux environs de Paris. On la prend quelquefois sur les graminées. Sa longueur est de quatre lignes et demie , et sa largeur d'une et demie.
/3. LES ARISTES. 4- LE DITOME A GROSSE TÊTE.
Ditomus capito. Dej.''^
Sa couleur est un noir peu brillant, à cause du grand nombre de petits points qui recouvrent tout son corps. Il a le chaperon marqué de fortes rides longitudinales. Sa tête présente au milieu un espace tout-à-fait lisse. La ligne transversale du bord anté- rieur de son corselet est assez profonde et droite. Ses élytres ont des stries bien marquées avec des points très-petits : les intervalles sont peu élevés. Ses palpes et ses tarses sont d'un roux brun.
On trouve cet insecte dans le midi de la France et en Espagne. Il a cinq lignes et demie de longueur, et deux et un quart de largeur : celle du corselet est de deux et demie.
5. LE DITOME A BOUCLIER.
Ditomus clypeatus. Ross.^
On reconnaît cet insecte à sa forme plus alongée que celle du précédent, et aux rides de son chaperon,
1. Spec, t. T, pag. 4^45 «^^ Icon., pi. 26. fig. 7.
2. Scarites clypeatus, Faun. Etnisc, 1. 1, pag. 228. — Scaurus sulcatus , Fab. Ent. Syst., i. I,pag. 98 j Dej. Spec , t. I, pag.446, eticon., pi. 27, %• 5.
SCARITIDES, 81
qui sont moins fortes et moins nombreuses. Sa tele est couverte de points peu rapprochés; ceux du cor- selet le sont davantage. Ses élytres ont des stries pro- fondes et ponctuées , dont les intervalles , presque plats, sont lisses, et marqués, de deux en deux, d'une série de points enfoncés, excepté vers le bout, où ils en ont tous également. Ses tarses, ses palpes et ses antennes sont d'un brun assez clair.
11 habite le midi de la France. Sa longueur est de cinq lignes, et sa largeur de deux au milieu des élytres, et de deux et un quart à celui du corselet.
Observation. Cet insecte a été décrit par Fabricius sous le nom de Scaurus sulcatus, dans la collection même d'Olivier. Ce dernier ne fît cependant pas diffi- culté de le publier, avec ses Scarites, sous celui de Biicep/ialuSj qui fut adopté par Latreille. M. le comte Dejean lui préféra le nom de Fabricius , mais sans plus de raison, car celui de Rossi est le plus ancien.
6. LE DITOME A TÊTE RONDE.
Dilomm sphœroceplialus. Oliv.^
Il a la forme du précédent; mais il est moindre d'un tiers. Sa couleur est un noir assez brillant. Son chape- ron n'a que des rides très courtes et placées sur les côtés. Sa tête est lisse au milieu, dans presque toute
I. Scariles sphœroceplialus, Ent., t. III, n.o 36, pag. i3, pi. i, fig. 4- — Dcj. Spec , t. I, pag. 44'*^; et Icon., t. I, pi. 27. fig. 8. — Voyez, pour les antres espèces, le Species de M. le comte Dejean 5 — les Insect. Spec. novae de M. Gérmarj — la partie Eiitomologique de l'expédition de Morée ^ — les Illiistr. of British Enloni. de M. Stephens,
IIVSECTES. V. 6
Sa COLÉOPTÈRES-PENTAMÈRES.
sa longueur ; le reste de sa surface et celle du corselet sont couverts de points rapprochés. Les stries de ses élytres sont bien marquées, mais peu profondes et finement ponctuées; leurs intervalles sont tout-à-fait plats , et présentent une série peu régulière de points enfoncés bien plus faibles que ceux de la tête et du corselet. Ses pattes, ses antennes et ses palpes sont d'un brun rougeâtre.
Il est assez répandu dans le midi de la France , et se trouve aussi en Espagne, sur la côte de Barbarie et dans l'Asie-Mineure. Sa longueur est de trois lignes et demie , et sa largeur d'une ligne et un quart.
Les sous-genres qui se groupent autour des Dito- mes, sont,
i.°LES ckK£ÈnEs.— Carterus. Dej.'^
Qui ressemblent tout-à-fait aux Ditomes de la pre- mière division par leur aspect général, mais qui en diffèrent par la forme presque carrée de leur lèvi^e su- périeure, qui est fortement échancrée ; par le premier article de leurs antennes, qui est long et presque en fuseau ; et, enfin, par la dilatation des quatre premiers articles des tarses de devant dans les mâles, ce qui les rapproche des Harpalides. La seule espèce de ce sous- genre , que nous connaissons par l'ouvrage de M. le comte Dejean , est ,
I. Etym. xapTspoï , robuste.
SCARITIDCS. 85
LE CARTÈRE SURPRIS.
Carterus interceptas . Dej.''^
Il ressemble par sa forme et sa couleur au Ditome de Calydon, mais il est un peu moindre , et n'a pas de corne ni de saillie à la tête et aux mandibules. Dans le mâle , la tête est marquée , entre les antennes , d'une impression large et profonde. Son corselet est très large en avant , et rétréci en arrière. Ses élytres ont des stries légèrement ponctuées , dont les inter- valles sont un peu relevés sur les côtés des élytres , et plus plats auprès de leur suture. Toute la surface de son corps est couverte de points très serrés. Ses pattes et ses antennes sont d'un brun rougeâtre, un peu plus obscur sur la lèvre supérieure.
On le trouve en Portugal. Il a six ou sept lignes de longueur, et deux environ de largeur.
2.° LES GLYPTES. GlyptUS. Br.^
Ces insectes partagent avec lesprécédens le caractère d'avoir les quatre premiers articles des tarses antérieurs élargis dans les mâles : leur face inférieure est garnie de deux rangées de papilles nombreuses, disposées comme dans les Harpales , ce qui indique de nouveau les rap- ports des Scaritides avec la race des Harpalides. Du reste , le sous-genre que nous décrivons se fait remar- quer par ses antennes fort courtes, n'atteignant pas le
1. Spec, t. V, pag. 5i6^ et Icon., pi. 26, fig. I.
2. Etyni. yAvTrln, sculplé.
84 COLÉOPTÈRES-PENTAMÈRES.
milieu du corselet, et moniliformes, à articles du mi- lieu plus larges que les autres. Ses mandibules sont très arquées, saillantes, peu épaisses, sans dents et assez aiguës. Sa lèvi^e supérieure est courte, faiblement échancrée. Le dernier article de ses palpes maxillaires est court et ovale , et celui des labiaux est plus long et cylindroide. Son menton a une dent très courte, divi- sée en deux par une petite suture. Ses jambes sont élargies au bout dans tout leur contour, et celles de devant aplaties en dehors, et ciliées sur les côtés. Les cuisses antérieures sont renflées, mais bien moins que les postérieures qui sont très grosses, avec un tro- chanter également très développé. Les jambes du milieu manquent dans le seul individu que nous ayons vu.
Le corps d^s Glyptes est assez plat, et plus large que celui des Ditomes. Son corselet est en carré plus large que long , avec les angles arrondis. La seule es- pèce connue est,
LE GLYPTE SCULPTÉ. (PI. [^ , fig. 4-)
Glyptus sculptilis. Br.
Sa couleur est un noir assez terne. Sa tête et son corselet sont très finement ponctués, et couverts de rides fort légères : le bord antérieur du corselet est un peu sinueux , ses côtés sont arrondis et ses angles un peu sentis; il est entouré d'un rebord large, et plus rugueux que le reste de sa surface. Ses élytres sont marquées de stries profondes et ponctuées : les inter- valles des stries sont élevés, arrondis et ornés de stries
SCARITIDES. 85
transversales très nombreuses, qui les font paraître ci- selés ; le troisième ofTre , en outre , deux points enfon- cés : le premier au-delà du milieu , et l'autre avant le bout des élytres; celles-ci sont bordées d'une gout- tière, et plus larges au tiers antérieur, où elles forment une légère saillie ; leur extrémité est tronquée obli- quement.
Cet insecte, que la grosseur de ses cuisses de der- rière rend un des plus remarquables de toute cette tribu, a été cédé au Muséum par M. Gory , bien qu'il ne possédât que ce seul individu. 11 présume qu'il l'a reçu avec d'autres espèces des Indes Orientales. Sa longueur est de neuf lignes, et sa largeur de trois et demie.
3.° LES MÉLÈNES. — Melœuus. Dej.^
Ce sous-genre , à qui sa couleur a valu le nom qu'il porte , avait été placé par M. le comte Dejean, qui l'a fait connaître le premier, dans la famille des Siago- niens, ainsi que celui q«i va suivre. Mais l'observation plus exacte des caractères de l'un et de l'autre nous a engagé à les placer ici. Les Mélènes ont les longues antennes des Ditomes, avec le premier article court et gros, et le dernier de leurs palpes très faiblement élargi. Leur menton, court et large, est articulé comme à l'ordinaire 2, et le lobe intermédiaire bi- fide, plus court que les latéraux. Leur lèvre supérieure est plus large que longue, arrondie sur les côtés, et
1 . Elym. ijAXa.^ , iMKa.iti<t% , noir.
2. Sous ce rapport, et sous quelques autres, cette description ne s'ac- corde pas avec celle donnée par M. le comte Dejean. ( Spec, t. V, pag. !\%i)-
86 COLÉOPTÈRES-PENTAMÈRES.
échancrée en avant ; elle présente de chaque côté un profond sillon , qui la fait paraître carrée lorsqu'on l'examine légèrement. Ces insectes ont le corps plat , le corselet en cœur, à-peu-près aussi long que large , et les élytres ovales.
On n'en connaît qu'une espèce qui est ,
LE MÉLÈNE ÉLÉGANT.
Melœnus elegans. Dej.*^
Sa couleur est un noir peu brillant et comme ve- louté. Les sept derniers articles de ses antennes et ses palpes sont d'un roux foncé; les pattes sont tout-à-fait brunes. Sa tête et son corselet présentent des points enfoncés, plus nombreux sur la première , et le cor- selet est bordé d'une gouttière étroite qui forme une petite dentelure auprès des angles postérieurs. Ses élytres sont munies d'une gouttière comme le corse- let, et marquées de stries profondes garnies de points enfoncés qui les font paraître crénelées : les inter- valles des stries sont plats. Tout le dessous du corps est ponctué.
Cet insecte vit au Sénégal. Il a quatre lignes de longueur, et une et demie de largeur. Les individus que possède le Muséum , lui ont été donnés par M. Le- prieur.
4.° les coscinies. — Coscinia. Dej.-
Ils ressemblent aux précédons par l'ensemble de leur aspect et par plusieurs caractères; mais ils sont
1. Spec, l. V, pag. 4<S2.
2. Etym, Kterr.iim, petit crible.
SCARITIDES. 87
(l'une taille beaucoup moindre, et leurs couleurs sont plus gaies. On les distingue surtout par leur menton , qui n'a pas de lobe intermédiaire, et dont l'ëchan- crure est profonde. Leurs palpes sont terminés par un article ovalaire. Leur corps est plat; leur corselet, en cœur, plus long que large, et leurs élytres sont peu alongées. Le type de ce sous-genre est,
LA COSCINIE DE 9CHUPPEL.
Coscinia Sck'ùppelii. Dej.^
Elle est d'un brun très foncé ou noirâtre , avec la première moitié des élytres rousse ainsi que les pat- tes. Ses antennes sont brunes, et leur premier article est d'un roux brun, ainsi que la lèvre supérieure, les palpes et le dessous du corps. Celui-ci est parsemé de points assez gros et assez rapprochés. Le ventre seul est lisse.
On trouve cette espèce en Egypte. Elle a quatre lignes de longueur, et une et demie de largeur.
5." LES APOTOMES. ApOtOMUS. LaTR.'^
Ce sous-genre a été établi par Latreille, dans ses Considérations sur [Ordre naturel des Crustacés, etc. , sur un insecte que Rossi et , après lui , Olivier avaient rangé avec les Scarites. Ce qui le distingue , non-seu-
1. Spec, t. I,pag. 363, et t. V,pag. 479.— Klug et Ehremberg, Symb. Phys., pi. 23, fig. 2. — Deux autres espèces sont décrites dans l'ouvrage de M. le comte Dcjean.
2. Etym. à7rÔT0(«« , coupe.
88 COLÉOPTÈRES-PENTAMÈRES.
lement de tous les Ditomiens, mais de toute la race des Scarilides , c'est la largeur de ses palpes maxil- taires ^, qui dépassent de beaucoup la tête et qui sont minces et fdiformes. Ses palpes labiaux sont courts , avec le dernier article velu et terminé en pointe, ce qui avait engagé Latreille à le placer avec les Subuli- palpes^. Sa lèvre supérieure est lisse, plus large que longue, échancrée, avec les angles saillans. Son menton a une échancrure profonde et sans aucune dent appa- rente. Le corps des Apotomes est étroit, cylindrique, avec le corselet globuleux, ce qui leur donne beau- coup d'analogie avec les Dyschiries ; mais ils n'ont pas, comme ceux-ci , les pattes antérieures palmées. Leurs élytres sont tronquées à la base , et c'est de là sans doute que leur vient leur nom. La seule espèce con- nue est :
l'apotojie roux. (PI. 4? fig- 5.) Apotomus rufus. Rossi^.
Sa couleur est un roux assez obscur , mais les pal- pes, la base des antennes et les tarses sont jaunâtres. Sa tête présente deux impressions en avant. Son cor- selet est lisse, avec sa ligne dorsale visible seulement en avant , et un étranglement en arrière. Ses élytres sont marquées de stries formées par des points pro-
I. Quelques auteurs les ont pris, mais à tort, pour les palpes labiaux.
2 Regn. Anim., i.« éd., t. III, pag. 2o5.
3. Scarites rufus,¥aun. Etrusc, t. I, pag. 229, pi. 4, fig- 3. — Dej. Spec, t. I, pag. 4505 et Icon., pi. aS, fig. 5. Ajoutez-y la deuxième espèce dé- crite par ce dernier auteur, et qui ne semble cire qu'une variété de la précédenle. •
CARABIDES. 89
fonds et arrondis : les intervalles des stries sont à peine relevés. Tout son corps, excepté sur le corselet, est revêtu de poils assez longs.
Il habite le midi de l'Europe et de la France en particulier. Sa longueur est de deux lignes, et sa lar- geur de trois quarts de ligne.
«.Q<>4yiih*i'w4yit^^-&^i'j^-&o^>i^Ay-^^
SIXIEMi: XLACX: DES C ARABIQUES.
LES CARABIDES.
Cette race de coléoptères carnassiers renferme les plus grandes espèces : on ne peut leur comparer, sous ce rapport , que les Anthies parmi les Brachinides , quelques Scarites, les Tefflus parmi les Chloenides, et les Catadromes parmi les Féronides. Elle a successive- ment reçu les noms de Simpliciman.es , Abdominaux^ Grandipalpes et Simplicipèdes. De tous ces noms , celui de Simplicimanes est celui qui lui convient le moins , parce qu'en effet ses tarses sont loin d'être simples dans les mâles : ils sont, au contraire, élargis et velus, comme dans les mâles des Chltenides, et de quelques Har- palides. Bonelli, qui l'avait ainsi désignée, la divisait en deux sections : les Carabes vrais, qui sont aptères et dont les élytres sont ordinairement soudées , avec le dernier article des palpes élargi ; et les Calosomes , qui ont des ailes et le dernier article d-es palpes à
90 COLÉOPTÈRES-PENTAMÈRES.
peine plus large que les autres. C'est l'élargissement du dernier article des palpes et le grand développe- ment de ces organes qui avait engagé Latreille à dis- tinguer les Carabides par le nom de Grandipalpes. Il les présenta aussi sous celui d'Abdominaux pour les mettre en opposition avec les autres Carabiques qu'il nommait Thoracic/ues , parce que, dans ceux-ci, l'ab- domen est moins disproportionné avec les élytres que dans les Carabides. Enfin, le nom deSimplicipèdes, qui leur convient assez, vient de ce que leurs jambes de devant n'ont pas d'échancrure apparente au côté in- terne, cette échancrure étant rejetée en arrière.
Nos Carabides ne correspondent pas exactement aux Simplicipèdes de M. le comte Dejean : nous en avons retiré, d'une part, les Tefflus et les Pambores, pour les placer parmi les Chiaenides , avec les Pana- gées ; et de l'autre, nous avons renvoyé, dans une autre race, celle des Elaphrides, le genre Elaphre et les sous-genres qui en dépendent , ainsi que les Nébries et leurs divisions. Nous présenterons plus loin les ca- ractères des Elaphrides : quant à ceux de la race qui nous occupe , ils sont tirés , comme nous l'avons dit dans le volume précédent, de l'absence apparente d'échancrure aux Jambes, et de la saillie des palpes qui sont avancés et presque toujours élargis à l'extré- mité. Les mandibules des Carabides sont longues , étroites, peu arquées, et la plupart n'ont de dents qu'à la base. Leurs élytres et leur abdomen forment la plus grande partie de leur corps : deux de leurs tarses , les antérieurs , sont les seuls qui s'élargisseiît dans les mâles, et leur face inférieure est garnie de poils très serrés.
CARABII3ES. 9*
Quoique ces insectes soient très voraces dans leur état parfait , et que leur grande taille les rende le fléau des autres espèces , ils leur sont plus nuisibles encore dans leur état de larve, lléaumur nous a laissé , à cet égard, des détails remplis d'intérêt, dans le deuxième volume de ses Mémoires.
« Un des insectes les plus redoutables, dit ce grand observateur, est un ver noir qui a six pattes écailleuses, attachées aux trois premiers anneaux de son corps : il devient aussi long et plus gros qu'une chenille de mé- diocre grandeur. Le dessus de son corps est d'un beau noir lustré, et il semble que ses anneaux soient écailleux ou crustacés , bien que les neuf derniers soient plus noirs que ceux que portent les pattes. La tète est munie de deux mandibules ou « pinces écail- leuses » recourbées l'une vers l'autre, et à l'aide des- quelles il perce aisément le ventre des chenilles; car c'est ordinairement par le ventre qu'il les attaque. » On voit que cette habitude leur est commune avec la larve que nous avons décrite plus haut d'après Goe- dart (page 19); nous trouverons d'ailleurs d'autres rap- ports entre elles. « La chenille que le ver a une fois percée, continue lléaumur, a beau s'agiter et se tour- menter, il ne l'abandonne pas qu'il ne l'ait presque entièrement dévorée. La plus grosse chenille suffit à peine pour le nourrir un jour, et, quand il le peut , il en mange plus d'une dans la même journée.
» Ces vers très gloutons ont soin de se placer à merveille pour que la nourriture ne leur manque pas ; ils savent fort bien trouver les nids des chenilles processionnaires, et s'y établissent. J'ai rarement ou- vert un de ces nids sans y rencontrer quelque ver de
92 COLEOPTEKES-PENTAMERES.
cette espèce, et souvent j'en ai trouvé cinq ou six. » Les nymphes de ces mêmes chenilles sont également de leur goût, car Réaumur ajoute qu'ils restent dans ces nids même après la transformation de ces dernières.
Le temps où ce ver est d'un beau noir, est celui où il a besoin de nourriture : quand il s'est gorgé de chenilles, sa peau alors bien tendue, laisse voir la membrane qui réunit les segmens de son corps, dont la couleur est brune avec les côtés blancs. Réaumur a vu de ces vers tellement remplis de nourriture , que leur peau semblait prête à crever. « Aussi , dit-il , quoique dans d'autres momens ils soient vifs et fa- rouches, ils se laissent prendre alors et manier comme s'ils' étaient morts, et j'ai souvent cru qu'ils l'étaient en elTet : mais quand leur digestion est avancée , ils commencent à se mouvoir et redeviennent agiles comme auparavant. » Lorsque, par excès, ils sont hors d'état de se remuer, d'autres vers de la même espèce, quoique jeunes et fort petits , leur percent le ventre et les mangent, bien que les chenilles ne leur manquent pas. 11 paraît seulement qu'ils ne font pas de diffé- rence entre leur proie , et nous avons déjà observé le même fait au sujet d'un ver décrit par Goedart.
Cette voracité des larves décrites par Réaumur, l'empêcha d'étudier leurs transformations , parce qu'elles s'attaquaient entre elles dans les vases où il les renfermait. Il en a cependant vu une ou deux à l'état de nymphe , et il en a donné la figure sous le n." 17, dans la planche 37 de son deuxième volume. Le n.° i4 représente le même insecte à l'état de larve.
Réaumur pense que ce ver est le premier état du Calosome sycop/uinle que nous décrirons un peu plus
CAUAIUDES. 90
loin. Il a rencontré souvent ce dernier sur le chêne, donnant la chasse aux chenilles. Cependant on le trouve aussi sur d'autres arbres, et nous l'avons vu nous-mêmes courant sur les tiges et les branches des bouleaux. Sa démarche est fort agile; et, comme le dit Réaumur, il se promène de branches en branches avec beaucoup de facilité. L'opinion de ce savant , sur l'identité de la larve avec le Calosome sycophante, se trouve con- Qrmée par les observations que M. Boisgiraud, profes- seur de chimie à la Faculté des Sciences de Toulouse, a bien voulu communiquer, en i833, à M. Audouin, lors de son voyage dans le midi de la France.
« En 1825, j'allais régulièrement, dit M. Boisgiraud, faire, le soir, une promenade sous l'allée du boule- vard des Bains, à Poitiers. Les peupliers qui bordent la promenade étaient dévorés par une chenille que je crois être celle du Bombyx dispar. J'avais trouvé par hasard une femelle du Calosome sycophante , et je me rappelai son histoire que j'ai lue dans les Mémoires de Réaumur. Je plaçai cet insecte sur un des peupliers ; puis j'en mis cinq ou six autres que je me procurai en fra|)pant du pied de petits rameaux sur lesquels j'en ai souvent trouvés. L'année suivante , en faisant ma promenade accoutumée, je vis, sur le même peuplier, plusieursCalosomesquien descejidaient pour se rendre sur d'autres arbres. Il paraît que ces insectes devin- rent très nombreux cette année là : les chenilles l'é- taient aussi. Je me procurai quelques larves , dans les nids des chenilles. Je n'ai , dans ce moment , qu'un souvenir confus de ce que j'observai sur leur compte, n'ayant rien écrit alors à ce sujet. Je me rappelle seu- lement que je voyais , comme Réaumur, celles qui
94 COLÉOPTÈRES-PENTAMÈRES.
étaient repues, dévorées, à leur tour, par celles qui étaient à jeun. Je ne cherchai , du reste , à en élever aucune. En 1827, les Calosomes étaient répandus en grand nombre sur les peupliers ; et, dans une heure , j'en vis descendre plus de vingt d'un même arbre. Aussi voraces que leurs larves , ils se disputaient souvent la même chenille et se laissaient prendre aisément pen- dant leur repas. Leur odeur, quoique désagréable, est loin de l'être autant que celle des Carabes. Le nombre des chenilles était sensiblement moindre que l'an- née précédente. Je quittai Poitiers pour me rendre à Toulouse , et j'appris, par un de mes amis, que les chenilles avaient presque entièrement disparu l'année suivante. Ce résultat était-il dû aux Calosomes que j'a- vais transportés ; je le crois. Quoique l'endroit où je me les procurais ne soit pas éloigné de plus d'un quart de lieue, et qu'ils pussent y venir d'eux-mêmes, le résultat n'en aurait pas moins d'intérêt pour cela. »
Les larves des Carabes, celles des Procères, ne sont pas encore connues ; mais il est bien probable que ces insectes ont des mœurs analogues à celles des Caloso- mes. M. Boisgiraud , que nous citerons encore à ce sujet, pense que leur présence contribue efficacement à détruire d'autres espèces nuisibles. Dans l'ouest de la France, où le Hanneton commun est très abondant et dont la larve fait de si grands ravages, les Carabes, et en particulier le Carabe doré, ne sont pas très com- muns. On sait avec quelle voracité ces insectes dévo- rent les femelles de Hannetons qui viennent pondre à terre; et s'ils étaient répandus dans les mêmes lieux que ceux-ci, ils ne tarderaient pas à les détruire. Ces remarques fort justes de M, Boisgiraud, prouvent que
CAUABIDES. gj
les Carabes pourraient rendre d'importans services à l'agriculture, si l'on avait le soin de les répandre dans les jardins, au lieu de les détruire, et quel avantage la connaissance des insectes peut présenter aux agri- culteurs , en leur permettant d'employer les espèces carnassières à la destruction de celles qui se nourris- sent de végétaux.
Quelques autres recherches , non moins intéres- santes, dont M. Boisgiraud a fait part à M. Audouin, permettent de présenter l'histoire d'un sous-genre voisin des Carabes, que nous décrirons bientôt sous le nom de Procruste. La larve d'une des espèces, celle du Procruste chagriné^ que l'on trouve dans le midi de la France et autour de Paris, ressemble beaucoup à celle que Réaumur a décrite et dont il a été question plus haut. Sa couleur est un noir brillant ; et sa forme est un ovale alongé, lorsqu'elle est desséchée : il paraît qu'à l'état vivant, elle est presque cylindrique. Nous en donnons la figure, sous le n.° 6 de notre planche 4-
Sa longueur est de quinze lignes environ. Comme dans le ver de Goedart , elle a la tête concave en de- hors et pouvant se relever aisément; sa partie infé- rieure est convexe et divisée en deux par une suture profonde. Ses mandibules sont étroites, arquées, très aiguës , et se croisent dans le repos. Ses antennes , composées de peu d'articles, au nombre de quatre environ , sont terminées par un article pointu ; ses palpes ont le même nombre d'articles que dans l'in- secte parfait , et les labiaux seulement sont plus larges à l'extrémité. Tout son corps est de consistance cor- née , et les segmens qui le composent sont entourés d'un rebord bien marqué ; leur surface est finement
96 COLÉOrTÈRES-PENTAMÈRES.
ridée en travers. En dessus,' le corps est brun , et les segmens qui forment le ventre , c'est-à-dire ceux qui n'ont point de pattes , sont divisés en deux par une suture transversale , profonde et garnis, sur les côtés, de deux gros tubercules ovalaires qui en occupent toute la longueur : le rebord de la partie supérieure des segmens s'étend au-delà de ces tubercules. Le dernier segment du corps se termine , en dessus , par deux fortes épines un peu arquées, dirigées en l'air, et chacune d'elles est munie elle-même , en dessus , d'une autre épine plus courte , et placée à peu près vers son milieu. Les pattes sont armées de quelques épines et se terminent par deux petits crochets , comme dans l'insecte parfait.
« On trouve communément cette larve, dit M. Bois- giraud, près de Poitiers, en février et mars, et même en avril et mai. Elle vit, comme le Procruste chagriné, dans les haies , sous les mousses, et dans presque tous les lieux frais , où elle dévore les limaces et les escar- gots. Elle a beaucoup de peine à les tuer, et n'y par- vient qu'après un long temps. Elle attaque les plus grosses limaces et les Hélix, pomatia et adspersa. En mars 1826, je mis plusieurs de ces larves dans un vase plein de terre, que je recouvris d'une lame de verre. J'y ajoutai des limaces et des Hélix adspersa. Elles travaillèrent assez tranquillement; chacune d'elles at- taqua un animal auquel elle revenait toujours. La cha- leur les incommodant , je remplaçai le verre par une ardoise , et j'en recouvris aussi la terre. Elles se blot- tirent sous les morceaux d'ardoise que je leur avais donnés, et n'en sortirent que pour manger, ce qu'elles faisaient plusieurs fois par jour avec beaucovqj de vo-
CAUABIDIÎS. g^î
racité. Quelques-unes d'entrelles périrent, mais les autres se firent un trou dans la terre ; alors je ne les vis plus que rarement. Les restes infects des Hélices ou Escargots à demi dévorés, leur semblaient préfé- rables à des individus vivans, et j'en perdis plusieurs encore. Au commencement de mai, je n'en avais même plus qu'une seule. Ecartant alors avec précau- tion la terre au-dessus de son trou, je parvins à en découvrir le fond , qui formait une cavité elliptique et horizontale, où se trouvait la larve. Au lieu de la voûte supérieure, je plaçai une petite lame de verre que je recouvris de terre, en laissant toutefois dégagé le tuyau qui communiquait avec la surface du vase , et qui avait environ quatre pouces de longueur. La larve se réfugia dès-lors sous la plaque de verre. Ne la voyant pas reparaître au bout de trois jours , et remar- quant qu'elle ne prenait plus aucune nourriture , j'en- levai tout mon ouvrage, et je la vis très gonflée et dis- posée en demi-cercle. Elle quitta son enveloppe noire, et se métamorphosa en nymphe. Le 19 du même mois, la pellicule blanche dont elle était revêtue s'en- tr'ouvrit, et laissa sortir l'insecte parfait au bout de quelques instans. Il creusa très promptement la terre pour se rendre à sa surface. Sa couleur était brune , et son corps semblait n'avoir aucune consistance, mais il devint bientôt noir, et ses élytres se durcirent peu- à-peu. Il avait la grosseur ordinaire des autres indivi- dus de son espèce, et répandait cette odeur infecte qu'on lui connaît et que n'a jamais sa larve. Je lui présentai des Limaces qu'il dévora avec avidité. »
Les Procrustes et les Carabes se trouvent ordinai- rement sous les pierres, sous les arbres renversés.
g8 COLÉOPTÈRES-PEiMAMÈRES.
SOUS les feuilles mortes et humides, et semblent fuir la lumière. Il faut en excepter toutefois le Carabe doré, si répandu dans les jardins et les champs, où on le voit en plein jour. C'est au commencement et à la fin de la belle saison qu'on les rencontre le plus. Mieux que tous les autres Carabiques, ils ont la pro- priété de dégorger une liqueur noirâtre et caustique , d'une odeur pénétrante, et qui produit sur la peau une douleur assez sensible. MM. Kirby et Spence , dans leur Introduction à l'Entomologie^, la compa- rent à celle que ferait l'esprit-de-vin sur la peau de la figure lorsqu'elle vient d'être rasée ; mais on n'éprouve pas cet effet quand on les prend à la main. Lorsque , par imprudence , on approche de ses yeux un de ces insectes, la liqueur qu'ils lancent y cause des douleurs violentes qui ne cessent qu'au bout de quelques mi- nutes.
Tel est l'ensemble de nos connaissances à l'égard des mœurs et des propriétés de ceux des Carabides qui formeront pour nous la deuxième famille de cette race ; mais nous savons fort peu de chose au sujet des habitudes de la première, ou les Cychriens. Leurs métamorphoses nous sont inconnues, et les Cychres sont même les seuls que l'on trouve en Europe. Ils se rencontrent sous les pierres, les mousses, les détritus, et les écorces des vieux arbres. Lorsqu'on les in- quiète, ils font entendre un petit bruit assez aigu ou une espèce de sifflement , qui est dû , selon M. Marshall 2 au frottement des bords tranchans de
1. Tom. II, pag. 247.
2. Enloniological Magazine, t. I, pag. 21 3.
CARABIDES. 99
leur abdomen , contre deux petites rainures inté- rieures du repli latéral de leurs élytres.
Les Carabides se laissent aisément partager en deux familles, qui sont bien caractérisées par la forme du dernier article de leurs palpes extérieurs.
Dans les CyclirienSy cet article est très large, surtout dans les mâles, et de forme concave, ce qui l'a fait comparer à une cuiller [pi. 3, fig. i b, el 2 b.); les pal- pes sont grr?les et alongés ; les maxillaires sont plus longs que les labiaux. La lèvre supérieure est alongée et partagée en deux lobes étroits par une échancrure très profonde {fîg. 1, a.). Les mandibules sont grêles, saillantes, courbées seulement vers le bout, et aiguës; elles sont armées de dents acérées.
Les CarabtenSj, au contraire , n'ont pas de dents vi- sibles ; il en existe une seule à la base qui est presque cachée par la lèvre supérieure ; elles sont peu arquées et saillantes. Le dernier article de leurs palpes est sim- plement élargi en forme de triangle, et quelquefois, comme dans les Calosomes , il est presque aussi étroit que les articles précédens. Leur lèvre supérieure est plus large que longue, et échancrée au milieu : cette échancrure est peu profonde, et ordinairement an- guleuse.
100 COLEOPTERES-PENTAMERES.
PREMIÈRE FAMILLE. LES CYCHRÏENS.
Le type de cette famille, ou le genre des CychreSy est le seul qui se rencontre en Europe, comme nous l'avons dit plus haut. Les espèces dont il se compose sont répandues sur une grande partie de la surface du globe , car on les trouve aussi dans le nord de l'Amé- rique, et dans les îles de l'Océan indien. Les deux sous-genres qui en ont été détachés semblent exclu- sivement propres au nord de l'Amérique. Par l'en- semble de ses caractères , et surtout par la forme des palpes et par les poils serrés qui garnissent le dessous des tarses, dans les mâles, cette petite famille semble se lier avec celle des Panagéiens, et on pourrait peut- être, avec assez de rai.eon, rapprocher l'une de l'autre les deux races des Chlaenides et des Carabides. Le genre Pélécie^ que nous avons placé avec la première, a de grands rapports avec les Carabiens, par la forme de ses mandibules, qui sont saillantes et sans dents. Cette observation tendrait à prouver encore mieux que ces deux races pourraient très bien s'avoisiner , la disposition des brosses sous les tarses étant absolu- ment la même, ainsi que dans une partie des Harpa- lides ; tandis que le reste de ceux-ci, et toutes les Féronides , ont ces tarses garnis en dessous d'une
CARABIDES. 101
double rangée d écailles et de petites lamelles trans- versales. Quoi qu'il en soit de ces idées sur les rapports naturels, qui ne doivent pas nous arrêter ici plus long- temps , nous allons présenter les caractères des trois groupes dans lesquels on a réparti les insectes de la famille des Cychriens.
TABLEAU
DE LA DIVISION DE LA FAMILLE DES CYCHRIENS,
EN GENRES ET ET* SOUS-GEKRES.
aigus ; / dépassant le milieu antennes ( des ély très CYCHRUS .
MENTOwi ^
à lobes J I n'atteignant que le laléraax< Wiilieu des élytres SPHMRODERUS.
^obiiis SCAPHINOTUS.
GENRE CYCHRE. CYCHRUS. FaB.^
Le nom des insectes de ce genre était donné par les Grecs à une sorte d'oiseau. Ils ont été pour la pre- mière fois désignés de cette manière par Fabricius , qui les a séparés, dans le supplément au tome qua-
1. Etym. xujfpod, nom d'un oiseau, d'après M. Duméril. — Syn. Ca- rabus, de Géer, Olivier, etc.j Tenebrio , Linné.
1 02 C O LE O l'TE IlES-PE N T A ME RES.
Irième de son Entomologia systematica ^, du grand genre des Carabes, avec lesquels on les avait con- fondus jusqu'alors. C'était déjà un progrès que de les avoir regardés comme des Carabes, et c'est de Géer qui en a eu le premier l'idée , car Linné avait placé les espèces de ce genre qu'il connaissait , avec les Ténébrions , sans doute à cause de leurs élytres réu- nies et qui embrassent l'abdomen sur les côtés. En effet, les Ténébrions ont renfermé pendant long-temps des insectes à élytres soudées, comme nous le verrons plus loin, mais ils font partie d'une section différente, celle des Hétéromères.
Indépendamment des caractères qui leur sont com- muns avec toute la famille, les Cychres se font remar- quer par la longueur de leurs antennes, qui sont très grêles et dépassent le milieu des élytres ; leur premier article est plus long que les autres, et plus gros vers le bout. Leur menton a ses lobes latéraux aigus, et son échancrure est carrée , sans dent ou lobe intermé- diaire. Leurs tarses sont simples dans les deux sexes , c'est-à-dire qu'ils ne présentent point de dilatation , ni de brosse de poils sous leurs articles. Ils ont le corselet étroit, plus large cependant que la tête, un peu plus long que large , et faiblement rétréci en arrière. Leurs élytres soudées, comme nous l'avons dit plus haut, sont renflées, ovalaires, carénées sur les côtés, et un peu déprimées ou échancrées vers l'écusson. Leurs pattes sont grêles.
On trouve en France deux espèces de Cychres, qui sont :
1. Et précédemment dans le tome III des Mém. de la Soc. d'Hist. nat. de Copenhague.
CARABIDE.S. lOO
1. lï; cYciiiu-: a bec. (PI. 5, lip;. i.) Cychrus roslralus. Lin.^
Sa couleur est un noir peu brillant. Il a la tête for- tement ponctuée ou légèrement rugueuse. Son cor- selet est couvert de points profonds. Ses élytres sont entièrement garnies de tubercules serrés et disposés sans ordre, qui laissent deviner, plutôt qu'ils ne mon- trent, trois lignes faiblement élevées. Le bord infé- rieur de ces élytres est rugueux , et celui du corselet a des points profonds. Son ventre est lisse , et le côté de chacun de ses segmens offre une impression assez large. Les bords latéraux du corselet sont un peu re- levés, surtout en arrière.
On trouve cet insecte dans les parties orientales et méridionales de la France, dans les Alpes, les Pyré- nées, dans la plus grande partie du centre de l'Eu- rope et en Angleterre. Une seule fois il a été rencontré aux environs de Paris, par M. Audouin. Sa longueur est de sept à huit lignes , et sa largeur de trois et de- mie à quatre.
Observation. 11 existe une variété de cette espèce qui en diffère parce qu'elle n'a pas les côtés du cor- selet sinueux en arrière , au moins d'une manière sen- sible ; il paraît alors presque arrondi ^.
1. Tenehrio rostratus, Faun. Suec, n." 828 j — Carabus coadunalus , de Géer, Ins., t. IV , pag. 92, pi. 3, fig. i3j — CycJirus rostratus, Dej. Spec, t. II, pag. 8j et Icon., pi. 28, fig. 4-
1, Cychrus elongatus , Hoppe , iiov. acl. Acad. nat. Curios., t. XII, pag. 479, pi. 45, fig. 3; — D.-j. Spec, l, II, pag. 7 ; et Icon , pi. 28, lig- 3.
lO.j COLEOrri: IIES-FENTAMERK s.
2. LE CYCHRE AMINCI.
Cychrus atténuât us. Fab.'^
11 est d'une couleur bronzée assez brillanle. Sa tète est presque lisse , son corselet étroit en arrière et muni sur les côtés d'un bourrelet assez épais et point relevé comme dans le précédent. La ligne dorsale du corselet et ses impressions postérieures sont bien mar- quées : sa surface est couverte de points plus gros sur les côtés et en arrière que sur le milieu. Ses élytres ont des stries ponctuées, nombreuses, régulières à la base et qui s'effacent avant d'arriver au milieu : puis la surface des élytres est entièrement ponctuée d'une manière irrégulière, et présente trois séries de tuber- cules alongés et lisses. Les cuisses sont noires , les jambes fauves et les tarses bruns.
Ce joli insecte a six lignes de longueur et trois en- viron de largeur. Il se rencontre dans les mêmes en- droits que le précédent , et de plus dans le nord de la France.
Deux sous-genres se placent auprès des Cychres. Ce sont :
I. Carabus attenuaUis , Ent. Syst., t. I , pag. i3i; — Dej. Spec, t. II, pag. lo; el Icon., pi. 28, fig. 6. — Voyez, pour les autres espèces de ce genre, le Species de M. le comte Dejean; — le tome XTI des Actes des Curieux de la nature de Berlin j — les Observations Entomologiques de Bonelli; — le Zoologischer Atlas d'EschscIioltzj — les lllust. of British Entom. de M. Stephens 5 — le British Entom. de M. Curtis ; — les Insec- torum Species novae de M. Germ.nr, et enfin, l'Entomograplne de la Russie, par M. Fischer.
C/VRABIDES. 103
1." LES SPHÉRODÈRES — Spkœroderus. D^jA
Qui ont été séparés par M. le comte Dejean, à cause de l'élargissement des quatre premiers articles des tarses antérieurs des mâles : ces articles sont garnis en- dessous de poils serrés ; les deux premiers sont très larges avec leurs angles émoussés ; le troisième est plus large que le suivant , qui est très-petit et presque échancré [pi. o,fig. i, c). On ne peut guère distinguer les femelles que par la longueur des antennes, qui est moindre que dans les Cychres, puisqu'elles n'attei- gnent que le milieu des élytres. Les Sphérodères ont en outre un aspect un peu différent de celui des Cy- chres : leur corps est plus court, plus large ; leur cor- selet presque aussi large que long, arrondi sur les côtés; leurs élytres sont aplaties.
Le type de ce sous-genre est :
LE SPHÉRODÈRE DE LECONTE.
Spliœroderus Lecontei. Dej.^
Cet insecte a quelques rapports avec le Cyclire aminci pour la forme et les couleurs. Il est comme lui d'un bronzé assez brillant sur les élytres , dont le bord extérieur est violet. Sa tête et son corselet sont
I. Etyiu. crsjcc'ifct , sphère; J^spn , cou. — Syn. Cychrus, Weber, Fabri- cius, Schônherr, Say ; Carabus, Olivier et autres.
a. Spec, t. II, pag. i5; et Icon., pi. 2g, fig. 2. — Ajoutez-y les autres espèces du même ouvrage; celle figurée dans l'Iconographie de M. Guérin; xme autre décrite par M. de Laporte, dans le tome I des Annales de la Soc. Entomologique de France.
100 GOLEOPTERES-l'ENTAMERES.
d'un bronzé plus obscur, et leur bord est plus violet que celui des élytres, surtout en arrière du corse- let. La tête est lisse. Le corselet a sa ligne dorsale pro- fonde et ses impressions postérieures longues et bien marquées : on y remarque des points enfoncés , ainsi que sur la base , dans l'intervalle qui les sépare. Les élytres présentent des stries nombreuses et ponctuées; leurs intervalles sont étroits et relevés, les stries laté- rales sont très-faibles et à peine ponctuées. Le bord inférieur des élytres est bronzé ; sa surface offre des points profonds. Le ventre est noir ainsi que les pattes et les antennes; il présente, comme certains Scarites, quatre séries de points enfoncés.
La patrie de cette espèce est l'Amérique du nord. Elle a de cinq à six lignes de longueur et deux et de- mie environ de largeur.
2." LES SCAPHINOTES. ScapIduotUS. LAïR.^
Ce sous-genre a été indiqué par Latreille dans deux de ses ouvrages^, mais les caractères en ont été publiés parM. lecomteDeJean.On le distingue des Cychres et des Sphérodères par les lobes latéraux de son menton, qui sont obtus, et par une dent peu saillante, qui se remarque au milieu de l'échancrure de ce menton. Mais ce qui le fait surtout reconnaître, c'est la forme élargie et relevée des bords latéraux de son corselet , dont les angles postérieurs sont aigus , et la saillie de la carène latérale des élytres, vers la base en particu-
1. Eiyni. aviàifti, esquif et autre corps creusé; firo? , dos. — Syn. Cy- chrus, Fabriciiis, Schônhcrr, Say ; Carabus, Olivier el auires.
2. L'Iconographie, éd. inlerrorvipuc j les familles iialurcllcs.
CAIIAIUDES. 107
lier. Les tarses antérieurs sont un peu élargis dans les mâles.
LE SCAPHINOTE ÉLEVÉ. (PI. 5, flg. 2, Ct 2 Cl.)
Scaphinotus elevalus. Fab. ^
Son corps est noir et son corselet d'un violet assez obscur, mais ses élytres sont d'une couleur cuivreuse et rougeâtre, avec les bords violets. Sa tête est noire , violette au milieu et un peu ridée en travers. Son cor- selet est finement ponctué, ridé irrégulièrement; il a les bords d'une couleur plus claire que le milieu et marqués de points profonds. Ses élytres présentent des stries nombreuses et sont ponctuées comme dans le Splièrodère de Le conte ; leur bord inférieur est d'un cuivreux rosé, avec des points nombreux et pres- que réunis. Son ventre est ponctué sur les côtés , à la base seulement ; chacun de ses segmens présente une large dépression latérale.
On trouve cet insecte élégant dans l'Amérique du nord. Il a neuf lignes de longueur et cinq de largeur.
DEUXIEME FAMILLE. LES CARABIENS.
Cette famille renferme un bien plus grand nombre d'espèces que la précédente , mais leurs caractères .
I. Carabus elevatus , Enl. Syst,, t. I, pag. iSa; — Oliv. Eut., t. III, n." 35, pag. 46, pi. 7, fig. 82 j — Dej. Spec, t. II, pag. 17; etlcou., pi. 2<), fig- 3. — AjoiUcz, à celle espèce, le Cychriis unicolor de Fabiicius ol de
Say.
lo5 COLÉOPTÈRES-PENTAMÈRES.
leur aspect , leurs habitudes, sont tellement analogues, que le nombre des divisions que l'on y a établies est en proportion beaucoup moindre ; il est de quatre au lieu de trois. Les Carabes, qui constituent la plus im- portante de ces divisions , sont répandus sur une grande partie de notre globe ; mais c'est en Europe et dans les pays froids, sur les montagnes en particulier, que l'on en rencontre le plus. La Sibérie seule en fournit presque autant que toutes les autres contrées réunies. Les pays chauds et le midi de l'Europe n'en offrent qu'un petit nombre , et pendant long-temps on a pensé qu'il n'en existait pas dans l'Amérique méridionale. Depuis les voyages du Naturaliste Es- chscholtz , on a acquis la preuve du contraire ; il n'en a cependant rapporté qu'une seule espèce , à laquelle M. Gay, voyageur français, au service de la république du Chili , et M. Fontaine , chirurgien de notre marine, en ont joint une seconde. Ce n'est que dans le nord de l'Afrique et dans l'Asie-Mineure que l'on trouve des espèces de ce genre , pour chacune de ces deux parties du monde, et l'Australasie n'en a pas encore offert une seule jusqu'ici. Les Procères sont de grands Carabes des contrées méridionales et orientales de l'Europe; les Procrustes habitent les mêmes régions, mais quelques-uns d'entre eux sont répandus aussi dans le reste de cette grande partie du monde ; les Calosomes enfin , dont la plupart sont euro- péens, se rencontrent aussi dans presque toute l'Afri- que et dans toute l'Amérique. Les caractères distinc- tifs de chacun de ces quatre groupes sont expliqués dans le tableau suivant :
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Le nom sous lequel on désigne les insectes dont nous allons parler n'est, d'après l'opinion de Latreille, qu'une abbréviation de celui de Scarabée; mais comme Aristote et d'autres écrivains de l'ancienne Grèce l'ap- pliquaient à des animaux très-différens , qui font par- tie aujourd'hui de la classe des Crustacés, il est plus naturel de croire que Linné a détourné ce nom de son acception primitive , pour le donner à un des groupes qu'il établit alors.
Les Carabes des Entomologistes modernes sont loin de correspondre à ceux du grand Naturaliste suédois. Lorsque Linné apporta la réforme dans la nomencla- ture de l'Histoire naturelle, le groupe que l'on connaît aujourd'hui sous le nom de Carabiques, forma le seul genre des Carabes. Le premier groupe des Carnassiers, ou celui des Cicindelètes , composait le genre Cicindèle, dans lequel s-e trouvaient placées les espèces des genres Elaphre et Bembidion, que nous ferons bientôt con- naître. Nous avoRS vu dans le volume précédent, à l'ar- ticle des Féronies ^ , comment on sépara successive- ment, et à des époques différentes, plusieurs des genres aujourd'hui si nombreux, qui, pendant long-temps,
1. Etym. îtâçaên, nom du homard, dans Aristote. — Syn. Tachypus, Weber; — Plectes , Cechenus, Fischer j — Buprestis , Geotlioy.
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avaient été regardés comuie de vrais Carabes. M. We- ber , qui entama le premier cette réunion d'espèces si variées et si disparates sous plusieurs rapports, avait laissé la dénomination de Carabes au plus grand nom- bre de ces insectes, dont la taille est médiocre, et qui forment aujourd'hui les quatre races des Féronides , des Chlaenides , des Harpalides , des Elaphrides et une partie de celle des Scaritides. Il avait appliqué le nom de Tachypus aux grandes et belles espèces que Linné et de Géer avaient regardées comme les types du genre Carabe; mais on n'adopta pas cette innova- tion : on continua à les appeler comme Linné , et l'on divisa depuis celles que M. Weber avait laissées ensemble, ainsi qu'on .peut le voir en tête de chacune des races et des familles de cet ouvrage.
Geoffroy, l'historien des insectes des environs de Paris, bien que postérieur à Linné, n'adopta pas les genres Cicindèle et Carabe ; mais il les réunit en un seul qu'il appela Buprestis. Nous aurons l'occasion de parler plus loin de ce dernier. Selon cet auteur, les Buprestes des anciens correspondent à ces insectes ; nous aurons à rechercher ailleurs si cette opinion est exacte. Toutefois le genre Bupreste de Geoffroy cor- respond tout-à-fait au groupe des carnassiers terres- tres , et ce qu'il nomme Cicindèle , dans une autre partie de son ouvrage , se rapporte à un genre très différent dont nous parlerons également.
Tous les auteurs qui ont écrit depuis les travaux de M. Weber ont mentionné son genre Tachype , sous le nom de Carabe ; et, comme il renferme des espèces qui ont toutes, entr'elles, les plus grands rapports, il a été maintenu sans divisions nouvelles, si l'on en
1 12 COLEOPTERES-PENTAMERES.
excepte toutefois les deux sous-genres des Procrmtes et des Proches. Cependant M. Fischer, auteur de l'Entomographie de la Russie, a cru trouver, dans quel- ques Carabes, des caractères suffisans pour en former des groupes particuliers. Les uns, qu'il a nommés Plectes, ont, selon lui, les mandibules plus alongées que les vrais Carabes, et courbées en-dessous à l'ex- trémité ; la dent du menton bifide , et les pattes plus grêles : ces insectes ont le corps plus aplati que les autres. Un second genre, qu'il désigne sous le nom de Cec/ienus , a la lèvre supérieure plus échancrée , et ses deux lobes entièrement séparés l'un de l'autre. Ses mandibules sont obtuses, non arquées, et la dent du menton est très forte et repliée en-dehors. Mais ces caractères, dont plusieurs ne nous ont pas paru facilement appréciables, ne peuvent pas être considé- rés comme valables, lorsqu'on examine la série im- mense des Carabes, où de pareilles modifications des organes doivent nécessairement avoir peu de valeur. Les Plectes et les Cechènes peuvent tout au plus for- mer des sections qui permettent d'arriver plus faci- lement à la détermination des espèces. Bonelli, et sur- tout M. le comte Dejean, ont partagé les Carabes en un grand nombre de divisions, qui toutes passent de l'une à l'autre , et ne peuvent se caractériser nette- ment. La grande variété de leurs formes permet difîl- cilement de les limiter d'une manière convenable.
Quoi qu'il en soit, les Carabes, tels qu'on les en- tend aujourd'hui , peuvent se reconnaître à leurs man- dibules lisses ; au troisième article de leurs antennes cylindrique et étranglé à son origine, ainsi que le pré- cédent ; à leur lèvre supérieure très-fortement impres-
CAP. ABIDES. 1 1 5
sionnée au milieu , échancrée ou divisée en deux lo- bes, avec les angles latéraux saillans; et enfin, à la dent de leur menton , qui est plus longue que les lobes latéraux, très-forte et saillante, comme dans les Scarites , et quelquefois faiblement bifide. Leurs an- tennes atteignent ordinairement le tiers de leurs ély- tres. Les mâles ont les quatre premiers articles de leurs tarses antérieurs élargis , à angles émoussés , et garnis en dessous de poils très serrés; le quatrième article est moins large que les précédens. Le corps des Carabes est alongé : leur corselet varie pour la forme; leurs élytres sont alongées, oval aires et plus ou moins convexes.
Les espèces de ce genre sont très nombreuses; on en connaît plus de deux cents. La plus répandue dans toute la France est,
LE CARABE DORÉ. (PI. 5, lîg. 1.)
Carabus auratus. Lm.^
Il est d'un vert quelquefois brillant, quelquefois li- vide et bleuâtre. Ses antennes sont noires ; leurs quatre premiers articles, les trois premiers des palpes, et les pattes , sont d'un jaune roux : quelquefois les cuisses sont noirâtres, quelquefois aussi les pattes semblent en entier de cette couleur ; les tarses sont bruns dans tous. Le dessous du corps est noir. La tête et le corselet sont en dessous d'un vert doré plus ou moins obscur, comme en dessus. La surface de la tête et du cor-
I. F.iuna Suecica , n." 786. — Oliv. Ent., t. III, n.° 35, pag. 32, pi. 5, fig. 5i, — Dej. Spec, t. II, pag. 1 u j et Icon,, pi. 53, fig. I.
INSECTES. V. 8
Il4 COLÉOl TÈr.ES-PENTAMÈRES.
selet est légèrement ridée. Quatre côtes longitudinales parcourent chaque élytre : ces côtes sont lisses et plus obscures que les intervalles ou stries, qui présentent des granulations fines et serrées, plus visibles sur le bord extérieur des élytres, où l'on remarque une rangée de gros points.
Cette jolie espèce se rencontre pendant tout l'été dans une grande partie de l'Europe. Elle a de dix à douze lignes de longueur, et de quatre à cinq de lar- geur.
Une variété se fait remarquer par les côtes de ses élytres , qui sont en tout ou en partie noirâtres , et par la rugosité de sa tête et de son corselet.
Une deuxième variété ^ a le dessus du corps tout noir. Le dessous ne présente aucune différence avec le type de l'espèce. Elle est propre aux parties méri- dionales de la France.
Observation. L'espèce que l'on a nommée Lotlia- ringus ressemble beaucoup à la précédente. Elle a le corselet plus court, plus large en arrière et rehaussé
1. Var. a. Honnoralii , Dej. Spec, t. II, pag. i i3. — Toyez, pour les différentes espèces de ce genre, ce dernier ouvrage, et de plus : l'Ento- mographie de la Russie, par M. Fischer j — le Zool. Atlas d'EscIischoltz j — les Symbolce Physicœ de M. Ehremberg ; — les Horœ Entomologicœ de M. Charpentier ^ — le tome XII des noi>a Acta nalur. Curios. de Ber- lin j — le tome ÎI des Trans. de la Soc. Amer, de Philadelphie , et le Des- cript. of new Spec. of norlh. Amer. Ins. de M. Say; — le Magasin de M. Germar, t. IV 5 — les tomes I et II du Bulletin de la Soc. des Natur. de 'Moscou j — le Zool. Miscellany de M. Grayj — le Mém. de l'Acad. des Se. de Stockholm, ann. 1794 et 181 1 ; — ]esInsectortim Spec. nouœàc M. Germar; — les Mém. de la Soc. des Natur. de Moscou , t. V; — les Illustr. of British Entom. de M. Stephens; — le Beschreibung de M. Pail- liardi; — le tome II des Annales de la Soc. Entoni. de France j et enfin, les Etudes Entomologiqiies de M. de L.iporte.
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d'un éclat bronzé , ainsi que la tête et les élytres. Ces dernières sont un peu plus larges, et les intervalles des côtes sont un peu plus rugueux. Les cuisses sont toujours noires. Elle se trouve dans les parties orien- tales de la France, aux environs de Lyon.
Les trois sous-genres qui se groupent autour âes Carabes sont :
1.° LES PRocÈREs. — Proceriis. Dej.*
Ils ont été publiés pour la première fois avec leurs caractères dans le Species de M. le comte Dejean. Ce sont des Carabes de la plus grande taille, qui ont la dent de leur menton plus courte que les lobes latéraux. Leurs mandibules saillantes et arquées n'ont point de dents visibles extérieurement. Le dernier article de leurs palpes est triangulaire , plus large dans les mâles que dans les femelles. Leur lèv7'e supérieure est plus large que longue, échancrée d'une manière anguleuse, ce qui rend ses côtés saillans : son milieu est déprimé et ridé, ce qui la divise en deux lobes dont chacun présente deux gros points (/;/. 5, fig. 2, a). Les tarses sont semblables dans les deux sexes ; leurs articles sont triangulaires et velus en dessous. Les espèces de ce sous-genre sont en petit nombre.
1. LE PROCÈRE GÉANT.
Procerus gigas. Creutzer.-
Sa couleur est un noir peu brillant. La surface de son corps est très rugueuse, et plus particulièrement
I. TA-^m. procerus, giaiiJ. — Syn. Carabus, Fabricins, Olivier et autres. â. Carahus gigas, Ent. ^ ers., t. î, pag. 107, pi. 2, fig. i3. — C. sca-
1 l6 COLÉOPTÈRES-PENTAMÈRES.
sur les élylres qui semblent couvertes- de gros tu- bercules disposés sans ordre , mais qui ont une ten- dance à former des stries longitudinales. Le corselet est au contraire ridé transversalement, ainsi que la tête. Deux impressions longitudinales et profondes occupent toute la longueur de cette dernière partie. Le corselet est plus large que long, et sa plus grande largeur est au milieu : son bord antérieur est plus étroit que Iç bord opposé, vers lequel les côtés sont si- nueux.
On trouve ce grand insecte dans les montagnes de la Carniole. Il a près de deux pouces de longueur, et environ un pouce de largeur, au milieu des élytres.
p.. LE PROCÈRE d'aUDOUIN. (PI. 5, flg. 3.)
Procerus Aiidouini. Br.
Il ressemble au précédent pour la forme, mais il est beaucoup plus brillant que lui. Il est orné d'une belle couleur bleue sur le milieu du corps, et d'une nuance verte sur les côtés, en dessus du corselet et au bord des élytres. Son ventre est noir avec les côtés verts. Ses pattes, les parties de sa bouche et ses an- tennes sont noires. Le corselet a les bords latéraux relevés, et sa longueur l'emporte un peu sur sa lar- geur.
Ce bel insecte a été pris en Perse, dans les envi- rons de Trébisonde, par M. Fontanier, qui l'a donné au Muséum d'Histoire naturelle.
brosus, Fab. Syst. Eleuih., t. 1 , pag. i68. — Dej. Spec, t. II , pag, 23 5 et Xeon., pi 3o.
CARA15IDES. 1 1'
Observations. On connaît encore quatre espèces de ce beau sous-genre. Comme elles sont toutes fort voisines l'une de l'autre , il faut en faire ressortir les différences. i.° Le P. Duponclielii'^ est noir comme le gigas ; il en diffère par son corselet plus long que large. 2." Le P. Scabrosus'^ ressemble au P. Aiidouini, mais il est bleu en dessus, noir en dessous, sans au- cune nuance de vert. Son corps est plus étroit ; les bords de son corselet sont moins relevés , et ce der- nier est un peu plus long que large. 3.° Le P. Tau- ?'icus^ a la forme alongée du Scabrosus, et a, comme lui , les tubercules des élytrès rangées en séries pres- que régulières : son corselet est plus court, aussi long que large , à bords plus relevés , moins cependant que ceux du P. Âudouini, et plus étroit en arrière; 4-° Le P. caiicastcus^ est d'un bleu nuancé de vert. Sa taille est moindre que celle de tous les autres , et son cor- selet étroit , petit , un peu plus long que large , avec les bords latéraux relevés. Ses élytres moins alongées, plus ovalaires , plus renflées , le font aisément recon- naître. Par l'étroitesse des formes, il se rapproche du P. Diiponchclii , mais il est encore plus élégant que lui sous ce rapport.
Le P. Duponchelii est propre à la Grèce, et en par- ticulier au Péloponnèse ou Morée. Le P. scabrosus
1. Dcj. Spcc, t. V, pag. 5.28. — BruUé, Mag. de Zool. de M. Guérin , t. I, n.o 9, et Expéd. se. de Morée, n.» i/jg, pi- 33, fig. 4-
a. Carahus Scabrosus, Oliv. Eut., t. III, n.° 55, pag. 17, pi. 7, fig. 83. ■ — Proc. Olwieri, Dej. Spec, t. II, pag. 'i4; et Icou., pi. 3i.
3. Adams, Mém. Soc. des Nalar. de Moscou, t. V, pag. 2:4, pi. 10 , fig. 1-5 — Dej. Spcc, t. II, pag. 25; et Icon., pi. 32, fig. i.
4. Ibid., t. V, pag. 282 , pi. 10, fig. 3-6. — Dej . Spcc , l. II , pag. 25 ; et Icon,, pi. 32, fig. 1.
1 l8 COLÉOPTÈRES-PENTAMÈRES.
se trouve dans les environs de Constantinople. Le P. Tauricus habite la Tauride, ainsi que l'indique son nom ; et enfin le P. Caacasicus se rencontre dans les
montagne du Caucase.
2.° LES PROCRusTEs. — Procriistcs. Bon.*
Ce sous-genre, qui tient le milieu pour la grandeur entre les Procères et les Carabes, se distingue de l'un et de l'autre par sa lèvre supérieure divisée en trois lobes. Il a les mandibules peu arquées, semblables à celles des Carabes et sans dents apparentes. Le dernier article de ses palpes est triangièlaire , et un peu plus large dans les mâles que dans les femelles. Son menton est peu échancré, muni d'un lobe intermédiaire très grand, large, tronqué et presque bifide, aussi avancé que les lobes latéraux. Un caractère qui peut servir à distinguer les mâles, de ceux du genre Carabe, c'est que les trois premiers articles seulement sont garnis en dessous de poils serrés. Ce sous-genre, formé par Bonelli, dans ses Observations Entomologiques, se compose d'un petit nombre d'espèces, dont le type est,
LE PROCRUSTE CHAGRINÉ.
Procrustes coriaceus. Lin.-
11 est d'un noir peu brillant. Sa tête et son corselet sont finement ponctués et légèrement rugueux. Lasur-
I. Etym. Procrustes, Tiom à''un tyran, dans la fable. — Syn. Carabiis , Linné , Fabricius, Olivier et autres.
•1. Carabus coriaceus, Syst. nat., t. I, pag. 668. — Oliv. Ent., t. III, ii.« 35, pag. i8, pi. 1, fig. I. —Proc. coriaceus, Dej. Spec, t. Il, pag. 27 ; cl Icoti., pi. 33, (ig. I.
CARABIDES. II9
face de ses élylres est couverle de rides plus fortes, et sans aucune régularité. Les intervalles formés par ces rides , sont de gros points enfoncés. Le dessous du corps est d'un noir plus brillant que le dessus.
(^ette espèce est la seule de ce sous-genre qui se trouve en France; on la rencontre même aux environs de Paris. Elle a de quinze à dix-huit lignes de lon- gueur, et de six à huit de largeur.
Observation. Une espèce propre à l'Allemagne, et qui a reçu le nom de P. rugosus'^, ressemble beau- coup à la précédente. Sa forme est à peu près la môme, mais son corselet est faiblement ridé, et ses élytres sont régulièrement ponctuées.
5.° LES CALOSOMES. — Calosoiiia. Weber.-
Ce sous-genre, établi par Weber, dans ses Observa- tiones Entouwlogicœ, a reçu un nom qui exprime bien la beauté de ses formes et l'éclat de ses couleurs. 11 se distingue des autres groupes de cette famille par ses mandibules plus larges , et dont la surface est striée ou rugueuse, et par ses antennes qui ont leur troisième ar- ticle comprimé et anguleux en dehors (pi. 3, fig. 4> ^)- Ses palpes ont le dernier article presque aussi étroit que les autres. Son menton est profondément échancré, avec une dent très courte et assez aiguë. Sa lèvre supérieure
1. Dej. Spec, t. Iljpag. 29; et Icon., pi. 33, %. 3. — Voyez, pour les autres espèces, ces deniieis ouvrages, et de plus: les Syni])olœ pliy- sicœ de M. Ehremberg ; — les Horœ F.ntoinologicœ de M. Cliaipciitier ; — les Etudes Entomologiques de M. de Laporte.
2. Etym. xaAof, beauj aa/j-a., corps. — Syti. C«/rt5t<*, Linné Fabricius Olivier et autres. Callislhenes, Fisclu r.
120 COLLOPTERES-PENTAMERES.
est courte, à échancrure anguleuse et profonde : elle est ridée comme dans les Scarites , et ses côtés, comme dans ces derniers , sont revêtus de cils arqués et dispo- sés en cercle. De même que dans les Procrustes, les mâles peuvent se dis-tinguer de ceux du genre Carabe, parce qu'ils n'ont que les trois premiers articles revê- tus de poils en dessous. Le corps des Calosomes est plus large que celui des autres Carabides. Ils ont le coi'selet court, plus large que long , en cœur tronqué, et les élytres en carré long, avec l'extrémité presque pointue dans les femelles , et obtuse dans les mâles. Quelques espèces ont les jambes arquées. Celles que l'on trouve en France sont au nombre de quatre.
1. LE CALOSOME SYCOPHANTE. (PI. 5, fig. 4-)
Calosoma Sycoplianta. Lin.^
C'est le plus bel insecte des environs de Paris. Son corps est d'un bleu noirâtre, et ses élytres brillent d'un beau vert doré sur les bords, et d'un cuivreux éclatant au milieu dans toute leur longueur. Les côtés de son corselet sont bleus. Sa tête, ses antennes et ses pattes sont noires. La surface de sa tête et de son corse- let est finement ponctuée et chagrinée. Ses élytres ont des stries nombreuses, ponctuées, et dont les inter- valles sont peu élevés; trois séries de points plus gros et plus profonds que ceux des stries, se remarquent
I. Caralus Sycophanta , mus, Ludov. Reg., n.» çp. — Oliv. Entom., t. III, n.o 35, pag. 42, pi. 3, fig. 3i.— Cal. sycophanta, T)c\ Spec.,t. II, pag. 11)3 ; et Icon., pi. 70, fig. 2.
CARABIDES. 121
sur les quatrième, huitième et douzième intervalles, à partir de la suture.
On le trouve sur les arbrisseaux, et en particulier sur les bouleaux, pendant le mois de juin. Sa longueur varie de neuf à quinze lignes , et sa largeur de cinq à sept environ.
2. LE CALOSOME INQUISITETJK.
Calosomn im/insitor. Lin. '^
11 est moindre que le précédent et d'un bronzé obscur, plus vert sur les côtés et en dessous. Les par- ties de sa bouche, ses pattes et ses antennes sont noires. Ses élytres ont des stries nombreuses, finement ponc- tuées, et dont les intervalles sont plats et fortement ridés en travers ; une rangée de points se remarque sur les quatrième, huitième et douzième intervalles.
Cet insecte est beaucoup plus rare que le précé- dent , surtout aux environs de Paris. Il a de sept à neuf lignes de longueur, et de trois et demie à quatre
de largeur.
Ù. LE CALOSOME A POINTS DORES.
Cabsoma auro-punctatum. Payk-.
Sa forme est plus alongée que celle des deux pré- cédeiis; sa couleur est un noir plus brillant en dessous
1. Carabits inquisitor, Faun.Snec, n." 789. — Oliv. Ent., t. III, ti." 35, pag. 4o, pi. I, fig. 3. - Cal. inquisitor, Dcj. Spec, t. II, pag ig4 ; et Icon., pi. 70, fig. 3.
2. Carabus auro-punclatus , Monogr. Carab., pag. 68.— Calosoma in- dagator, Gyll. Ins. Siiec, t. II , pag. 52. — Dcj. Spec, t. II , pag. 2o5 ; cl Icoi)., pi. 71, fig. 1.
1 2'A COLEOPTKRES-PENTAMERES.
qu'en dessus. Son corselet est moins court et moins étroit en arrière. La surface de la tête et du corselet est finement ponctuée. Ses élytres présentent des stries très légères , dont les intervalles sont ridés en travers : ces rides sont arquées et un peu mieux mar- quées que les stries. Une série de gros points d'un vert doré orne les quatrième, huitième et douzième inter- valles. Le mâle et la femelle ont quelquefois les quatre premières jambes arquées.
On trouve cet insecte dans le midi de la France. Il a de douze à quinze lignes de longueur, et de quatre à six de largeur.
4. LE CALOSOME CHASSEUR.
Calosoma indagator. Fab."^
Sa taille est moindre que celle du précédent , dont il a la forme. Sa couleur est un peu bronzée dessus , mais très obscure, et les bords de ses élytres sont verts. Sa tête et son corselet ont leur surface finement ponc- tuée, mais plus cependant que dans le précédent. Les stries des élytres sont bien marquées et finement
1. Carahus indagator, Ent. Syst., t. I, pag. 149. — Oliv. Ent., t. III , 11.0 35, pag. 43, pi. 8, fig. 88. — Cal. auro-puKctatum, Dej. Spec, t. II, pag 2o3j et Icon., pi. ^o, fig. 4 — Voyez , pour les autres espèces, ces derniers ouvrages, et de plus: le Zoologis cher Atlas d'EschschoItz j — les Symbolœ Physicce de M. Ehreusbergj — le Zoological miscellany de M. (irayj — le DelecLus Anlni. articul. de M. Perty ; — les Transactions de la Soc. Linnéenne de Lond«res , t. XII 5 — le tome II des Transactions de la Soc. Amer, de Philadelphie, et le Descript. of 1 e\s< Spec. of norlh. Amer. Insects, par M. Sayj — l'Entomographie de la Russie, par M. Fis- cher;— le British. Entom. de M. Curtis; — les lUustr. of Briiish Enlom. par M. Slephensj et, enfin, le l. VI du Bulletin de la Soc. des NaLur. de Moscou.
ELAPIIRIDES. 125
poncluoes : les intervalles qui séparent ces stries pré- sentent des rides arquées très nombreuses, et les qua- trième, huitième et douzième intervalles sont ornés d'une série de gros points d'un vert doré. Les jambes de derrière sont arquées dans l'un et l'autre sexe.
Il se trouve dans le midi de la France. Sa longueur est de onze à douze lignes, et sa largeur de quatre et demie à cinq.
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SEPTIEME RACE DES C ARABIQUES.
LES ÉLAPHRIDES.
Nous verrons dans les insectes qui composent cette race de carnassiers , des espèces généralement aquati- ques, qui se rencontrent presque toutes sur le bord des eaux. Cette manière de vivre, et l'ensemble de leur physionomie , leur donnent de grands rapports avec la dernière race des Carnassiers terrestres, ou celle des Tréchides. Les Elaphrides se rapprochent des Carabides , et se lient même très bien avec eux ; aussi plusieurs auteurs les ont-ils réunis à ces derniers. Comme eux, en eflet, ils ont les jambes de devant sans échancrure apparente au côté interne, si ce n'est dans les derniers sous-genres, où elle se montre au bas de la jambe. Les mandibules sont de même sail- lantes et dépourvues de dents. Le dessous des articles de leurs tarses , quand ils sont élargis dans les mâles , est garni d'une brosse de poils très serrés , comme
12.f COLÉOPTÈRES-PENTAMÈRES.
dans les Carabides, les Chlaenides et une partie même des Harpalides. Mais deux caractères sont tout-à-fait propres aux Elaphrides, et les distinguent des autres races : le premier consiste dans l'élargissement de la base des mandibules, en dehors, ainsi que de la base des mâchoires; cet élargissement diminue de plus en plus , à mesure que l'on arrive aux derniers sous-gen- res : le second caractère est tiré de la présence de plu- sieurs poils qui naissent de la partie élargie des mâ- choires ; et qui sont pendans ; ces poils sont même convertis en véritables épines dans les Léistes, et leur nombre diminue également du premier sous-genre au dernier.
On connaît le premier état de l'un des sous-genres de cette famille, celui des Omophrons. Il a été observé par M. Desmarest, professeur de zoologie à l'Ecole vétérinaire d'Alfort, dont nous avons déjà cité les re- cherches, sur la larve des Cicindèles. Celle des Omo- phrons diffère également de cette dernière et des larves que nous avons fait connaître précédemment. Elle est longue de cinq lignes environ, plus épaisse vers la tête , à partir de laquelle elle va en diminuant Jusqu'à l'extrémité , ce qui lui donne une forme conique. Ses mandibules sont très grosses, très longues, dentées au côté interne. Ses antennes ont cinq articles, et ses pattes sont terminées par deux petits crochets. Le der- nier segment de son corps est terminé par un tube ou appendice relevé, composé de quatre articles. La couleur de cette larve est ferrugineuse , avec la moitié du premier segment et tous les suivans, d'un gris obs- cur. Nous en donnons la figure sous le n.° 5, a de notre planche 5.
J-LArUllIDES. 123
« Cette larve, dit M. Desmarest, que j'ai eu occasion d'observer plusieurs fois , se trouve sur le bord de la Seine , dans un espace très circonscrit. Elle se tient dans les parties sablonneuses et humides de la rive , où croissent principalement lePotentilla anserina et le Polygoniim persicaria. C'est aussi en arrachant ces plantes, et secouant leurs racines, que j'ai trouvé sou- vent l'insecte parfait, dans le courant de l'été. La larve est bien plus rare , mais se trouve dans la même sai- son ; ce qui est sans doute déterminé par son genre de nourriture , qui consiste en petits insectes vivans qu'elle ne pourrait se procurer en d'autres temps. Il est probable qu'elle passe l'hiver sous la forme de nymphe. Elle est très agile, et lorsqu'on la touche, elle relève l'extrémité postérieure de son corps, à la manière des Staphylins. »
L'Omophron bordé, dont nous verrons plus loin la description, est celui auquel appartient la larve que nous venons de faire connaître. On le rencontre tou- jours à l'état parfait dans le sable du bord des rivières, et nous connaissons trois endroits principaux dans les- quels on le trouve. Le premier sur les bords de la Seine, auprès de Meudon, où M. Desmarest se l'est procuré; le second sur les bords d'une île de la Seine, auprès de Sèvres, en face des hauteurs de Meudon; et le troisième à Saint-Maur, près de Vincennes, où nous l'avons pris en grand nombre.
Les autres sous-genres de cette famille n'aiment pas autant le bord des eaux que celui-ci. Les Elaphride-s se rencontrent dans les terres qui ont été inondées par les pluies de l'hiver, mais qui ne le sont plus; c'est en creusant un peu que l'on parvient à se les procurer. Les
126 COLÉonÈKES-PENTAMÈRES.
Notiophiles se prennent sous les feuilles humides, dans les bois, et quelquefois au vol dans les premiers beaux jours du printemps. Enfin, les JNébries et les Léistes se rencontrent dans les bois, sous les écorces des ar- bres humides et décomposés, sous les feuilles tombées, et sous les détritus de toute espèce. Une Nébrie pro- pre au midi de la France , que nous décrirons sous le nom de complanata^ se tient en grand nombre sur les bords de la mer, tant de la Méditerranée que de rOcéan, et se réunit même par milliers sous les plan- ches des navires naufragés que les vagues poussent vers la terre. M. Bory de Saint-Yincent , à qui nous devons cette observation, les a vus ainsi fort souvent dans le département des Landes.
Avant de terminer ce qui a rapport aux habitudes des Elaphrides, nous ferons remarquer que ces insectes sont plus agiles que tous les autres Carabiques. Rien n'égale leur vivacité et la rapidité de leur course sur le sable humide des rivières et des étangs. Cette pro- priété appartient aussi à la race des Tréchides, qui se fait remarquer par la petite taille des insectes qui la composent.
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FAMILLE DES ÉLAPHRIENS.
Cette famille étant la seule de toute la race des Elaphrides, il serait inutile d'en énumérer les carac-
ELAPII RIDES. 127
tères qui sont nécessairement ceux de la race elle- même. Nous présenterons seulement quelques détails sur la distribution géographique des genres et des sous- genres dont elle se compose, et nous les ferons suivre du tableau de leurs caractères.
Les Léistes et les Elaphres sont les deux genres de cette famille auprès desquels se groupent les divisions secondaires. L'un et l'autre est propre à l'Europe, mais les INotiophiles se retrouvent dans l'Amérique du Nord, en Californie et aux Etats-Unis. Les espèces de cette dernière contrée sont même tellement voisines des nôtres, qu'on ne sait pas réellement si on peut les regarder comme distinctes. Les Nébries se répan- dent sur une plus grande étendue de pays; néanmoins le midi de l'Europe est la partie où l'on en rencontre le plus : quelques-unes se trouvent en Amérique , à TénérifTe et dans le nord de l'Afrique. Les Notiobies semblent propres aux parties chaudes de l'Amérique ; les Cyclosomes au continent des Indes orientales ; les Métries appartiennent ù la Californie, et lesPtérolomes semblent vivre dans les parties les plus septentrionales de l'Europe. Les caractères de ces différens groupes sont exprimés dans le tableau suivant : ^ •
ELAPHRIDES. 1 2q
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GENRE LEISTE. LEISTLS. FroLICH '^.
LesLéistes ont été séparés des Carabes, parFrôlich, dans un journal allemand d'histoire naturelle , ayant pour titre : der N aturforsclier (le Naturaliste ). Ce qui i'a porté à les retirer du grand genre où ils avaient été placés jusqu'à lui , c'est l'organisation singulière de leurs mâchoires j qui sont munies à leur base , en de- hors, de plusieurs poils raides, au nombre de quatre, et insérés sur un pédicule presque aussi long qu'eux- mêmes, et qui semble inarticulé : la partie des mâ- choires qui supporte ces poils est large et aplatie d'une manière beaucoup plus remarquable que dans le reste de cette famille (/>/. 5, fig. 6, a. ). Latreille , frappé de son côté à l'aspect de cette conforma- tion, avait désigné ce genre sous le nom de Pogo- nopliore , qui veut dire porte - barbe ^ avant d'avoir connaissance du travail de Frôlich ; et Jurine , devenu si célèbre plus tard par ses travaux sur les Hyméno- ptères, publia également des observations sur le genre Léiste, dans la Faune Allemande de Panzer : comme il ne connaissait pas le genre des Manticores, il crut que les Léistes devaient en faire partie. Olivier avait aussi apprécié les différences que présentent ces insectes
1. Etym. xïîoî , lisse, poli. — Syn. Ponogophorus, l^atveiWe ; Carahus , Fabricius, Olivier, etc.; Manlicora, Jurine, Panzer.
IKSECTES, V. Q
1 ÙO C O LEO FT£UKS-1'E M TA ME UES.
avec les autres Carabes, qui étaient fort mal définis de son temps, mais il ne les en avait pas séparés.
Indépendamment des épines de leurs mâchoires, les Léistes se reconnaissent encore à l'élargissement de la base de leurs mandibules en dehors; leur lèvre supérieure est courte, sinueuse et avancée au milieu ; le lobe intermédiaire ou la dent de leur menton est large, tronquée ou échancrée, mais non bifide, les côtés ne faisant point de saillie. Outre les épines qui hérissent la base des mâchoires , on en remarque d'autres placées en demi-cercle au dessous de la tête, d'une mâchoire à l'autre, de sorte que la bouche en est entourée de tous côtés, excepté en avant. Le dernier article de leurs palpes est plus large au bout qu'à la base. Les antennes sont au moins aussi longues que la moitié du corps. Les tarses, enfin, ont leurs trois premiers arti- cles élargis dans les mâles, aux deux pattes antérieures : le premier est long, les autres sont quadrilatères, mais non anguleux. Le corps des Léistes est en carré long , et quelquefois en ovale plus large en arrière qu'en avant; leur corselet est en cœur, et un peu moins long que large.
Les espèces de ce genre qui se trouvent en France sont au nombre de cinq :
1. LE LÉISTE A POILS EPINEUX. (PI. 5, fig. 6.)
Leistus spiniharbis. Fab.^
Il est d'un beau bleu foncé et un peu violet; ses antennes, les parties de sa bouche et ses tarses sont
1. Carabus spiniharbis, Ent. Syst., I. I, pag. iS;. — Dej. Spec, t. II, pag. "Xi^; et Icon., pi. 72, fig. i.
KLAPIIUIDES. loi
(l'un roux brun : le premier article des antennes est d'un bleu obscur; les pattes sont quelquefois entiè- rement de la couleur des tarses. Son corselet est bordé tout autour d'une ligne de points enfoncés : il a les angles postérieurs aigus. Les stries de ses élytres sont bien marquées, fortement ponctuées, et les intervalles qui les séparent sont un peu élevés. Le dessous de son corps et la base de son ventre sont marqués de points profonds ; le reste de ce dernier est lisse.
On trouve cet insecte dans toute la France , en Si- cile, en Italie et en Morée. Il a de quatre à cinq lignes de longueur, et de deux à deux et demie de largeur.
2. LE LÉISTE A POILS FAUVES.
Leistus fuhibarbis. De.t.^
Il est noir et orné d'un très léger reflet bleu. Ses antennes, sa bouche et ses pattes sont d'un roux brun. Son corselet est entouré de points enfoncés et sa par- tie postérieure étranglée brusquement. Ses élytres sont marquées de stries ponctuées dont les intervalles sont un peu élevés.
Cette espèce se trouve dans une grande partie de la France, mais elle est rare autour de Paris. On la trouve aussi en Angleterre, en Autriche, en Espagne et en Portugal. Sa longueur est de trois lignes et de- mie , et sa largeur d'une et un quart.
1. Spec, t. TI, pag. iiS] et Icon., pi. 72, fig. 2.
102 ( ; O L E 0 P T J-; Il E S - P E N T A M E R E S .
5. LE LÉISTE ROUSSATRE.
Leistus rufescens. Fab. ^
Sa forme est plus étroite et plus alongée que celle des précédens. Sa couleur est un roux obscur, plus pâle sous le ventre , ainsi que les pattes, la bouche et les antennes. Le bord postérieur de son corselet est ponctué, et l'impression qui avoisine son bord anté- rieur est ridée longitudinalement. Ses élytres sont en ovale alongé , plus larges vers l'extrémité, et marquées de stries ponctuées , qui s'affaiblissent vers le bout. Le dessous de son corps et la base de son ventre sont ponctués.
Il se rencontre dans le nord de la France et de l'Eu- rope. Sa longueur est de trois lignes et demie , et sa largeur d'une seule.
Observation. M. le comte Dejean regarde le Carabus spinilabKÎs de Panzer, comme appartenant à une autre espèce que le Carabus rufescens de Fabricius. Le pre- mier aurait le corselet plus étranglé en arrière ; le se- cond se distinguerait par la couleur obscure du der- rière de la tête, du bout des élytres et du ventre. Le
I . Carabus rufescens , Ent. Syst., t. I , pag. 162. — Oliv. Ent., t. III, n.° 35, pag. loi, pi. 12, fig- 14^. — Car- terminatus , Panz. Faun. Geini. fa^c. 7,n.o i\. — Dej. Spec, t. II, pag. 218 j et Icon., pi. 78, fig. 2. — Car. prasustus, Fab. Ent. Syst., t. I, psig. 162. — Yoycz, pour les autres espèces, le Species de M. le comte Dejean ; le Zoologischer Atlas d'Eschs- choltz; le Naturforscher, t. XXVIII, ann. 1799^ ^^* IllusUations of Bii- tisli Entoni. de M. Stephens- les Mém. del'Acad. des Se. de Stockholm, 1818, pag. 249; les Act. Je la Soc. Royale des Se. d'Upsal, 1. V, 1792; rEntomological Magazine, t. I, pag. 186.
ÉLAPHRIDES. 1 J J
Carabas prœustas de Fabricius, qui faisait partie de la collection de Bosc , réunie aujourd'hui à celle du Muséum, semble différer du Carabus rafescens du même auteur, par le ventre qui est noir en entier : il a aussi le bout des élytres noirâtre. Néanmoins la com- paraison de cette espèce avec le Leistus terminatus de M. le comte Dejean , ne nous a offert aucune diffé- rence dans les formes. Il paraît bien certain, au moins, que les Carabus rufescens et prœustus de Fabricius ne sont qu'une seule et même espèce. Son Carabus spi- nilabrisj qui est le même que celui de Panzer, pour- rait seul en former une autre, d'après l'opinion de M. le comte Dejean.
Les sous-genres qui se groupent autour des Léistes sont au nombre de six :
1.° LES NÉBRiES. — Nebrïa. Latr.'^
Le dernier article de leurs palpes est élargi au bout, comme dans les Léistes ; mais la base de leurs mâ- choires, au lieu de quelques épines , est garnie d'un grand nombre de poils. Leur lèvre supérieure est courte , plane et lisse , avec le bord peu échancré ou sinueux, et garni de longs cils. Leur menton a son lobe interne peu saillant et bifide. Les trois premiers arti- cles des tarses antérieurs sont élargis dans les mâles et velus en dessous. Leur corps est plat; leur corselet en cœur , tantôt plus court , tantôt plus long que large ; leurs élytres sont en carré long , ou en ovale assez
I. Etym. fîêpiaç, nom de poisson dans les anciens auteurs. — Syn. Ca- rabus, Linné, Fabiicius, Olivier et autres j Alpœus, Bonellij Helobia des auteurs anglais.
1 34 COLÉOPïÈRES-PEiNTAMÈRES.
étroit et élargi en arrière , comme dans quelques Léistes.
Bonelli avait séparé , sous le nom à'Alpœiis, les es- pèces qui sont aptères, et dont les élytres sont plus longues et plus étroites à la base que dans les autres, ce qui est dû à l'absence de l'angle antérieur ; mais cette distinction aurait pu également être faite parmi les Léistes : dans les uns comme dans les autres, elle a l'inconvénient d'être peu certaine.
Les auteurs anglais, tels que MM. Leacli, Curtis et Stephens, ont établi une autre division aux dépens des Nébries , sous le nom d'Helobia. Nous n'avons pas trouvé les caractères de cette division assez bien limi- tés dans toutes les espèces. Les Hélobies semblent différer principalement des Nébries par leur lèvre su- périeure plus étroite, et par la longueur égale des articles des palpes maxillaires internes, dont le der- nier est plus long dans les vraies Nébries. Les Hélo- bies se rapprochent des Nébries par l'ensemble de leurs formes, et les Alpées ressemblent, sous ce rapport, à la dernière espèce des Léistes. Nous allons décrire un type de chacune des trois divisions.
u. LES NÉBRIES vraies. 1. LA NÉBRIE APLATIE. (PI. 3,flg. 5.)
Nebria complanata. Linn.^
Cette belle espèce est remarquable par sa couleur jaune, qui devient plus foncée à mesure que l'insecte se
I. Carabus complanalus, Syst. nat., t. I , pag. 671. — Car. arenarius , Fab. Ent. Syst., t. I, pag. i33. — Nebria arenaria, Dej. Spec, t II, pug. 223 J et Icon., pi. ^4) fig- '•
ÉLAFII RIDES. 1 J J
dessèche après sa mort : elle est très pâle dans les indivi- dus vivans. Ses élytres sont ornées en travers de deux bandes noires irrégulières , qui ne s'étendent pas jus- qu'au bord latéral, et qui sont quelquefois très larges, et quelquefois remplacées par de simples lignes. Son corselet est court ; ses deux impressions transversales sont très marquées , et celle de derrière est finement ponctuée ; ses côtés sont légèrement ridés. Les stries de ses élytres sont peu profondes , et présentent des points fort petits; les intervalles des stries sont peu élevés; le premier et le septième, à partir de la su- ture , sont plus étroits que les autres.
On trouve cet insecte au bord de la mer, dans tout le midi de la France , sur les côtes de la Méditerranée et de l'Océan. Il a de six à huit lignes de longueur , et de trois à trois et demie de largeur.
Observation. D'autres espèces de la même division et du midi de la France , présentent des caractères qui les font aisément reconnaître. Le N. psammodes de Rossi a la tête, le corselet, les pattes et le bord extérieur des élytres , jaunes; le reste de son corps est noir, et les stries de ses élytres sont finement ponc- tuées. Le N. piclcornis de Fabricius est noir , avec les palpes, les antennes, les pattes, et même la tête, d'un jaune roux, mais cette dernière est plus obscure ; les stries de ses élytres sont aussi très finement ponctuées. Le N. livtdii de Linné, ou sabulosa de Fabricius , res- semble beaucoup au Psammodes ^ dont il diffère en ce que ses élytres sont ornées d'une bordure jaune très large , au lieu que dans celui-ci la bordure est étroite : de plus, les bords antérieur et postérieur du corselet sont noirs en grande partie.
l.>6 COLÉOPTÉRES-PENTAMÈRES.
/3. LES HBXiOBIES. 2. LA NÉBRIE A COL COURT.
Nebria brevicollis. Fab.^
Sa couleur est un noir brillant ; ses palpes , ses antennes, ses jambes et ses tarses sont d'un roux brun. Son corselet est moins lon^ que large , et entouré de gros points enfoncés , qui sont répandus sur les côtés et dans les deux impressions transversales. Ses élytres ont des stries bien marquées et fortement ponctuées : les intervalles des stries sont un peu relevés ; le plus voisin du bord présente une série de points moins gros que ceux des stries et beaucoup plus écartés.
Cet insecte est très répandu dans toute l'Europe, et en particulier autour de Paris. Il a de cinq à six li- gnes de longueur , et de deux à deux et demie de lar- geur.
y. LES ALFÉES. 5. LA NÉBRIE DE COULEUR MARRON.
Nebria castanea. Bon. -
Tout son corps est d'un brun marron. Son corselet est à peu près aussi long que large , avec les bords
i. Carabus hrevicollis , Ent. Syst., t. I , pag. i5o. — Dej. Spec, t. II , pag. 233 j et Icon. pi. 76, fig. 1 .
2. Obs. Eiitom., 1." partie, pag. 55. — Dcj. Spec, t. II, pag. -iSo; et Icon., pi. 81, fig. 2. — Voyez, pour les autres espèces , le Species de M. le comte Dejean j les Observ. Eat. de Bonellij les Inseclorum Spec. nov. de M. Germar j les lUustr. of British Entom. de M. Stephens; le Brilish Ento- mology de M. Curtis ; le Zoologischer Atlas d'Eschscholtz; les Symbolœ Phy- sicse de M. Ehreniberg j le Catalogue des Insectes recueillis au Caucase, par M. Ménétriésj rEntomological Magazine, 1. 1, pag. 284-
KLM' Il RIDES. lOj
latéraux relevés, et plus large ei) avant et en arrière qu'au milieu : les deux impressions postérieures du corselet sont bien marquées , et quelques points en- foncés se remarqnent dans le sillon transversal qui va de l'une à l'autre. Les stries des élytres sont peu pro- fondes, finement ponctuées, et presque effacées vers le bout: les intervalles des stries sont plats, quelque- fois un peu relevés , et tout-à-fait lisses.
On trouve cette espèce dans les Alpes et les Pyré- nées. Elle a environ quatre lignes de longueur, et une et demie de largeur.
2." LES NOTIOBIES. Nottobta. PeRTY ^.
Ce sous-genre ne nous est connu que par la des- cription et la figure que nous en a données M. Perty. Il a l'aspect des Nébries, dont il diffère par la forme cylindrique ou ovalaire du dernier article de ses palpes. L'échancrure de son menton paraît dépourvue de dent. Sa lèvre supérieure est transversale et rétrécie en avant. Ses tarses antérieurs sont peu élargis. La seule espèce connue est ,
LA NOTIOBIE NÉBRIOÏDE.
Notiobia nehrioides. Perty 2.
Sa couleur est violette en dessus, et d'un noir bronzé en dessous, avec le bout du dernier segment de l'abdo- men brun. Les parties de la bouche et le premier a-rticle
j. Etym. foraç, Immidej (f/AÉw, j'aime.
2. Delcctus anini. articul., pag. i3, pi. 3, fig. 8.
K)b COLEOPTEKES-PEMTAMERES.
des antennes sont de cette dernière couleur. Son cor- selet est plus large que long et un peu aminci en ar- rière. Ses élytres sont marqués de stries qui semblent dépourvues de points enfoncés.
On trouve cette espèce au Brésil. Sa longueur est de six lignes, et sa largeur de deux.
3." LES OMOPHRONS. — Omopliroii. Lat.^
Ce sous-genre avait été désigné par Fabricius sous le nom de Scolytiis. Mais Geoffroy ayant appliqué , long-temps auparavant, cette dénomination à des in- sectes tort différens, et dont nous parlerons plus loin, il a fallu lui en substituer une autre. Les Omophrons, ainsi que le sous-genre précédent, se distinguent des Nébries par la forme ovalaire, et non élargie au bout, du dernier article de leurs palpes. Leur menton pré- sente une dent simple et peu saillante. Leur lèvre su- périeure en carré moins long que large , est entière et à peine échancrée. Leurs tarses de devant, dans les mâles, ont les deux premiers articles larges et garnis de poils en dessous. Leur corps est presque hémisphé- rique; le bord de leur tête est échancré en demi- cercle derrière le chaperon. Leur corselet est court, avec les angles antérieurs avancés et le bord postérieur sinueux. La